‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 74 sur 154 · ATALA · texte numérisé non relu

ATALA

(Édition déOnitive, 1805).

Quatre grands fleuves, ayant leurs sources dans les mêmes montagnes, divisaient ces régions immenses : le fleuve Saint-Laurent qui se perd à Vest dans le golfe de son nom, la rivière de l'Ouest qui porte ses eaux à des mers inconnues, le fleuve Bourbon qui se précipite du midi au nord dans la baie d'Hudson, et le Meschacebê^, qui tombe du nord au midi * dans le golfe du Mexique.

Ce dernier fleuve, dans un

1. Ici, dans la r* édition d^Alala, et suiv., la note que voici : « Vrai nom du Mississipi ou Meschassipi. »

2. Atala, 1", 3°, 4** et 5* éd. : qui, [descendant!^ du nord au midi, s'ensevelit dans le golfe...

Kentucky; (Vautres ouvrent lentement leurs vastes plis à travers les forêts et les savanes, tels que la Kauk. Tous ces fleuves, en descendant les uns dans les autres et formant les branches d'une seule chaîne, varient leurs confluents selon leur plus ou moins de pureté et le plus ou moins de vitesse de leur cours. L'Ohio apporte tranquillement au Meschacebé la collection des belles ondes quil dérobe aux urnes du Kentucky y du Scioto, du Ouabache et du Tenase; tandis que le Missouri darde, comme une écluse, son eau blanche à travers l'antre des fleuves, le coupe obliquement en Y, dont une large barre va frapper le bord opposé, rebondit, et, contraint alors de se mêler à son rival, le précipite avec lui dans la mer en colorant ses ondes.]

Quand tous ces fleuves se sont gonflés des déluges de l'hiver, quand les tempêtes ont abattu des pans entiers de forêts, [c'est alors qu'il se fait dans les eaux de la solitude des embarcations dignes de sa pompe sauvage. Le temps, comme un puissant bûcheron,]

cours de plus de mille lieues, arrose une délicieuse contrée que les habitants des États- Unis appellent le nouvel Eden, et à laquelle * les Français ont laissé le doux nom de Louisiane. Mille autres fleuves, tributaires du Meschacebé, le Missouri, r Illinois, VAkanza, rohio, le Wabache, le Tenase, Cengraissent de leur limon et la fertilisent de leurs eaux.

Quand tous ces fleuves se sont gonflés des déluges de l'hiver; quand les tempêtes ont abattu des pans entiers de forêts, les arbres déracinés s'assemblent sur les sources 2. Bientôt les vases les cimentent, les lianes les enchaînent, et des plantes y

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