‹ Chatterton: drameChapitre 45 sur 80 · ACTE III, SCfellK II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCfellK II

Et si je veux rester seul pour toujours , n'en ai-je pas le droit ?

LE QUAKER

II s'assied sur le lit ; Cbatterton reste debout ^ les yeux fixes et hagards.

Les Païens disaient cela.

Qu'on me donne une heure de bonheur, et je redeviendrai un excellent chrétien. Ce que... ce que vous craignez, les Stoïciens l'appelaient : sortie raisonnable^

LE QUAKER

C'est vrai ; et ils disaient même que les causes qui nous retiennent à la vie n'étant guère fortes, on pouvait bien en sortir pour des^ causes légères. Mais il faut considérer, ami , que la fortune change souvent et peut beaucoup , et que si elle peut faire quelque chose pour quelqu'on , c'est pour un vivant.

Mais aussi elle ne peut rien contre un mort.

lO

110 CHATTE RTOfr.

Moi, je dis qa*elle fait plus de mal que de bien, et qu'il n'est. pas mauvais de la fuir.

. Tu as bien raison ; mais seulement c'est nn peu poltron. — S'aller cacher sous une grosse pierre , dans un grand trou , par frayeur d'elle , c'est de la lâcheté.

Gonnaissez-Tous beaucoup de lâches qui se soient tués ?

LE QUAKER

Quand ce ne serait que Néron.

Aussi sa lâcheté , je n'y crois pas. Les nations n'aiment pas les lâches , et c'est le seul nom d'empereur populaire en Italie.

LE QUAKER

Gela fait bien l'éloge de la popularité. — Mais , du reste , je ne te contredis nullement. Tu fais bien de suivre ton projet, parce que cela va faire la joie de tes rivaux. Il s'en trouvera d'assez impies pour égayer lé public par

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