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CHAPITRE IV

CHATEAUBRIAND EST NOMMÉ SECRÉTAIRE d'aMBASSADE

(9 mai-15 juin 1803)

Deux historiens. — Nomination officielle. — Trois jours d'hésitation. — Difficultés du poste : — Hostilité gratuite du cardinal Fesch, — et de M. Cacault, précédent ambassadeur. — Réussir, c'est échouer. — Pas un sou pour déloger de son grenier. — Lettre de bonheur. •*- Tendance dangereuse. — Nouvelles éditions du Génie du Christianisme. — > Arrangements avec Ballaoche. — Exemplaires de luxe offerts en hommage. — II raconte ce qu'il voit à Lyon. — Procession et ordinations. — II part pour Rome, comblé d'honneurs et presque d'argent.

Au milieu de quelles difficultés, dès ses premiers pas, fut jeté le secrétaire d'ambassade, il est nécessaire de le savoir dès l'abord, pour apprécier sainement les choses.

Des difficultés vraiment exceptionnelles l'enlaçaient de toutes parts : hostilité de son supérieur hiérarchique, très fier de son sang et de son rang, très ombrageux par caractère, très jaloux de son autorité; irritation du précédent ministre, très bien vu de la cour pontificale et brusquement remplacé; mécontentement du premier secrétaire, que la nomination de Chateaubriand laissait sans emploi; faux renseignements, sur

des points d'importance, donnés à l'arrivant, par le personnel même de l'ambassade; haine vigilante des philosophes, que le subit réveil des idées religieuses avait exaspérés, et qui ne pardonnaient pas à Tauteur du Génie du Christianisme. — Du côté du secrétaire lui-même, gloire littéraire, illustrant un vieux nom, dans ces milieux diplomatiques où les souvenirs d'aristocratie sont très appréciés ; avantages de la personne, distinction du langage et des manières, récits variés du voyageur, de l'émigré, du soldat, de l'exilé, < sourire irrésistible > éclairant de beaux traits, charme particulier d'une physionomie que le malheur avait empreinte de mélancolie.

Tout conspirait donc contre Chateaubriand, en lui et autour de lui; car, en telle situation, réussir, c'est échouer ; gagner les bonnes grâces du souverain et du grand monde, c'est perdre la partie et c'est se perdre. Pour échapper au danger, que faire? Renier sa gloire et son génie, simuler la médiocrité satisfaite, s'éclipser et s'aplatir dans la pénombre épaisse de l'ambassadeur ? Mais cela, c'eût été bassesse, et Chateaubriand en était incapable.

Sa place n'était pas dans ce poste, à côté de cet homme, ou plutôt à la suite de cet homme, voilà tout.

Où donc sa place ?

A l'écart, dans l'étude et dans la gloire, sinon à la tête d'une ambassade.

— Est-ce que, sous la Restauration, il n'a pas très bien réussi à Berlin, à Londres et à Rome même?

La meilleure introduction me paraît être dans les passages que je vais citer. Les uns sont de M. Artaud, témoin, rival, prédécesseur, successeur de Chateaubriand au poste de secrétaire; les autres sont de M^^ Lyonnet, historien de l'implacable ennemi de Chateaubriand, le cardinal Fesch.

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Ces auteurs sont très recevables dans le débat. Animés de sentinients contraires, et à des titres opposés, ils devaient être pleins de préjugés contre Chateaubriand. D'autre part, les extraits seront choisis de manière à rendre transparentes les allusions contenues dans la correspondance. Certes, rien ne serait plus facile que d'économiser les guillemets et de démarquer ces deux ou trois demi-pages, comme cela se pratique couramment d'un historien à l'autre. Il serait non moins aisé d'améliorer les passages empruntés à la Vie du cardinal Fesch^ en allégeant et dégageant le style, un peu bien empêtré et solennel. Mais outre que le ton légèrement emphatique de l'historien, M»"^ Lyonnet, aura cet avantage défaire mieux ressortir, au contraste, la simplicité primesautière de notre correspondance, une autorité spéciale s'attache au jugement porté sur les démêlés du secrétaire et de l'ambassadeur, par le tenant de ce dernier. Or, cette autorité disparaîtrait aux retouches et manquerait aux conclusions.

M**" Lyonnet connut, par les témoins immédiats, tout le détail du différend qui tint Rome attentive pendant six mois; et non seulement les faits matériels, mais les impressions personnelles. Ces témoins irrécusables, il les a questionnés et entendus à loisir, ainsi que les familiers du cardinal: Mk' de la Croix, archevêque d'Auch; Mk"" Miolan, évêque d'Amiens ; M. l'abbé Bonnevie, doyen du chapitre de Lyon; M. Groboz, chanoine; M. Allibert, secrétaire particulier du cardinal Fesch; tous hommes graves, partagés d'opinions et de sympathies, également amis de la vérité.

Nous pouvons d'autant mieux accepter les récits et réflexions de M^ Lyonnet que, sous l'enthousiasme des mots, s'exerce un sens très droit, se remarque une grande discrétion de jugement.

Et quant à M. Artaud, il écrit d'un style plus ferme et raconte ses propres souvenirs.

En connaissance de cause, le lecteur verra s'il doit adopter les conclusions indécises et partagées du premier, ou les arrêts tranchants du second, ou prendre à Tun et à Tautre pour se former une opinion.

Avant d'aller plus loin, une simple remarque : soit par M°*« Bacciochi, < l'admirable protectrice > dont le nom revient dans chaque lettre, soit par Fontanes, Tami tendrement dévoué, soit par Talleyrand, ministre des < relations extérieures >,.chez lequel il dîna, aussitôt la nomination notifiée, Chateaubriand eut connaissance des dispositions gratuitement hostiles du cardinal Fesch à son égard. Quelques jours avant de se mettre en route, il écrivait à M™" de Custine : < J'attends une lettre du terrible cardinal. >

Dans les premiers jours de mai, le Journal des Débats annonçait que M. de Chateaubriand < allait être nommé secrétaire d'ambassade, sous les ordres du cardinal Fesch, oncle du Premier Consul >. Étonné de trouver cette nouvelle dans une feuille publique, l'intéressé écrivit à M. de Talleyrand la lettre suivante :

Citoyen ministre,

Je viens de lire dans les Débats rarticle suivant : « On assure que le citoyen Chateaubriand, auteur du Génie du Christianisme ^ est nommé secrétaire de légation à Rome, » Je prends la liberté de m'adresser à vous pour demander s'il est à propos que je démente une pareille nouvelle, ou s'il faut la laisser passer.

Je suis, citoyen ministre, etc.

DE Chateaubriand.

P. S , — Si vous avez la bonté de laisser un mot pour moi dans vos bureaux, j'irai moi-même prendre cette réponse.

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Le 19 floréal an XI (9 mai i8o3),M. de Talleyrand notifiait à Chateaubriand sa nomination de secrétaire :

Je m'empresse, citoyen, de vous envoyer une copie de l'arrêté par lequel le Premier Consul vous nomme secrétaire de la légation de la République à Rome. Vos talents et Tusage que vous en avez fait n'ont pu que vous faire connaître d'une manière avantageuse dans votre pays et dans celui où vous allez résider, et je ne doute point du soin que vous mettrez à justifier la confiance du gouvernement. J'ai rhonneur, etc.

La réponse de Chateaubriand est datée du 12 mai :

M. de Fontanes ne m'a pas laissé ignorer la grâce et l'intérêt que vous avez mis dans cette affaire. Je m'empresse de demander à Votre Excellence la permission d'aller la remercier chez elle, et je la supplie de croire à ma vive reconnaissance.

Depuis la lettre de M. de Talleyrand, trois jours s'étaient écoulés, trois jours d*hésitations. Chateaubriand savait trop à quoi s'en tenir sur le caractère de l'ambassadeur et sur ses mauvaises dispositions.

D'autres difficultés l'attendent à Rome :

< M. Cacault se croit insulté dans son ami [M. Artaud, secrétaire de la légation]. Il va, sans avertir celui qui l'intéresse tant, tâcher à sa manière de conjurer la disgrâce. Il écrit à M. de Talleyrand :

M. de Chateaubriand est un grand auteur, un homme d'un grand

mérite ; cependant c'est gâter le bon effet que doit produire à Rome

. la légation de M. le cardinal Fesch, que de le faire arriver avec un

secrétaire de légation, auteur célèbre, dans les livres duquel on ira

chercher quelle est la doctrine et la théologie du cardinal. Il naît

déjà, à cette occasion, des idées troubles et inquiètes. Tâchez de placer mieux M. de Chateaubriand. M. le cardinal Fesch est excellent, mais si sa mission est gâtée par des alentours mal combinés, il n'aura pas tous les agréments qu*il mérite (i).

Le jeune secre'taire n'a qu'à se bien tenir. Ceux qu'il éclipse ou remplace vont épier d'un regard jaloux ses moindres démarches. Gare au novice diplomate î

Notre correspondance reprend ici par une lettre de Chateaubriand à Fontanes :

Mon cher ami, le cardinal part après demain et ne s'arrête pas à Lyon. Il me donne quinze jours après lui pour arranger mon édition. Voilà donc l'affaire finie, mais il faut de l'argent. Le cardinal m'a dit qu'on pourrait m'avancer six mois; c'est six mille livres. Plus mes frais de route. Tâchez de rendre Talleyrand généreux. Mille écusde route, deux mille écus d'avance. C'est donc neuf mille livres, au moins, qu'il faut que vous m'obteniez. J'en ai besoin le plus tôt possible, n'ayant pas un sou pour déloger de mon grenier. Je vais prier M™^ B[acciochij d'appuyer votre demande. Je compte

sur vous. Je vous embrasse (2).

Ch.

Vendredi matin.

{Suscription) A M. de Fontanes,

Rue des Petits-Augustins,

Hôtel de la Rochefoucault.

Grâce à l'intervention de M"® Bacciochi, Fontanes eut la

joie de répondre que les crédits demandés e'taient accordés.

Il avait dû ajouter quelques renseignements confidentiels

(i) Vie et Pontificat de Pie VU, par le chevalier Artaud. (2) Bibl. de Genève. — Original autog.

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sur les menées hostiles des < philosophes > auprès du Consul.

Il fait bon lire la lettre de remercîments. Chateaubriand s'y montre sous les meilleurs aspects de sa riche nature. Lui, si concentré, s'épanche avec bonheur. On aime surtout à lui entendre rappeler < les promenades dans l'exil >, < les jours de l'adversité passés à Londres > avec Fontanes.

Et ces choses sont dites, comme elles viennent, sans nul souci, sans nulle prévision du public, dans l'absolu secret d'une correspondance intime. Jaillies d'un cœur ému, sous la pression du bonheur et de la reconnaissance, elles nous révèlent, en partie, ce noble cœur, à une date importante de jeunesse et de gloire.

Si l'on voulait étudier de plus près le texte de Chateaubriand, on arriverait à reconstituer, en substance, la lettre qui lui avait fait grand plaisir.

Le premier sans doute, Fontanes avait évoqué les souvenirs de Londres, souligné les contrastes de l'exil. En ce temps-là, malheureux l'un et l'autre, n'échappant aux étreintes du malheur que dans le sein de l'amitié. Maintenant, l'un et l'autre au pouvoir, ou aux avenues du pouvoir. Et, avec une délicatesse digne de son cœur, Fontanes s'était dit l'obligé; il avait rappelé l'enthousiasme de poésie où le jeta l'auteur des Natche:{j les < chants > dus à cet enthousiasme et aux serments d'amitié. Il semble qu'il ait terminé en exprimant le désir d'aller passer à Rome, auprès du secrétaire, quelques mois dont profiterait beaucoup la Grèce sauvée : « Si je vous ai fait faire quelques chants dans les brouillards du Nord, écrit Chateaubriand, que ne vous ferai-je point faire sur les ruines de Rome! »

Bientôt il écrira de la Ville : « Venez vite ici, mon cher ami... Enfin, venez, venez. »

l^yon, mercredi 12 prairial an XI [i<^' juin 1803].

Votre lettre, mon cher ami, m'a fait grand plaisir; mais elle ne m*a point surpris. Si le châtelain et la châtelaine sont bien disposés, tout le petit manège ne réussira pas. J'attends donc l'ambassadeur demain au soir. Dieu sait ensuite quand nous sortirons d*ici. Au reste, je suis comblé de marques d'intérêt et d'amitié dans cette bonne ville : on va jusqu'à me proposer de me donner une petite maison au bord de la Saône, si je veux me fixer ici. J'ai appris et on m'a confié des choses très intéressantes. Si le cardinal est bien conseillé, il n'y a rien qu'il ne puisse obtenir. Vingrat qui s'était laissé prévenir contre le plus zélé de ses serviteurs ! Il ne sait pas tout ce qu'il me doit de faveur dans ce moment; je l'avertirai de ce qu'il doit faire, s'il veut emporter beaucoup d'argent. Dites, mon bon ami, à la meilleure des femmes, à la plus noble des protectrices, que mon cœur est plein d'une reconnaissance que rien ne pourra affaiblir, et que j'ai pour elle cet amour respectueux qu'on a pour les anges. Dites-lui que j'ai commencé pour elle une longue lettre, que je ne veux finir qu'après avoir vu le cardinal; que l'esprit public est ici excellent; que le Consul y est aimé avec cette loyauté qui distingue les Lyonnais; que la ville va voter un vaisseau pour soutenir une guerre dont l'odieux est rejeté unanimement sur les Anglais; que ce sont les prêtres qui entretiennent cet amour et ce dévouement pour Bonaparte. Quand le Consul a rétabli la religion, il a fait l'acte d'un grand homme; mais il ne se dit pas, ou plutôt on cherche à lui cacher tout ce qu'il a fait pour lui-même. On parle départis? Mais, certes, vingt-quatre millions de chrétiens sont, je pense, un assez grand parti I Eh bien ! ce parti-là est décidément à celui qui a relevé les autels.

Soyez-moi fidèle, mon cher ami ; pour moi, il nie serait impossible de ne pas vous aimer. Anima fugiente vocabat. Votre admirable talent vous laisse des ressources que je n'ai pas, et s'il était vrai que j'eusse de la gloire, j'aurais le temps d'être détrompé avant de mourir. ]e ne sais s'il est bon d'avoir comme moi épuisé tant de

choses à trente-quatre ans. Que de vide derrière soi ! Que d'années sans espérance et sans illusions I Ce qu*il y a de sûr, c'est que je m'inquiète de l'avenir : je ne sais comment je remplirai tous les jours qui me semblent promis. Je ne vaux rien pour moi. Mais je crois valoir quelque chose pour les autres. Ma première pensée en m'éveillant est pour vous. Je me dis : si j'éiaîs là, je l'aiguillonnerais, je le ferais travailler; le misérable perd son temps, etc. Je me rappelle toujours nos promenades dans Texil ; alors vous étiez visité des muses. Vous ne sauriez croire à quel point le nouvel exil que je commence me retrace vivement les jours de l'adversité passés avec vous. Si je vous ai fait faire des (i) [chants] [po]ur l'avenir dans les brouillards du Nord, que ne vous (2) [ferai|-je point faire sur les ruines de Rome! Rendez à M. de Hauterive ses compliments au centuple; assurez le ministre que mes dépêches seront courtes. Persuadez à la famille qu'elle peut tout demander de moi, hors une bassesse. Quant à la dame de la rue Saint-Lazare, je suis si sûr maintenant de son amitié que je ne suis plus occupé qu'à chercher dans ma tête des moyens de me rendre digne de cette amitié. Mon amour-propre me fait désirer quelquefois qu'elle pût voir comment on me traite en province-, les honneurs rendus au protégé rejaillissent sur la protectrice. Rappelez-moi au souvenir de Madame de Montarbi; dites un million de choses tendres à Madame de Fontanes; j'ai bien parlé d'elle ici. Embrassez notre petit et aimable Guénau pour moi. Amitiés et joies à toute notre petite société de la rue du Luxembourg. Je finis en vous embrassant, comme Joseph en embrassant Benjamin : incollum Benjamin fratris sut flevit. Envoyez chercher la procuration chez Ménard : il oublie facilementles affaires dont on Ta chargé (3).

(Susc'ription) A Monsieur de Fontanes, Membre du Corps législatif, rue des Fetits-Augustins, hôtel de la Rochefoucault,

à Paris.

(1-2) Mots enlevés par le cachet.

(3) Bibl. de Genève. — Original autog. — Sur le timbre postal, très effacé, il semble qu'on distingue an XI.

Parmi les juvéniles et charmantes confidences qui font de cette lettre un document psychologique précieux à étudier (c'est presque dire que Vîllemain n'y a pas touché), certains mots échappent au secrétaire qui dénotent une tendance bien dangereuse.

Le subordonné semble, déjà, vouloir conseiller et mener — protéger son chef hiérarchique : € Si le cardinal est bien conseillé, il n'y a rien qu'il ne puisse obtenir. L'ingrat qui s'était laissé prévenir contre le plus zélé de ses serviteurs. Il ne sait pas tout ce qu'il me doit de faveur dans ce moment... Je l'avertirai de ce qu'il doit faire... >

A Lyon, il n'oublie pas le Génie du Christianisme. S'il en était distrait par la nouveauté de son titre, l'enthousiasme universel le lui rappellerait à chaque pas. Il traite avec le libraire Ballanche, qui l'avait visité à Paris en 1801 et 1802; de ce libraire, il va faire son ami pour toujours. Et le voici qui détaille à Migneret les arrangements nouveaux d'éditions et de vente :

Lyon, 19 prairial [8 juin 1803].

(De la main de Migneret,) — Répondu le 23 prairial.

Je suis arrivé à Lyon, mon cher Monsieur, et je me hâte de vous prévenir des nouveaux arrangements que j'ai faits avec Ballanche. Il va entreprendre une édition in- 18 en neuf volumes. Il fera cette édition, tandis que vous travaillerez à la vôtre in-8<^, en quatre volumes, avec gravures après la lettre. Il vous enverra, en échange, des exemplaires de son édition pour des exemplaires de la vôtre, et vous joindrez son nom à votre édition comme il joindra votre nom à la sienne. Voici l'ordre des éditions.

Celle que vous allez publier en quatre volumes, papier fin, sans gravures, s'intitulera 3» édition. Les belles éditions papier vélin, etc., porteront seulement : Nouvelle édition.

Si la petite édition de Ballanche in-tS paraît ensuite, avant votre

édition în-8°, avec gravures après la lettre, Ballanche mettra 4« édition, et vous, vous mettrez y sur la vôtre. Si, au contraire, c'est vous qui devancez Ballanche, vous mettrez 4^ édition, et Ballanche mettra 5®. Si vous paraissez ensemble, l'un ou Tautre mettrez à volonté 4' ou 5* édition. J'ai fait quelques changements pour ces éditions, que Ballanche vous communiquera.

Où en sommes-nous de vos éditions actuelles? Vous devez approcher de la fin. Quand espérez-vous mettre en vente? N'oubliez pas toutes mes instructions.

Combien vous reste-t-il (i) d'exemplaires de la seconde édition en deux volumes? Avez-vous expédié le paquet pour Avignon, et celui pour Lausanne ?

Répondez-moi poste pour poste, ici, poste restante, et j'aurai encore le temps de recevoir votre lettre. Mille compliments à vous et à M"« Migneret. Comment est votre santé à présent?

Votre ami,

De Chat.

Vous recevrez cette lettre samedi. Observez qu'il faut me répondre dimanche, si vous voulez que je reçoive votre lettre. Après cela, écrivez-moi à Rome, directement et souvent, par la poste.

{Suscription) A Monsieur Migneret, libraire, rue du Sépulchre S. G. n° 28, à Paris (2).

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