‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 16 sur 154 · Ici, deux mots barrés illisibles · texte numérisé non relu

Ici, deux mots barrés illisibles

3. Ici, imaginaire^ barré. « De femme » est écrit dans Tinterligne.

4. C'est ce que je crois lire dans l'autographe. La copie lit : « Je vis passer cette idéale image.... »

5. C'est le texte de la copie. Je lis dans l'autographe : « réels avec qui (un mot illisible) jamais.... »

seule idée, de s'isoler dans un sentiment, de perdre de vue l'univers *, de mettre son existence entière dans un sourire, dans un mot, dans un regard.

Mais, alors môme, une inquiétude insurmontable troublait mes délices. Je me disais : M'aimera-t-elle demain comme aujourd'hui? Un mot qui n'était pas prononcé avec autant d'ardeur que la veille, un regard distrait, un sourire adressé à un autre que moi me faisait à l'instant désespérer de mon bonheur. J'en voyais la fin ^ et m'en prenais à moi-même de mon ennui. Je n'ai jamais eu l'envie de tuer mon rival ou ^ la femme dont je croyais entendre l'amour, toujours destructeur de moi-même, et je me croyais coupable parce que je n'étais plus aimé.

Repoussé dans le désert de ma vie, j'y rentrais avec toute la poésie de mon désespoir. Je cherchais ♦ pourquoi Dieu m'avait mis sur la terre, et je ne pouvais le comprendre •'^. Quelle petite place j'occupais ici bas! Quand tout mon sang se serait écoulé dans les solitudes où je m'enfonçais, combien aurait-il rougi de brins de bruyère? Et mon âme, qu'était-ce? Une petite douleur évanouie en se mêlant dans les vents. Et pourquoi tous ces mondes autour d'une si chétive créature? Pourquoi^ voir tant de choses?

J'errai sur le globe, changeant de place sans changer d'être, cherchant toujours et ne trouvant rien. Je vis passer devant moi [de nouvelles enchanteresses; les unes étaient

1. C'est le texte de la copie. Je lis dans Tautographe : « de perdre vue de l'univers... »

2. C'est ce que j'ai cru lire dans le manuscrit. La copie porte : « J'en croyais l'enfer », leçon qui m'a paru n'offrir aucun sens Au reste, rien n'est plus difficile à déchiffrer que l'écriture de Chateaubriand dans ce fragment : le manuscrit même des Pensées de Pascal me parait plus lisible; et, sans l'excellente copie que j'ai eue sous les yeux, je doute que des paléographes, même moins novices que moi, puissent aisément s'y reconnaître.

3. Le texte exact est : « ou [inoi-7néme] la femme... ». « Moimôme » est barré.

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