‹ Chatterton: drameChapitre 74 sur 80 · DD DRAME · texte numérisé non relu

DD DRAME

tableaux do la Charité ; sans effort elle est posée comme elles ; comme elles aassi, elle porte, elle emmène , elle assied ses enfans , qui ne semblent jamais pouvoir être séparés de leur gracieuse mère ; offrant ainsi aux peintres des groupes dignes de leur* étude, et qui ne sem* blent pas étudiés. Ici sa voix est tendre jusque dans la douleur et le désespoir ; sa parole lente et mélancolique est celle de Tabandon et de la pitié; ses gestes, ceux de la dévotion bienfaisante ; ses regards ne cessent de demander grâce au ciel pour l'infortune ; ses mains sont toujours prêtes à se croiser pour la prière; on sent que les élans de son cœur , contenus par le devoir , lui vont être mortels aussitôt que l'amour et la terreur l'auront vaincue. Bien n'est innocent et doux comme ses ruses et ses coquetteries naïves pour obtenir que le Quaker lui parle de Chatterton. Elle est bonne et modeste jusqu'à ce qu'elle soit surprenante d'énergie, de tragique grandeur et d'inspirations imprévues , quand l'effroi fait enfin sortir au dehors: tout le cœur d'une femme et d'une amante. Elle est poétique dans tous les détails de ce rôle qu'elle caresse avec amour, et dans son ensemble qu'elle parait avoir composé avec pré^i-

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lection , montrant enfin sur la scène française le talent le plus accompli dont le théâtre se puisse enorgueillir.

Ainsi ont été représentés les trois grands caractères sur lesquels repose le drame. Trois autres personnages , dont les premiers sont les TÎctimes , ont été rendus avec une rare vérité. John Bell est bien l'égoïste , le calculateur bourru ; bas avec les grand^ , insolent avec les petits. Le lord-maire est bien le protecteur empesé, sot, confiant en lui-même, et ces deux rdles sont largement joué^. Lord Talbot , bruyant, insupportable et obligeant sans bouté, a été représenté avec élégance ainsi que ses amis in^portuns.

J'avais désiré et j'ai obtenu que oet ensemble offrit l'aspect sévère et simple d*un tableau flamand y et j'ai pu ainsi faire sortir quelques vé* rites morales du sein d'une famiUe grave et honnête ; agiter une question sociale , et en faire découler les idées de ces lèvres qui doivent les trouver sans effort, les faisant naitre du sentiment profond de leur position dans la vie.

Cette porte est ouverte à présent , et le peuple le plua impatient a écouté les plus long« développemens philosophiques et lyriques.

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