ACTE II , SCÈNE IV
jette ce jeune bomme î Les pleurs que m'arrache , malgré moi , sa vue , oui î sa seule vue !
LE QUAKER
Oh ! femme ! faible femme ! au iiom de Dieu , cache tes larmes , car le voilà.
KITTY BELL
Oh! Dieu! son visage est renversé î
GUATTERTON , rentrant comme un fou, sans chapeau, il traverse la chambre et marche' en parlant sans voir personne.
....Et d'ailleurs, et d'ailleurs, ils ne possè* dent pas plus leurs richesses que je ne possède cette chambre. — Le monde n'est qu'un mt>t.
— On peut perdre ou gagner le monde sur parole, en un quart d'heure ! Nous de possédons tous que nos six pieds , c'est le vieux Will qui l'a dit. — Je vous rendrai votre chambre , quand^vous voudrez; j'en veux une encore plus petite. Pourtant , je voulais attendre encore le succès d'une certaine lettre. Mais n'en parlons plus.
Il se jette dans un fauteuil.
LE QUAKER se lève et va à lui, lui prenant la tête. A demi-voIx.
Tais - toi , ami , tais - toi , arrête . — Calme ,
9!l X^flATTERTOIV.
calme ta tète brûlante. Laisse passer eti silenoé tes emportemens, et n'épouvante pas cette jeune femme qui t'est étrangère.
CHÀTTE&TON se lève vivement sur le mot : étrangère, et dit avec une ironie frémissante.
Il n'y a personne sur la terre à présent qui ne me soit étranger. Devant tout le monde je dois saluer et me taire. Quand je parle , c'est une hardiesse bien inconvenante, et dont je dois demander humblement pardon... Je ne voulais, qu'an peu de repos dans cette maison , le temps d'achever, de coudre l'une à l'autre quelques pages que je dois ; à peu près comme un mmiuisîer doit à l'ébéniste quelques planehes péniblement passées au rabot. •— Je suis ourrier en livres, voilà tout. — Je n'ai pas besoin d'un plus grand atelier que le mien , et M. Bell is'est trop attendri de l'amitié de lord Talbot pour moi. Lord Talbot , on peut l'aimer ici, cela se conçoit. — Mais son amitié pour moi , ce n'est rien. Gela repose sur une ancienne idée que je lui ôterai d'un mot ; sur un vieux chiffre que je rayerai de sa tète, et que mon père a emporté dans le pli de son linceul \ un cfaiffre assez considérable, ma foi, et qui me