‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 69 sur 154 · et 5c éd. : fréquente les tombeaux · texte numérisé non relu

et 5c éd. : fréquente les tombeaux

2. r* éd. : un taureau. Objet d'horreur..,: — 2' et 4'' éd. : un taureau, il s'associe naturellement à [toutes] les idées morales ou religieuses...

3. 1", 2*, 4% 5», 6* et "" éd. : ou d'adoration, les hommes...

monstres que l'amour en a fait sortir. Il sommeille des mois entiers, fréquente des ^ tombeaux, habite des lieux inconnus, compose ^es poisons qui glacent, brûlent ou tachent le corps de sa victime des couleurs dont il est lui-même marqué. Là, il lève deux têtes menaçantes; ici, il fait entendre une sonnette; il siffle comme un aigle de montagne; il mugit comme un taureau ^, Il s'associe naturellement aux idées morales ou religieuses, comme par une suite de l'influence qu'il eut sur nos destinées :

objet d'horreur ou d'admiration^, les hommes ont pour lui Une haine implacable, ou tombent devant son génie;

r ambroisie des Muses,] Le mensonge l'appelle, la prudence le réclame, l'envie le porte dans son cœur, et l'éloquQnce à son caducée; aux enfers, il arme le fouet des Furies ; au ciel, l'éternité en fait son symbole. Il possède encore l'art de séduire l'innocence : ses regards enchantent les oiseaux, dans les airs; et, dans la crèche, la brebis lui abandonne son lait. Mais [en punition du langage perfide qu'il fit entendre à notre mère y] il se laisse lui-môme charmer par de doux sons; et, pour le dompter, le berger n'a besoin que de sa flûte.

Au mois de juillet [de Vannée] 1791, nous voyagions dans le haut Canada, avec quelques familles sauvages de la nation des Onnontagues. Un jour que nous [nous] étions arrêtés dans une grande plaine, au bord de la rivière Génésie, un serpent à sonnettes entre dans notre camp. Il y avait parmi nous un Canadien qui jouait de la flûte. Il voulut nous amuser et s'avança contre le serpent, avec son arme d'une nouvelle espèce.

A l'approche de son ennemi, le [superbe] reptile se forme

le mensonge Fappelle, la prudence le réclame, Tenvie le porte dans son cœur, et l'éloquence à * son caducée. Aux enfers, il arme les fouets des furies: au ciel, l'éternité en fait son symbole. Il possède encore l'art de séduire l'innocence; ses regards enchantent les oiseaux dans les airs; et sous la fougère de la crèche, la brebis lui abandonne son lait. Mais il se laisse luimôme charmer par de doux sons, et pour le dompter, le berger n'a besoin que de sa flûte.

Au mois de juillet 1791, nous voyagions dans le haut Canada, avec quelques familles sauvages de la nation des Onontagués. Un jour que nous étions arrêtés dans une grande plaine, au bord de la rivière Génésie, un serpent à sonnettes entra dans notre camp. Il y avait parmi nous un Canadien qui jouait de la flûte; il voulut nous divertir, et s'avança contre le serpent avec son arme d'une nouvelle espèce. A l'approche de son ennemi, le reptile ^ se forme en spirale, aplatit sa tête, enfle

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