‹ Chatterton: drameChapitre 43 sur 80 · ACTE III , SCÈN El · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈN El

Lé Toilà mon père ! — Vous voilà ! Bon vieux marin ! Franc capitaine de haut-bord , vous dormiez la nuit y vous , et le jour vous vous battiez ! vous n'étiez pas un Paria intelligent comme Test devenu votre pauvre enfant. Voyez-vous, ▼oyez-vous ce papier blanc ? s'il n'est pas rempli demain j'irai en prison, mon père, et je n'ai pas dans la tête un mot pour noircir ce papier, parce que j'ai faim. — J'ai vendu , pour manger, le diamant qui était là, sur cette boîte , comme une étoile sur votre beau front. £t à présent je ne l'ai plus , et j'ai toujours la faim. Et j'ai aussi votre orgueil , mon père,^ qui fait que je ne le dis pas.— Mais vous, qui étiez vieux et qui saviez qu'il faut de l'argent pour vivre , et que vous n'en aviez pas à me laisser, pourquoi m'avez- vous créé?

Il jette la boite. — Il court après , se met à genoux et pleure.

Ah! pardon, pardon, mon père 1 mon vieux père en cheveux blancs ! — Vous m'avez tant embrassé sur vos genoux! — C'est ma faute!

j'ai cru être poète ! C'est ma faute ; mais je vous assure que votre nom n'ira pas en prison ! Je vous le jure , mon vieux père. Tenez, tenez, voilà de l'opium! si j'ai par trop faim... je ne mangerai pas , je boirai.

Il fond en hrmes sur la tabati^e oii est le portrait.

Quelqu'un monte lourdement mon escalier de bois. — Gaclions ce trésor!

Cachant l'opium.

Et pourquoi ? Ne suis^je donc pas libre? plus libre que jamais? — Gaton n'a pas caché sou épée. Reste comme tu es, romain, et regarde en face.

il pose Topiaqi au milieu de sa table.

SCÈIVE IL

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