AS WROTEN BIE THE GODE PRIES TE
THOMAS ROWLET, 1464.
In yirgyne ihe sweltrie sun gan sheene , And hotte upon the mees did caste his raie ; The appe rodded from its pâlie greene , And the mole peare did hende the leafy spraiee ; The peede chelandri sung the livelong daie :
'T was nowe the pride, the manhode of the yeare, And eke the grounde was dighte in its mose defte aumere. The sun was glemeing in the midde of daie ; Deadde still the aire , and eke the welken blue, When from the sea arist in drear arraie A hepe of cloudes of sable sullen hue , The which full fast unto the woodlande drewe , Hiltring attenes the sunnis fetive face , And the blacke tempeste swolne and gathered up apace.
Beneathe an holme , faste by a pathwaie side , Which dide unto seyncte Godwine's covent lede , A happless pilgrim moneynge did abide , Pore in his ^iewe , ungentle in his weede , Longe bretful of the miseries of neede.
Where from the hail-stone coulde the aimer flic ? He had no housen theere, ne anie coyent nie.
Look in his glommed face , his sprighte there scanne ; Howe woe-be-gone , how withered , forwynd , deade ! Haste to thie church-glebe-house , asshrewed manne ! Haste to thie kiste, thie onlie dortoure bedde. Cale , as the claie whiche will gre on thie hedde y Is Gharitie and Loto aminge highe elves ; Knightis and Barrons Htc for pleasure and themselves.
The gathered storme is rype ; the bigge drops falle ; The forswat meadowes smethe , and drenche the raine ; The comyng ghastness do the cattle pall, And the fuU flockes are drivynge ore the plaine ; Dashde from the cloudes the waters flott a gaine ; The welkin opes ; the yellow leyynne Aies ; And the hot fierie smothe in the wide lowings dies.
Liste ! now the thunder 's rattling clymmynge sound GheTes slowlie on , and then emboilen clangs , Shake the hie spyre, and lofft, dispended, droinrn'd, Still on the gallard eare of terroure hanges ; The windes are up ; the lofty elmen swanges ; Again the lerynne and the thunder poures , And the fuli cloudes are braste attenes in stonen showers.
Spurreynge his palfrie oere the watrie plaine , The Abbote of Seyncte Godwynes convente came ^ His chapournette inras drented iivith the reine f And his pencte gyrdle met with mickle shame ; He aynewarde tolde his bederoll at the same ; The storme encreasen , and he drew aside , With the mist aimes crayer neere to the holme to bide. His cope was ail of Lyncolne clothe so fyne , With a gold button fasten'd neere his chynne ; His autremete was edged with golden twynne ,
182 SUB LIS 0IDVII9
ÂQd his shoone pyke a loTerds mighte hâve binne ;
Fuli well it shewn he thoughten coste no sinaè ;
The trammeU of the palfrye pleasde his aighte ,
For the horse-miilanare his head with roses dighte.
An aknes, sir prieste ! the droppynge pilgrim saide ,
! let me waite within your coTente dore y
Till the sunne sheneth hie' above our heade ,
And the loude tempeste of the aire is oer;
Helpless and ould am I , alas ! and poor ;
No house , ne friend , ne moneie in my pouche ;
AU yatte I call my owne is this my silver crouche. Yarlety replyd the Abbatte, cease your dinne;
This is no season aimes and prayes to give;
Mie porter never lets in faitour in ;
None touche mie rynge who not in honour live.
And now the sonne with the blacke cloudes did stryve ^
And shettynge on the grounde his glarrie raie ,
The abbatte spurrde his steede, and eftsoones roaddc awaie.
Once moe the skie was blacke^ the thounder rolde ;
Faste reyneynge oer the plaine a prieste waa seen;
Ne dighte full proude , ne buttoned in golde ;
His cope and jape yrere graie, and eke were clene; A Limitoure he was of order seene ; And from the pathwaie side then turned hee , Where the pore aimer laie binethe the holmen tree. An aimes , sir priest ! the droppynge pilgrim saide , For sweete Seyncte Marie and your order sake. The Limitoure then loosen'd his pouche threade, And did thereoute a groate of siher take ; The mister pilgrim dyd for halline shake.
Dl CgATTIBTOH. I
Bere take thit ailiar, It maie eathe thie core ; We aie Gaddei itewaids ail, nele of oure owne ne bi
But ah ! unbailie pilgrim , lerne of me , Scathe anie giie a rentroUe to thier Locde.
Hère take my aemecope, thou arte bace I aee ; Ta ihyue ; the Sejnctes will gtTe me mie rewarde. He led the pilgrim , and his waie aborde.
VirgjDne and hallie Seyncle, who tiUe yn gloure, Or give the mitlee will, or gite the gode man potve
184 SDR LES OEUVRES
£'txcdimU 0aiiah ht Cl)itrtti^
COHHS ELLE FCT ÉCRITE PAR LS BOIC PRETRE
THOMAS ROWLET.
C'était le mois de la vierge , lorsque ie soleil lançait ses rayons déTorans et les faisait briller sur les prairies échauffées. La pomme quittait son vert pâle et rougissait, et la molle poire faisait plier la branche touffue. Le chardonneret chantait tout le long du jour; c'était alors la gloire et la virilité de Tannée, et la terre était vêtue de sa plus belle parure de gazon. Le soleil était rayonnant au milieu du jour , l'air calme et mort , le ciel tout bleu. Et voilà qu'il se lève sur la mer un amas de nuages d'une couleur noire, qui s'avancent au-dessus des bois en cachant le front éclatant du soleil. La noire tempête s'enfle , et s'étend à tire d'aile.
Sous un chêne planté près du chemin qui conduit au couvent de Saint-Godwin , s'est arrêté un triste pèlerin, pauvre d'aspect, pauvre d'habits, depuis long-temps plein de
misères et de besoins. Où poarra-t-il s'enfuir et se mettre à Tabrî de la grêle ? Il n'y a près de là ni maison ni couvent.
Sa figure pâle atteste les craintes de son ame; il est misérable , désolé, à demi-mort. Il s'avance vers le dernier lit du dortoir , vers la fosse, aussi froid que la terre qui couvrira sa tète. La charité et l'amour se trouvent-ils parmi les puissans du monde, les chevaliers. et les barons, qui vivent pour le plaisir et pour euxmêmes?
La tempête qui se préparait est mûre; de larges gouttes tombent déjà ; les prairies brûlées boivent la pluie avec ardeur et remplissent l'air de vapeurs. L'orage prochain effraie les trou* peaux , qui s'enfuient dans la plaine. La pluie tombe par torrens des nuages. Le ciel s'ouvre^ le jaune éclair brille , et les vapeurs enflammées vont mourir au loin.
Écoutez! à présent résonne le roulement du tonnerre : il s'avance lentement et semble s'accroitre, il ébranle le clocher, dont l'aiguille se balance là-bas , puis il diminue et se perd toutà-fait. Cependant l'oreille effrayée l'écoute encore. Les vents se lèvent tous ; l'orme baisse la tète; l'éclair brille de nouveau , et le tonnerre
186 »UR LES 0CUVRE8
éclate; les nuages gonflés s'ouvrent et lancent à la fois une grêle de pierres.
Monté sur son palefroi, l'abbé de Saint* Godwin se dirige vers le couvent , à travers la plaine humide et ruisselante. Son petit chaperon est percé par la pluie, et sa ceinture peinte est très endommagée. Il dit son chapelet a rebours, ce qui montre son déplaisir; Torage «'accroît ; il cherche un abri près du chêne où le malheureux s'était réfugié. Son manteau est du plus beau drap de Lyncolne , attaché sous le menton par un bouton d'or; sa robe blanche ornée de franges d'or, ses souliers relevés comme ceux d'un seigneur, montrent bien qu'il ne considère pas la richesse comme un péché. Les beaux harnais lui plaisent, ainsi que les ornemens de la tête de son cheval.
-^ La charité, seigneur prêtre! dit le malheureux pèlerin épuisé; permettei-moi d'entrer dans votre couvent jusqu'à ce que le soleil vienne luire sur nos têtes , et que la bruyante tempête de l'air soit passée. Je suis vieux, pauvre et sans secours; je n'ai ni maison, ni ami, ni bourse; tout mon bien est ce crucifix d'argent.
— Tais-toi , misérable ! dit l'abbé , ce n'est
BE CHATTERTOIf. 187-
pas le temps de demander l'aumône ou des prières : mon portier ne laisse jamais entrer les Vagabonds; je ne reçois que celui qui vit honorablement.
Le soleil en ce moment luttait contre les sombres nuages , et lançait un de ses rayons les plus brillans; l'abbé pique son coursier et disparaît bientôt.
Encore une fois le ciel se couvre de lourdes nuées; le tonnerre gronde. On voit un prêtre qui traverse la plaine : l'habillement de celui-là n'avait rien de brillant, et n'avait point de bouton d'or ; son capuchon et son petit manteau étaient gris , maïs très propres ; c'était un moine des ordres mendians. Se détournant du grand chemin , il se dirige vers le chêne où le pauvre s'est abrité.
— La charité, sire prêtre! dit le pèlerin exténué , pour l'amour de sainte Marie et celui de votre ordre. Le moine alors détache sa bourse et en tire un groat ' d'argent. Le pauvre pèlerin tremble de joie.
— Tiens , prends cet argent ; il pourra te soulager, malheureux pèlerin; nous ne sommes
* Quatre /je»c&.
188 SUR LES OECVRES
tous que les întendans du Ciel, et nou» n'avons rien qui nous appartienne réellement.
Mais apprends de moi que nous rendons bien rarement un compte fidèle à notre Seigneur.
Allons , prends mon manteau ; tu es presque nu , à ce que je vois ; il est a toi. Les saints sauront bien m*en dédommager.
Il quitte le pèlerin et poursuit son cbemin.
— Vierge , et vous tous saints qui vivez en gloire , donnez la bonne volonté au ricbe ou la subsistance au pauvre.
Il faut se garder de juger Chatterton sur cette ballade , et cette ballade sur une impar> faite traduction. Mais ce sera en étudiant toutes ses œuvres, qui méritent un travail spécial et complet , que l'on appréciera la beauté simple des conceptions , la fraîcheur et la vérité des couleurs , et la finesse de l'exécution , où rien n'est négligé dans la science du détail , et où brillent toutes les richesses du rhythme et de la rime. On verra, en apprenant ce langage renouvelé, de quelle force de tète était doué le
jeune Anjglais, et quelle devait être Finfortune qui a brisé de si hautes facultés.
J'ai vu dans une ancienne église , en Normandie , une pierre tumulaire , posée en expiation , par ordre du pape Léon X , sur le corps d'un jeune homme mis à mort par erreur. Moins durable sans doute que cette pierre , puisse ce drame être, pour la mémoire du jeune poète, un livre expiatoire! Puissions-nous surtout, dans notre France , avoir une pitié qui ne soit pas stérile pour les hommes dont la destinée ressemble à celle de Chatterton , mort à dixhuit ans.
Mars 1835.
TABI.E.
Db&iiibke nuit de travail 1
Ghattertor 25
Personnages 26
Caractères et costumes 27