‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 40 sur 154 · MARIAGE · texte numérisé non relu

MARIAGE

Toutes les délices que je m'étais forgées dans l'avenir allaient s'ensevelir dans le lit conjugal avec une jeune femme que je ne connaissais pas, à qui je n'apporterais pas le bonheur et dont je devais me séparer presque subitement : j'allais ^ m'exposer à donner la vie, moi qui regardais la vie comme le présent le plus funeste.

Les hommes de ma sorte se doivent-ils marier? La vérité de leur nature est une vérité de chimère, de misère et d'isolement, qui n'est pas assez sainte pour les autels de la famille. L'être de cette espèce ^ est comme Adam créé avant la formation * de la femme : <c il ne trouvait point l'aide qui lui fût semblable », vero non inveniehatur adjutor similis ejus,

i. ¥° 37. Tout le fragment, écrit de deux écritures différentes, est barré dans le manuscrit. Il se rattache évidemment au passage bien connu des Mémoires (t. II, p. 59). Il débute dans le manuscrit par une fin de phrase que voici : « battement de mon cœur, le joug dont je me sentirais accablé? »

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