ACTE m, SCÈNE I
ma fonétre comme un rideaa blanc , ou comme un linceul. — Il était pendu ainsi à la fenêtre de mon père la nuit de sa mort.
L^orloige soone trois quarts.
Encore ! le temps me presse ; et rien n*est écrit!
Il lit.
Harold! Harold!... 6 Christ! Harold... le duc Guillaume...
Eh ! que me fait cet Harold , je vous prie? — Je ne puis comprendre comment j'ai écrit cela.
n déchire !« manuscrit en parlant. — Un peu dç délire le prend.
J'ai fait le catholique ; j'ai menti. Si j*étais catholique , je me ferais moinç et trappiste. Un trappiste n'a pour lit qu'un cercueil , mais au moins il y dort. — Tous les hommes ont un lit où ils dorment , moi j'en ai un où je travaille pour de l'argent.
il porte la main À sa tête.
OÙ vais-je? où vais-je? Le mot entraine l'idée malgré elle... Ciel? la folie ne marche-t-elle pas ainsi ! Voilà qui peut épouYanter le plus braye... Allons ! calme-toi. — Je relisais ceci... Oui !.... Ce poème-là n'est pas assez beau !.. .. Écrit trop vite î — Écrit pour vivre ! — G sup-
106 CHATTEBTON.
plice ! La bataille d^Hastings!... — Les vietix Saxons !... Les jeunes Normands !... Me suis-je intéressé à cela? non. Et pourquoi donc en as-tu parlé? — Quand j'avais tant.à dire sur ce que je vois. — Réveiller de froides cendres , quand tout frémit et souffre autour de moi ; quand la Vertu appelle à son secours et se meurt à force de pleurer ; quand le pâle Travail est dédaigné ; quand TËspérance a perdu son ancre , la Foi , son calice , la Charité , ses pauvres enfans ; quand la Loi est athée et corrompue comme une courtisane ; lorsque la Terre crie et demande justice au poète de ceux qui la fouillent sans cesse pour avoir son or,«t lui disent qu'elle peut se passer du Ciel.
£t moi ! moi qui sens cela , je ne lui répondrais pas ! Si ! par le Ciel ! je lui répondrai. Je frapperai du fèuet les méchans et les hypocrites. Je dévoilerai Jérémiah-.Milles et Warton.
Ah! misérable! Mais... c'est la Satire? tu deviens méchant.
Il pleure long-temps avec désolation.
Écris plutôt sur ce brouillard qui s'est logé à ta fenêtre comme à celle de ton père.
U s*arrête.
Il prend une tabatière sur sa table.