‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 17 sur 154 · Ici, Quand f avais, barré · texte numérisé non relu

Ici, Quand f avais, barré

6. Le texte exact est ; « Pourquoi [voir] voir tant de choses? » Le premier voir est barré.

trop belles pour moi et je n'aurais osé leur parler, les autres ne m'aimaient pas. Et pourtant mes jours s'écoulaient, et j'étais effrayé de leur vitesse, et je me disais : Dépêche-toi donc d'être heureux ! Encore un jour, et tu ne pourras plus être aimé. Le spectacle du bonheur des générations nouvelles qui s'élevaient autour de moi m'inspirait les transports de la plus noire jalousie : si j'avais pu les anéantir, je l'aurais fait avec le plaisir de la vengeance et du désespoir*.]

Vois-tu : quand je me laisserais aller h une folie, je ne suis * pas sûr de t'aimer demain : je ne crois pas à moi. Je m'ignore. La passion me dévore 3, et je suis prêt à me * poignarder ou à rire. Je t'adore ; mais, dans un moment, j'aimerai plus que toi le bruit du vent dans ces rochers, un nuage qui vole, une feuille qui tombe. Puis je prierai Dieu avec larmes, puis j'invoquerai le néant. Veux-tu me combler de délices? Fais une chose : sois à moi, puis laisse-moi te percer le cœur et briser s. ... Eh bien, oseras- tu maintenant te hasarder avec moi dans cette thébaïde?

Si tu me dis que tu m'aimeras comme un père, tu me feras horreur; si tu prétends m'aimer comme une amante, je ne te croirai pas. Dans ^ chaque jeune homme je verrai un rival préféré. Tes respects me feront sentir mes années; tes caresses me livreront à la jalousie la plus insensée. Sais- tu qu'il y a tel sourire de toi qui me montrerait la profondeur de mes maux, comme le rayon de soleil qui éclaire un abîme?

Objet charmant, je t'adore, mais je ne t'accepte pas. Va

1. Tout le passage entre crochets ne se trouve que dans la copie.

2. Sainte-Beuve a publié, — nous y reviendrons tout à Theure, — une partie de ce fragment. Il a lu : « serais », comme la copie.

3. Cette phrase : « La passion me dévore et » n'est ni dans le texte de Sainte-Beuve, ni dans la copie.

4. Le texte exact est : « me {poignarder faire] me poignarder... ». Les deux mots entre crochets, successivement écrits, ont été successivement barrés.

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