‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 73 sur 154 · éd. : ces spectres de rois · texte numérisé non relu

éd. : ces spectres de rois

2. r% 2% 4*, 5% 6* et Véd. : rois; [nous distinguons leur race,] nous les reconnaissons....

qui, à divers points de vue, m'ont paru particulièrement intéressants.

Voici d'abord une page qui ne figure dans aucune des éditions du Génie du Christianisme, Elle devait faire suite immédiatement au morceau célèbre sur le serpent que nous avons cité plus haut, et se rattachait directement à la dernière phrase : « Il n'y eut qu'une seule voix dans l'assemblée pour qu'on laissât le merveilleux serpent s'échapper. »

Voilà pourtant ce que la philosophie du jour rejette avec hauteur. Nos observateurs de cabinet rient quand ils lisent les psaumes (si toutefois ils lisent les psaumes) : furor illis (peccatoribus) secundum simililudinem serpcntis ; sicut aspidis surditaSy et obturantis aures suas.

On voit bien pourquoi ils refusent de croire à ceci; mais, quoi qu'il en soit, David en savait plus qu'eux. M. de Buffon lui-même ne peut le disputer en science, en grdce et en force, à cette société de naturalistes, les Moïse, les Job, les David, les Salomon, les Isaïe, les Jésus fils de Sirach; et qu'y a-t-il donc, après tout, de si impossible à la puissance de Dieu dans l'effet de la musique sur plusieurs animaux? Celui qui a donné tant de soupirs aux ondes, aux vents, aux forêts, celui qui tient le soleil comme une lyre d'or entre ses mains, ne pourra-t-il, sans la permission d'un athée, charmer un reptile par des sons,- et lui sera-t-il plus difficile de donner une oreille harmonieuse au serpent que d'attacher une sonnette à sa queue?

Que ceux qui regrettent la religion et les mœurs de l'antiquité voient ici d'un coup d'œil les deux vertus, la vertu chrétienne et la vertu païenne, et les deux philosophies, Tune selon Jésus de Nazareth, l'autre selon Zenon du Portique. Le premier se montre à nous dans la condition la moins relevée; le second est placé sur le trône de l'univers. Celui-là est l'humble Juste, mourant pour avoir défendu ses frères, et écrivant cette simple et touchante apologie de la vertu et de la religion; celui-ci est le célèbre' Marc-Aurèle, faisant du crime son trésor royal, dictant

l'athéisme dans ses sentences, et répandant le sang innocent : qu'on choisisse.

(Œuvres compl. de Chateaubriand^ éd. Fume, t. XII, p. 587-588),

Voici maintenant un fragment qui devait primitivement faire partie du Génie. L'édition Fume le rattache au chapitre xi du livre V de la première partie, intitulé Des Plantes et de leurs Migrations. Chateaubriand en a fait définitivement le prologue à'Atala. Pour les différentes éditions à'Atala^ je renvoie à ce que j'en ai dit plus haut.

EDITION DE LONDRES (1799 ou 1800).

[// est difficile de se faire une idée de la navigation intérieure^ dont la nature a diS" posé les canaux dans cette partie du Nouveau-Monde. Des millions de fleuves se croisent, se quittent, se mêlent de nouveau, se nouent, se dénouent en cent manières. Les uns tombent du sommet d'une montagne, tels que le Kanhaway; les autres forment des rapides tumultueux sous des rives perpendiculaires de cinq cents pieds d'élévation, tels que le

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