LORD BYRON
Lorsque Atala parut, je reçus une lettre de Cambridge signée G. Gordon, Lord Byron, Lord Byron âgé de quinze ans était un astre non levé : des milliers de lettres de
1. F" 57. Encore d'une écriture qui semble de femme. Chateaubriand a parlé à plus d'une reprise de Byron dans ses Mémoires (voir l'index de Tédition Biré). Ce fragment doit se rapporter aux pages où Fauteur de René reproche à celui de Childe-Harold « d'avoir eu la faiblesse de ne jamais le nommer » (Mémoires, édition Biré, t. II, p. 208-210).
critiques ou de félicitations m'accablaient. Vingt secrétaires n'auraient pas suffi pour mettre à jour cette correspondance. J'étais donc contraint de jeter au feu les trois quarts de ces lettres et à choisir seulement pour remercier ou pour me défendre les signatures les plus obligatoires. Je crois cependant me souvenir d'avoir répondu à Lord Byron : mais il est possible aussi que le billet de l'étudiant de Cambridge ait subi le sort commun. En ce cas, mon impolitesse forcée se sera changée en offense dans cet esprit irascible : il aura puni mon silence par le sien. Combien j'ai regretté depuis les glorieuses lignes de. la jeunesse d'un grand poète!