ACTE m, SCÈNE IV. ISl
Mais, mylord, ses chagrins, je ne les vois pas ; et quant à sa pauvreté , je sais qu'il ne doit rien ici.
LOKD TALBOT.
Oh ciel ! comment fait-il ? Oh ! si vous saviez ! et vous aussi , bon Quaker , si vous saviez ce que l'on vient de m'apprendre! D'abord ses beaux poèmes ne lui ont pas donné un morceau de pain. — Ceci est tout simple ; ce sont des poèmes, et ils sont beaux : c'est le cours naturel des choses. Ensuite , une espèce d'érudit, un misérable inconnu et méchant , vient de publier ( Dieu fasse qu'il l'ignore ! ) une atroce calomnie. Il a prétendu prouver qu'Harold et tous ses poèmes n'étaient pas de lui. Mais moi, j'attesterai le contraire , moi qui l'ai vu les inventer à mes côtés ; là , encore enfant. Je l'attesterai, je l'imprimerai, et je signerai Talbot.
C'est bien , jeune homme.
LORD TALBOT
Mais ce n'est pas tout. N'avez-vons pas vu rôder chez vous un nommé Skimer ?
IT
JOHN BELL
Oai, oui, je sais; un riche propriétaire de plusieurs maisons de la Cité.
LORD TALBOT
C'est cela.
JOHN BELL
Il est venu hier.
LORD TALBOT
Eh bien! il le cherche pour le faire arrêter ; lui , trois fois millionnaire , pour quelque pauvre loyer qu'il lui doit. Et Chatterton... — Oh ! voilà qui est horrible à penser. — Je voudrais , tant cela fait honte au pays , je voudrais pouvoir le dire si bas que Tair ne pût l'entendre.
— Approchez tous deux. — Chatterton , pour sortir de chez lui , a promis par écrit et signé...
— Oh ! je l'ai lu... — Il a signé que tel jour (et ce jour approche) il paierait sa dette, et que, s'il mourait dans l'intervalle , il vendait à l'école de chirurgie.... on n'ose pas dire cela
son corps pour la payer ; et le millionnaire a reçu l'écrit !
LE QUAKER
misère î misère sublime !