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cureurs — « d'argent, à un St Yves de sable, tenant de la main droite une bourse de même ».
Pourtant, dès la fin du xvrr* siècle, Lefèvre d’'Ormesson tire la sonnette d'alarme. D'après lui, Chaudes-Aigues ne doit son titre de « ville » qu’à ses franchises et à ses remparts médiévaux; sa situation économique générale est si médiocre qu'il se déclare impuissant à assurer son redressement. Les terres ne produisent que du « bled seigle », du «bled sarrazin » et du fourrage, les chemins sont mal entretenus et ravinés par les eaux, les moulins à vent absents, les eaux chaudes « ny sy hantez (sic), ny sy efficaces que celles du Mon d’or ». Au xvirr* siècle, elles semblent avoir perdu leur renom. Le chanoiïne Audigier déplore, en 1768, qu'on ait comblé les bains publics « n'ayant point d'années qui ne fut funeste à quelque enfant qui s’y noyait »; on ne peut prendre les eaux que chez trois apothicaires de la ville.
Les efforts tardifs des ingénieurs des routes et les crédits trop réduits accordés par les contrôleurs des finances n'ont pas permis d'effectuer tous les grands travaux nécessaires à l'élargissement de la trouée de Saint-Flour au Rouergue et à son prolongement au-delà de Lacalm. Le Caldaguès reste un cul-de-sac. Pourtant le pont de Lanau, emporté par une crue en 1710, a été reconstruit quinze ans plus tard. Mais les ateliers de charité, fondés en 1685 par Louis XIV afin de lutter contre la mendicité, travaillent essentiellement dans la montée du faubourg de Saint-Flour à la ville haute. L'’ingénieur Mauricet écrit en 1773 : « On a travaillé en 1771 et 1772 au tracé du chemin de Chaudesaigues que l'on a toujours regardé comme intéressant. On en a commencé l'ouverture aux abords de Saint-Flour et elle doit se continuer successivement jusqu'à Lacalm. Les ouvrages à faire sur cette route à prix d'argent demandent beaucoup de temps pour l'exécution. Les paroisses pourront y être employées désormais assidument ». Le tracé prévu à travers Chaudes-Aiïgues nécessite la destruction de plusieurs maisons. Aussi, en 1780, les habitants s’adressent à M. de Chazerat, l’intendant, et proposent une percée moins onéreuse par « la place. pour aboutir aux faubourg delaire (sic) ».
Deux coups funestes sont portés à la vie économique du Caldaguès : d'une part, en 1645, l'abandon, faute d'entretien, de la route de poste Lyon-Toulouse qui passait par Craponne, Saint-Flour, Chaudes-Aïgues et Rodez, avec relais à Lanau et à Lacalm; d'autre part, la création par Colbert d'une chambre à sel dans la ville. Celle-ci paraît si fatale au commerce des fromages et du bétail, sources indispensables de revenus, que l’intendant de Marle demande au ministre sa suppression, en 1678, car « la quantité de muletiers qui venaient es-villes de Murat, Saint-Flour, Chaudesaigues enlever les fromages ne viennent plus parce que les habitants qui leur prenaient leur sel. ne songent plus à en faire provision qui leur serait à charge ». Colbert rejettera sans ménagements ces « arguments de
marchands qui ne sont jamais safisfaits ». Alors s'organise la contre-
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bande du sel, malgré la répression impitoyable exercée par les « gabelous » ou officiers des gabelles. Des troupes de « faux-saulniers » passent le sel en fraude du nord au sud de l’Allagnon, l’entreposent dans des caches comme ces fameuses grottes de la côte de Lanau, les « fours de cluzel », surnommées à tort « grottes des faux-monnayeurs », alors qu'on les avait baptisées « grottes des faux-saulniers ». Par Saint-Urcize ou le pont de Tréboul, ces contrebandiers gagnent le Rouergue. Leur passage à une lieue de la ville est signalé à l’intendant au cours de l'été 1762 par le subdélégue Podevigne de Bouchôâtel.
La situation économique sera aussi tributaire des mauvaises récoltes des années 1693, 1698 et 1708, des disettes de 1694 et 1709 et de l'épidémie de 1692. Le résultat est une émigration fluctuante ou saisonnière, en particulier vers l'Espagne, que d’Ormesson a déjà constatée en 1697. Les migrants se font alors porteurs d’eau, faucheurs, moiïissonneurs, maçons, chaudronniers, scieurs de long, et vont chercher ailleurs des ressources que « l’industrie » du Caldaguès
ne leur apporte plus.
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LA COMMUNAUTÉ DES MARCHANDS d'azur à un lion d'argent et au chef de gueules, chargé de 3 fleurs de 1ys.