UN PARI SUR L'AVENIR
Le jeune et dynamique maire que la commune s'est donné en 1953, en la personne de P. Raynal, a vite compris que Chaudes-Aigues s’'acheminait vers un déclin démographique et économique inexorable si elle se contentait de rester le médiocre chef-lieu d’un canton à vocation essentiellement rurale. Il va donc axer la politique communale vers le développement du thermalisme et du tourisme, seuls capables de vivifier les activités commerciales et artisanales et de fixer la population. Les conseillers municipaux sont convaincus sans difficulté; les Chaudesaiguoiïis dans leur grande majorité acquiescent; les appuis et les subventions ne manqueront pas, surtout quand le maire deviendra député. En une vingtaine d’années, Chaudes-Aigues va se doter de structures thermales dignes de la qualité incomparable de ses eaux.
« La Société thermale de Chaudes-Aigues »
et la construction des nouveaux thermes
Pour sensibiliser les habitants et les associer à l'effort de rénovation et d'équipement nécessaires à la réussite d’un ambitieux dessein, il crée d’abord « la société pour le développement de la station thermale de Chaudes-Aigues », dont la première assemblée consultative se tient le 16 novembre 1954 dans les salons de l'hôtel du Midi. Le problème crucial est l'extension de l'établissement Febvret-Virolleau dont les installations vieillies et les possibilités d’accueil restreintes freinent l'essor du thermalisme et ne paraissent plus à la mesure d’un projet vital. Trois ans de mâturation aboutiront finalement à un vote du conseil municipal qui, le 4 septembre 1957, approuve la constitution d’une société d'économie mixte destinée à prendre en charge l'extension, la modernisation, l'entretien et la gestion des « Thermes du Par ». Cette dernière est agréée après de laborieuses négociations engagées d’une part entre le ministre de l'intérieur et le ministre des finances, d'autre part entre l’administration et les propriétaires de l'établissement en place. Le 30 août 1962, les statuts de « la société thermale de Chaudes-Aigues » sont déposés par le Docteur P. Raynal chez Maître Barbès, notaire : c'est une société d'économie mixte formée entre les propriétaires de l'établissement thermal, — les consorts Febvret-Virolleau —, la commune de Chaudes-Aiïgues, le département du Cantal, et les propriétaires d'actions à créer ultérieurement, au capital social fixé à 1.251.000 F et divisé en 6.250 actions de 200 F. Madame Virolleau et les héritiers Febvret apportent les immeubles, le fonds de commerce, le matériel, le mobilier et l'outillage servant à l'exploitation, le tout évalué à 600.000 F, soit l'équivalent de 3.000 actions. La commune fournit les deux tiers des eaux du Par, contribution en nature estimée à 105.000 F, représentant 525 actions. La nouvelle société sera administrée par un conseil composé de 3 à 12 membres, en principe 5 délégués de la commune, 2 du département et les autres nommés pour six ans par l'assemblée générale. Grâce à une participation majoritaire, commune et département auront la haute main sur la gestion de l'établissement thermal. Le 26 novembre, se tient la première assemblée générale constitutive. Le Docteur Raynal, cheville ouvrière de cette société, devient son président-fondateur.
Les plans et devis du nouvel établissement de baïns sont établis par le cabinet Terrisse d’Aurillac; les travaux adjugés pour la plupart à des entreprises locales commencent le dernier jour de la saison thermale 1963 et sont exécutés en huit mois, un temps record. Comme prévu, les curistes peuvent tester les installations neuves dès le 1% mai 1964. L’économiste A. Cerf n'hésitera pas à écrire dans « la vie française » que les thermes de Chaudes-Aigues sont devenus désormais « les plus modernes de France ». Ils ont coûté 2.200.000 F, financés par le fonds de développement économique et social, par la caisse des dépôts et consignations et par les actionnaires de la société thermale.
Georges Pompidou, 1* ministre, inaugure l'établissement thermal
L'établissement thermal est inauguré en grande pompe, le 19 juin 1964, par Georges Pompidou; alors premier ministre. En ce vendredi matin, sur le vaste parking et devant la façade sobre et solide, dans la meilleure tradition du pays, la clique de « l'éveil thermal », le directeur de l'établissement M. Gauthier, le person:nel en tenue de travail et les curistes forment une haie d'honneur. Bientôt, trois hélicoptères sortent de la brume et atterrissent sur le plateau de Ladinhac. Quelques instants plus tard, le premier ministre apparaît devant les thermes, accompagné de MM. Marcellin, ministre de la santé publique, Maziol, ministre de la construction, O. Guichard, délégué à l'aménagement du territoire, Ravanel, commissaire général au tourisme, des généraux commandant la VIII: région militaire et la VIII: légion de gendarmerie et d’autres personnalités d'importance. Ils sont accueillis par le maire et le conseil municipal de Chaudes-Aigues, la plupart des conseillers généraux, les sous-préfets et le secrétaire général de la préfecture ainsi que tous les maïires du canton. Puis le cortège officiel pénètre dans le nouvel établissement. Dans le hall, Georges Pompidou dévoile une plaque qui rappellera la date de l'inauguration et les noms des personnalités qui l'ont présidée. C’est ensuite de couloir en couloir, de salle en salle, la découverte d'une installation thermale complète et rutilante vingt-quatre étuves, cent une couchettes de sudation avec air conditionné, seize douches, vingt baïgnoires avec lits de repos, une piscine de marche et de rééducation, deux salles de massage sous l’eau, mais aussi des équipements destinés à une thérapeutique plus ou moins spécialisée, — baignoires de bains bouillonnants, douches sous-marines, quatre postes pour les traitements oto-rhino-laryngologiques; en sus cinquante-six chambres de catégorie deux étoiles A et, dans les annexes du « Castel » et du « Ban », vingt-quatre classées « hôtel de préfecture »; sans parler de l'ascenseur, de la cafeteria, du salon de télévision et de la salle de lecture et de jeux. Au premier étage, Georges Pompidou signe le livre d'or, écoute attentivement l’allocution prononcée par le Docteur Raynal et répond chaleureusement en annonçant entre autres une excellente nouvelle : un prêt de 1.000.000 F à 3 % d'intérêts consenti vingt-quatre heures plus tôt à la commune. Cette visite du premier ministre aura une autre conséquence heureuse pour Chaudes-Aigues : candidat à la députation dans la circonscription de Saint-Flour en juin 1968, Georges Pompidou « en réserve de la République » choisira le Docteur Raynal comme suppléant, point de départ pour ce dernier d’une longue carrière politique au service de ses compatriotes. Appuis, crédits, subventions ne manqueront pas alors au premier citoyen de la commurne pour continuer à réaliser un programme ambitieux capable de hisser la ville au rang de station thermale de classe. Chaudes-Aigues va bénéficier aussi du plan de relance du thermalisme en Auvergne auquel le conseil régional a décidé de consacrer 20.000.000 en qua-
tre ans, de 1979 à 1982. Ainsi, avant l'ouverture de l'établissement thermal le 1* mai 1980, d’autres travaux importants ont permis d’accroître le confort et la qualité de l’accueil des curistes et de moderniser dix-sept salles de bains équipées de baïgnoires perfectionnées avec insufflation d’air et massages par jets sous-marins. D'autre part, le député-maire de Chaudes-Aigues et les conseillers municipaux envisagent sérieusement, dans un avenir proche, la construction d’un hôtel intégré aux thermes qui porterait le nombre de chambres à une centaine.
La crénothérapie
La crénothérapie, — c'est ainsi qu’on nomme aujourd'hui ce véritable « médicament écologique » consistant à traiter certaines maladies par les eaux minérales naturelles —, telle qu'elle est pratiquée à Chaudes-Aigues, se veuti d’abord préventive, partant du principe que « mieux vaut prévenir que guérir ». Elle contribue ainsi à faire baisser le coût des dépenses de santé et l’absentéisme au travail. Sur les affections chroniques, elle exerce son action curative et sa fonction de réadaptation. Sont traitées aujourd’hui en priorité toutes les formes de rhumatismes, les sciatiques, les coxarthroses, les périarthrites de l'épaule, les spondylarthrites, la goutte et les séquelles de fractures. Les soins annexes concernent la gynécologie, — métrites, salpingites —, la cellulite pelvienne, l’otorhino-laryngologie, — sinusites, rhinopharyngites. Selon la nature de leur affection, les malades se verront appliquer des techniques de cure ultra-modernes, dans des salles claires, à air conditionné : douches locales ou générales, en jet ou en pluie; douches spinales; étuves où une véritable nébulisation d'eau thermale de 48 à 54° provoque une intense élimination par sudation; bains simples ou bouillonnants, associés ou non à la douche sous-marine ou vaginale; rééducation en piscine; massages à sec ou sous l’eau; inhalations… Trois médecins, dont un rhumatologue, prescrivent les traitements et assurent la surveillance des curistes. Le personnel soignant est composé de vingt-huit personnes qualifiées, dont une infirmière, et quatre kinésithérapeutes. La saison s'ouvre le 1% mai et s’achève le 15 octobre, la durée normale d’une cure étant de vingt et un jours.
Certes, la crénothérapie, à Chaudes-Aigues comme ailleurs, connaît ses limites et n’a pas l’outrecuidance de vouloir totalement remplacer la médication chimique et la chirurgie. Mais elle prétend accomplir sa mission bienfaisante, autrement dit être, selon le titre d'un livre récemment écrit par le professeur Louvrel « La nature médicatrice en renfort de la médecine ».
Du thermalisme à la géothermie
En 1891, le maire Roussilhe reconnaissait que les eaux thermales de Chaudes-Aigues étaient mal exploitées. Selon lui, celles du Par perdaient environ 10° avant d'arriver au bassin de distribution éta-
bli à l'extrémité de la place du Marché. Il évoquait la nécessité « d’un piston» pour que les habitants ne pussent s’en servir à volonté. Certaines sources particulières « tombaïent sur la voie publique » après avoir chauffé quelques maisons, aussi évaluait-il à plus de 3.500 hl par jour l’eau chaude ainsi perdue, soit la moitié environ de leur débit total. Ce Monsieur jouait le rôle d’un « anti-gaspi » précurseur qu'on n'écouta pas dans l'immédiat.
Pour éviter ces pertes d'énergie considérables, il fallut patienter longtemps. De nos jours, les fontaines publiques ont cessé de couler à jet continu et de s’empanacher d’un coûteux nuage blanc grâce à l'installation de robinets à pression. Afin de limiter la déperdition de chaleur, l’archaïque réseau de distribution, source perpétuelle d'ennuis, a été remplacé, en 1956, par un système de tuyauterie en acier calorifugée. Enfin, un recaptage de la source du Ban a sérieusement augmenté le débit en eaux chaudes de l'aire d'émergence de Chaudes-Aiïgues. Cette source alimentant l'établissement thermal donnait des signes évidents de vieillissement, tandis que ses deux satellites — Lestende 1 et 2 — étaient peu sollicitées, bien que l’une d'elles alimentât le lavoir public. Besoins accrus et captages défectueux se conjuguèrent donc pour inciter, dès 1971, la municipalité de Chaudes-Aigues à solliciter l’autorisation d'effectuer un forage profond destiné à récupérer et à rassembler toutes les eaux émergeant dans cette zone bien délimitée. Cette même année, des géologues et hydrologues spécialisés dans l'interprétation des photos aériennes et l'étude des eaux thermominérales commencèrent les travaux préparatoires. Entre les 18 janvier et 8 février 1974, le recaptage, assuré par le B.R.G.M. fit montrer d’une profondeur de 64,50 m une eau à 76° c — contre 54° auparavant — et d’un débit de 90 1/mn — au lieu de 20 1l/mn — mise à la totale disposition de l'établissement thermal. Actuellement, une trentaine de sources débitent à Chaudes- Aigues 750.000 1 par jour d'eaux minérales à températures comprises entre 45 et 80 ©, dont 450.000 1 par la seule source du Par. Grâce à cet apport énergétique naturel, la ville a pu dépasser le simple stade du thermalisme pour accéder à celui d’une géothermie bien particulière.
Utiliser comme source d'énergie la chaleur contenue dans le sous-sol, c'est le principe de cette science encore expérimentale. A ce titre, on peut dire que Chaudes-Aigues a fait de la géothermie sans le savoir puisque, depuis les temps les plus reculées, elle s’est servie de l’eau issue des profondeurs de la terre pour chauffer ses habitations. Le développement de cette science lui ouvrirait-elle un avenir radieux ? La prudence est de rigueur. Les études faites jusqu'ici ont abouti à des conclusions plutôt pessimistes quant à l’utilisation de ses eaux thermominérales dans une perspective industrielle. Alors qu'à Lorderello, en Italie, on produit 350.000 kw/h d’électricité avec la chaleur captée dans le sous-sol, qu’à Reykjavik, en Islande, on chauffe des serres par le même procédé, à Chaudes-
Aigues les eaux ne sont pas suffisamment chaudes pour être utilisées telles quelles et alimenter de véritables centrales thermiques ou fournir une source d'énergie suffisante à des industries. De plus, elles ne sauraient être employées sans épuration des sels dont elles sont chargées, mais perdraïient dans l'opération une partie de leurs calories et pollueraient l’atmosphère.
C'est pourquoi la géothermie n’a reçu pour l'instant que des applications pratiques strictement locales. Si le lavoir à eau chaude naturelle courante a disparu, victime des machines à laver, par contre plusieurs établissements publics sont chauffés par l'intermédiaire d'un échangeur de chaleur plongé dans une cuve alimentée en eau thermale. L'eau froide de la ville s'y échauffe jusqu’à 55° environ et circule ensuite dans les canalisations et radiateurs du chauffage central. Ainsi, l’eau du Par fournit les calories nécessaires au gigantesque ballon d’eau du collège nationalisé. De même, le trop-plein de cette source, mélangé à l’eau chaude de celle dite « de l’hospice », tempère l’eau de la piscine découverte jusqu’à 27° en moyenne. L'établissement thermal, si le besoin s’en fait sentir, et l’hôpitalhospice bénéficient du même système de chauffage.
Enfin, la goéthermie va trouver à Chaudes-Aïgues son application la plus typique dans l'installation et la mise en route d’une micro-centrale électrique actuellement en construction au-dessus du Remontalou. 15,5 m°/ h d’eau du Par à 80° seront transformés en vapeur dans un évaporateur. Celle-ci sous pression fera tourner une turbine entraînant un générateur électrique. 80 m°/h d’eau froide prélevée sur le Remontalou alimenteront le condensateur. On escompte produire par ce moyen 20 kw/h d'électricité. Opération intéressante qui n'ira pas sans quelques inconvénients : l’eau du Par utilisée pour le chauffage des maisons et par l'échangeur du collège ne sera plus qu’à 60° de température à la sortie de l’évaporateur. Il faudra donc améliorer d’une part le calorifugeage des conduites, d'autre part la qualité de l'échangeur. Maïs on n’a rien sans rien, et l'expérience vaut la peine d'être tentée. Elle débouchera peut-être sur des horizons nouveaux et insoupçonnables.
Chaudes-Aigues au présent et au futur immédiat
Le pari audacieux que le député-maire et tous ceux qui l'ont soutenu ont fait sur l’avenir de la commune n'est peut-être pas totalement gagné en ce qui concerne la campagne, mais il l’est sûrement et définitivement pour ce qui regarde la station thermale elle-même.
Certes, il n’est pas question, du moins pour l'instant, que la coquette ville d’eau retrouve la prospérité commerciale et industrielle du milieu des XIII° et XIVE siècles. Certes, avec son millier d'habitants agglomérés au chef-lieu, Chaudes-Aïgues reste pendant six mois une petite bourgade que l'exode rural saignant son canton
a frappé de plein fouet : son marché n'est guère plus qu'un souvenir et ses foires ont perdu leur lustre d'antan.
Mais à certains signes de bon augure, on constate un regain de vitalité, même pendant la saison creuse. L'extension de l'établissement thermal, la croissance vigoureuse de la capacité d'accueil en hôtels, en meublés ou en village de vacances, une politique intelligente de l’environnement et des loisirs ont donné des résultats encourageants. En 1964, année de l'inauguration, les thermes ont traité 1457 curistes, soit trois fois plus qu’en 1950. Le record a été battu en 1968 avec 2015 malades. Si la récession, qui a touché toutes les stations thermales d'Auvergne, a fait baisser quelque peu ce chiffre, il a atteint 1945 en 1979 et 1788 en 1980, avec un maximum en mai et juin, car le gros contingent de « baïgneurs » est fourni par les assurés sociaux. Ainsi, Chaudes-Aigues figure parmi les villes d’eau qui ont le moins souffert de la crise économique et des restrictions apportées au remboursement des cures par plafonnement des ressources.
Si la commune a perdu 100 habitants entre 1962 et 1968, sa population tombant de 1218 à 1114, le recensement de 1975 a révélé un gain de 43 qui n’est pas négligeable, même si elle le doit davantage à des créations d'emplois qu'à un excédent du taux de natalité. Si elle a dû laisser fermer son bureau de l'enregistrement transféré à Saint-Flour, elle a conservé un ensemble de services assez complets : municipaux d’abord, — deux secrétaires de mairie, un gardechampêtre, quatre employés, un centre de secours équipé d’un matériel sophistiqué, un véhicule moderne d'enlèvement des ordures, des écoles publiques, un établissement hospitalier, un club du 3° âge —,; d'état ensuite, — une brigade de gendarmerie, une perception, un point de stationnement des engins de déneigement et trois conducteurs de travaux, un collège mixte, une assistante sociale, un centre local automatisé de télécommunications, une recetteposte de plein exercice, deux agents techniques des eaux et forêts; privés enfin, — une étude de notaire, un office d’huissier, une succursale du Crédit Agricole, une école primaire et un collège libres, trois médecins, un pharmacien, neuf infirmières, une coopérative d'utilisation du matériel agricole, un syndicat intercommunal d'électrification et un autre à vocation multiple —; sans compter 45 hôteliers, commerçants ou artisans et deux entreprises de maçonnerie employant une cinquantaine d'ouvriers. L'’approvisionnement est largement assuré avec des produits venus surtout d’Aurillac, de Saint- Flour, de Clermont-Ferrand, de Saint-Chély et de Rodez.
Et puis le joli mois de mai apporte son perpétuel renouveau : curistes et touristes, amateurs de pêche et de nautisme, amoureux de la nature affluent et donnent à Chaudes-Aigues le visage d’une ville de province animée, grouillante de vie. Selon les statistiques publiées par l'office du tourisme, 11.000 personnes ont séjourné
mn SRE
dans la commune au cours de la saison 1980, sans compter les adeptes du camping-caravaning.
La signature d’une « contrat de pays » a permis de programmer l'utilisation de prêts à taux préférentiels. Le conseil régional d’Auvergne en a adopté les modalités en janvier 1979. Son but est de développer l'emploi, de maintenir les services publics indispensables dans les bourgs et villages du Caldaguès, de donner un coup de fouet à l'économie du « pays ». 5.500.000 F de travaux pourront ainsi être réalisés dont Chaudes-Aigues aura sa part. La ville a déjà entrepris la démolition de maisons vétustes à l'entrée nord de la rue Saint-Julien pour y édifier un centre de secours avec garages, réserve, atelier de stockage et logement du gardien. Par dessus, une salle polyvalente de 450 places, réservée aux spectacles et aux loisirs, d’une surface de 320 m° et agrémentée d’un balcon de 86 m° autorisera la programmation d’une animation de qualité, hiver comme été. Annexé au terrain de camping municipal, un pavillon fonctionnel aux lignes modernes a été mis en chantier. Il abritera un bureau d'’accueil, une salle d'attente et deux pièces équipées de jeux. Tous ces travaux réalisés dans le cadre du « contact de pays » seront achevés au cours de cette année 1981. Ajoutons à ces perspectives d'avenir proche le projet déjà mentionné d’un accroissement de la capacité hôtelière des « Thermes », malgré certaines réticences qui peuvent se comprendre des hôteliers de la ville. De plus, la loi de réforme des finances locales, qui favorisera les soixante stations thermales de France en leur attribuant 10 % du budget alloué aux quelque mille stations dites touristiques, ne fera qu'inciter la commune de Chaudes-Aigues à aller de l'avant.
Quelques ombres sur ce tableau flatteur
Quelques ombres voïlent encore ce lumineux tableau, certaines inéluctablement liées à la situation excentrée de Chaudes-Aigues et à sa faible population indigène, pour lesquelles il n'existe pas de solution envisageable à court terme; d’autres temporaires, qui seront résolues progressivement. Parmi les premières, l'éloignement des grands centres : Clermont-Ferrand, la métropole la plus proche, et ses universités se situent à 135 km; Aurillac, le chef-lieu du Cantal, n’apparaît qu’au bout d’un parcours de 80 km sur une route sinueuse; les établissements du second cycle publics ou privés, les hôpitaux, la maternité, la gare nécessitent des déplacements de 30 km minimum, si on va les chercher à Saint-Flour. L'avenir industriel de la bourgade — mis à part le thermalisme et le tourisme — semble au point mort. Les tentatives d'exploitation vers 1950 des feldspaths du Caldaguès se sont soldées par des échecs. Les projets d'extraction de gneiïiss à sillimanite nécessaires à la fabrication de certains produits réfractaires n'ont pas eu de suite; et le sous-sol n’a révélé que des indices d’uranium.
Par contre, d’autres points noirs seront vraisemblablement gommés à plus ou moins long terme : l’étroitesse du pont de Lanau, la malencontreuse perte de la source ferrugineuse de la Condamine qu’il faudrait recapter, la présence trop voyante, près du square, des ruines lépreuses de l’ancien moulin Alhinc incendié, les problèmes financiers soulevés par une publicité qui toucherait un public toujours plus vaste en France et à l'étranger. Signalons à ce propos l'effort particulier de l'office du tourisme et de la direction de l'établissement thermal qui ont bien représenté la station au premier salon du thermalisme : « Les thermalies ». Sans aucun doute, le stand de Chaudes-Aigues, préparé avec goût et compétence par MM. Barthomeuf et Brousse, aura œuvré efficacement pour une meiïlleure connaissance de l'infrastructure de la ville, de son environnement et des vertus curatives de ses eaux chaudes incomparables.
Pierre CHASSANG.
Juillet 1981.
LA VILLE DE CHAUDES-AIGUES d'azur à montagne d'or d’un bouillon d'eaux fumantes d'argent surmontée de fleurs de lis d'orangers
en chef.
Bibliographie