DU 29 AU 30 JUIN
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Ceci est la question.
Je viens d'achever cet ouvrage austère dans le silence d'un travail de dix-sept nuits. Les bruits de chaque jour l'interrompaient à peine, et, sans s'arrêter, les paroles ont coulé dans le moule qu'avait creusé ma pensée.
. A présent que l'ouvrage est accompli , frémissant encore des souffrances qu'il m'a causées , et dans un recueillement aussi saint que la prière, je le considère avec tristesse, et je me dematide s'il sera inutile , ou s'il sera écouté des hommes. — Mon ame s'effraie pour eux en considérant combien il faut de temps à la plus simple idée d'un seu] pour pénétrer dans le& cœurs de tous.
Beaucoup ontiu ce livre et l'ont aimé coni livre , mais peu de cœurs , hélas ! eu ont chang;és.
Les étrangers ont bien voulu en traduire mots par les mots de leur langue, et leurs p m'ont ainsi prêté l'oreille. Parmi les homi qui m'ont écouté , les uns ont applaudi la ce position des trois drames suspendus à un me principe , comme trois tableaux à un me support ; les autres ont approuvé la mani dont se nouent les argumens aux preuves , règles aux exemples , les corollaires aux prc sitions; quelques-uns se sont attachés parti lièrement à considérer les pages où se presc les idées laconiques, serrées comme les coml tans d'une épaisse phalange ; d'autres ont se à la vue des couleurs chatoyantes ou soml du style ; mais les cœurs ont-ils été attend) — Rien ne me le prouve, L'endurcisscm ne s'amollit point tout à coup par un \x\ Il 'fallait Dieu lui-même pour ce prodige, plus grand nombre a dit , en jetant ce liv Cette idée pouvait en effet se défendre. V<
DE TRATÀtL. 6
qui est un assez bon plaidoyer ! — Mais la cause, 6 grand Diei^ ! la cause pendante à votre tribunal , ils n'y ont plus pensé !
La cause? c'est le martyre perpétuel et la perpétuelle immolation du poète. — La cause? c'est le droit qu'il aurait de vivre. — La cause? c'est le pain qu'on ne lui donne pas. — La cause? c'est la mort qu'il est forcé de se donner.
D'où vient ce qui se passe? Yoùs ne cessez de vanter Tintelligence, et vous tuez les plus inteiligens. Vous les tuez , en leur refusant le pouvoir de vivre selon les conditions de leur nature. — On croirait , à vous voir en faire si bon marché , que c'est une chose commune qu'un poète ? — Songez donc que lorsqu'une nation en a deux en dix siècles , elle se trouve heureuse et s'eDorgueillit. Il y a tel pei^ple qui n'en a pas un , et n'en aura jamais. D'où vient donc ce qui se passe? Pourquoi tant d'astres éteints dès qu'ils commençaient à poindre? C'est que vous ne savez pas ce que c'est qu'un poète, et vous n'y pensez pas.
Auras-tu donc toujours des yeux pour ne pas voir, Jérusalem !
Trois sortes d'hommes, c^aiiVii'^ivxÀY^^^^'^'