Ici, quatre ou cinq mots illisibles
7. Depuis « il y a dans une femme... » jusqu'à « et qui me fait mal », Bricon, — et il en fait l'aveu, — a complètement bouleversé et remanié le texte du manuscrit, on ne voit pas trop pourquoi.
Comment croirais-je que cette vie de veuvage pourrait longtemps te suffire? Deux beaux jeunes gens peuvent s'enchanter des soins qu'ils se rendent; mais un vieil esclave, qu'en ferais-tu? * [Pourrais-tu], du matin au soir, supporter la solitude avec moi, les fureurs de ma jalousie prévue, mes longs silences, mes tristesses de cœur et tous les caprices d'une nature malheureuse qui se déplaît et croit déplaire aux autres?
Et le monde, en supporterais-tu les jugements et les railleries? Si j'étais riche 2, il dirait que je t'achète et que tu te vends, ne pouvant admettre que tu puisses m'aimer. Si j'étais pauvre, on se moquerait de ton amour, on en rendrait l'objet ridicule à tes propres yeux, on te rendrait' honteuse de ton choix. Et moi, on me ferait un crime d'avoir abusé de ta simplicité, de ta jeunesse, de t'avoir acceptée, ou d'avoir abusé de l'état de * où
tombe ^, le temps de te serrer ' dans
mes bras. La jeunesse embellit tout, jusqu'au malheur"^. Elle charme alors qu'elle peut®, avec les boucles d'une®
1. « Pourrais-tu » est une conjecture de la copie, et manque dans le manuscrit. Il va dans l'autographe : « Du soir au matin au soir supporter... ». Je pense que Chateaubriand a voulu écrire et qu'il faudrait lire : « Du soir au malin et du matin au soir pourrais-tu supporter... ».
2. Chateaubriand avait d'abord écrit « pauvre » qu'il a barré. « Riche » est écrit dans l'interligne.
3. « Rendrait » est écrit dans l'interligne, au-dessus d'un mot barré et illisible.