‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 141 sur 154 · Test un hémisticho du Départ · texte numérisé non relu

Test un hémisticho du Départ

2. Manuscrit 1245 i, f' 42 et 43. Ces deux feuillets sont barrés dans le manuscrit.

une copie qui, comme les autres lettres de Chateaubriand qui se trouvent parmi ces fragments, était évidemment destinée à une rédaction primitive des Mémoires d'Outre-Tombe. Elle se rattache aux événements que Chateaubriand a racontés au livre XIII de la troisième partie de ses Mémoires. « Un exil éternel sur les ruines de Rome avait été ma chimère..., a-t-il écrit. J'achevai pendant plusieurs jours de me déchirer les entrailles dans mon Utique : j'écrivis des lettres pour démolir l'édifice que j'avais élevé avec tant d'amour*. » Cette lettre au duc de Laval en est une. Adrien de Montmorency, duc de Laval, avait quitté Rome avec de grands regrets, pour l'ambassade de Vienne. Chateaubriand avait su ces regrets, et avec une parfaite délicatesse, il avait fait prier le Duc de « trancher lui-même la question ». c< Jamais, écrivait-il au comte de La Ferronnais, ministre des Affaires étrangères, jamais je n'occuperai sa place que de son aveu. »

A M. le duc de Laval.

Paris, ce 31 août 1829.

Les journaux, Monsieur le Duc, vous auront appris que j'ai donné ma démission de l'ambassade de Rome. J'ai tenu la parole que je vous avais donnée : j'ai demandé à M. le prince de Polignac que l'ambassade de Rome vous fût rendue. Je comptais aussi le demander au roi, mais je n'ai pu avoir l'honneur de voir le Roi.

Maintenant, Monsieur le Duc, si vous retournez à Rome, notre affaire s'arrangera facilement. Je vous proposerai

1. Mémoires d'Oulre-Tombe, édition Biré, t. V, p. 246. Voir aussi t. IV, p. 360-361.

(Ifî rentrer dans votre palais, tel que vous me Tavez laissé. J'étais convenu de vous payer une somme de cinquante mille francs en différents termes dont un seul, je crois, est acquitté, h} cesserai, si vous le voulez, de payer les autres : nous compterons en diminution de la somme primitive le terme que j'ai payé et qui ira pour Vuser des meubles, etc., pendant les huit mois que j'ai habité votre palais, et tout sera ainsi fini sans bourse délier de part ni d'autre. Je remporterai et ferai revenir tout ce que j'ai emporté en linge, argenterie, etc.; restera le vin et les chevaux. S'ils ne sont pas vendus à votre arrivée, vous choisirez ce qui vous conviendra le mieux. Il y a surtout trois admirables chevaux anglais qui ne sont pas même encore arrivés à Rome et qui m'ont coûté 15 000 francs; ils vous plairont peut-^tre, ils seront à vous au prix que vous jugerez à propos d'en donner.

Allez à Home, Monsieur le Duc, où vous jouissez de l'estime et de la considération universelles. Vous trouverez que votre palais n'a pas été habité par un ennemi.

Le texte de celte lettre est suivi, dans le manuscrit, dos li|::nes (jue voici, et qui n'ont pas été recueillies dans rédition commune des Mémoires d'Outre^

Tombe :

M. le Dur de Laval choisit Londres, et M. de La Ferronnais me remplaça à Rome. J'eus le bonheur de le servir dans cette circonstance. Ces doux personnes considérables n'avaient pas les mêmes raisons (jue moi pour avoir les mêmes scruimles.

Voici maintenant, extraites du même manuscrit, deux lettres de Chateaubriand, qui ne sont pas complotenient datées, et dont la destinataire n'est pas indiquée. Mais il suffît de se reporter aux Mémoires pour deviner qu'elles étaient adressées à Mme Réca-

mier, et qu'elles sont de I83I. On voit que Fauteur des Souvenirs et correspondances tirés des pajners de Mme Récamier n'était pas tout à fait exact quand il écrivait : « Les lettres que M. de Chateaubriand, pendant son séjour en Suisse, écrivait à Mme Récamier, ont été imprimées dans le 10° volume des Mémoires d'Outre-Tombe. » Deux au moins ont été omises. Voici la première * :

A la même.

Genève, 30 mai [1831].

Je n'ai vu personne ici, excepté M. Sismondi et sa femme qui ont été vraiment excellents : j'en suis d'autant plus touché que je ne m'y attendais pas. 11 n'y a presque point de voyageurs cette année, si ce n'est quelques Anglais, la peste des grands chemins et la providence des auberges. Je lis les journaux qui ne m'apprennent rien. Je ne veux aller nulle part. J'attends Hyacinthe ^, et alors je mettrai le nez dans les Mémoires, si toutefois j'ai le courage de quelque chose. Je vous ferai des vers : mais hélas! j'attends la Muse : quand reviendra-t-elle? Je ne peux pas écrire plus longtemps aujourd'hui, je tournerais au spleen. Faites donc que votre pays soit le mien.

Le 9 juin. Chateaubriand envoyait à Mme Récamier les vers qu'il lui avait promis en les accompagnant d'une lettre : les vers et la lettre figurent dans les Mémoires d' Outre-Tombe^. Chateaubriand n'a pas cru devoir y reproduire la lettre intermédiaire suivante, dont L'Agneau nous a heureusement conservé la copie :

{. F** 40. La lettre est barrée dans le manuscrit.

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