S20 IP
L'épreuve du service courant, déjà faite sur les paquebots de la Cornpa^ie Fraissinet pour des chauffes modérées et très régulières, ne peut pas encore être considérée comme réalisée sur les bâtiments de guerre. Les chaudières de la Bombe seules comptent quelques années de service. Dans la visite faite en 1894, on a trouvé les tubes inférieurs cintrés, comme l'avaient été en 1891 ceux delà chaudière essayée à terre ; mais il n'était résulté de là aucun accident. Tous les tubes s'arquent en fuyant la flamme, suivant le principe de la figure 102. Les tubes ont de plus une tendance à s'user intérieurement près de l'emmanchement, comme rindique la figure 131; en deux ans, on a remplacé 70 tu-
bes des chaudières de la Bombes par suite de ce genre rig. 131 d'usure.
Le grave accident, qui a fait six victimes au cours des essais de recette du Jauréguiberrpj a rappelé d'une manière sinistre la surveillance particulièrement minutieuse des niveaux, qui est nécessaire, sur la chaudière D'AUest, en raison de la boîte à feu.
Un tube en fer mal soudé, ou même non soudé, qui avait subi cependant de sévères épreuves, s'est ouvert, dans la file verticale contiguë à la boite à feu, sur la dixième rangée horizoTitale à partir du haut. Comme on n'avait à ce moment, ni une combustion très active, ni une pression très élevée, l'occasion du coup de feu qui a provoqué l'accident était évidemment dans un abaissement anormal du niveau. Sans doute, le niveau n'était pas descendu jusqu'à la dixième rangée de tubes, loin de là; mais il suffisait que la circulation normale eut cessé dans le réservoir et que le retour de l'eau à la têtière arrière se fit par les tubes supérieurs, pour qu'il y eut stagnation, formation de chambres de vapeur, échauffement violent sur certaines rangées, parmi lesquelles celle qui contenait le tube défectueux.
112. — Chaudière Seaton (premier modèle). — La chaudière Seaton (fig. 13!2) présente de grandes analogies avec la chaudière D'AUest; les différences sont les suivantes :
Le faisceau de tubes est divisé en grands éléments, comprenant chacun quatre ou cinq files verticales de tubes horizontaux avec deux lames de tète et un réservoir cylindrique, et composant ainsi une sorte de chaudière D'AUest très amincie. Tous les collecteurs partiels sont réunis par un grand coUecteur transversal servant de coffre à vapeur commun.
La faible largeur des lames d'eau permet de se passer d'entreloises. Les tôles extérieures présentent des ondulations, qui leur tiennent lieu
d*armatures; ces tôles sont démontables, ce qui permet la suppression des petites portes de visite en face des tubes.
Le réservoir général de vapeur a l'inconvénient d'accroître notablement la hauteur de Tappareil.
Fig. 132
Fig. 132 ter
Fig. 132 bis
113. — Chaudière Babcock et Wilcox. — La chaudière Babcock et Wilcox est une des plus anciennes parmi les chaudières tubuleuses; elle est très répandue en Amérique, et présente un grand nombre de modèles variés. Elle a été presqu'uniquemenl employée à terre, jusqu'à présent, ce qui conduit à ne lui accorder ici qu'une assez brève mention. La figure 133 représente le modèle marin le plus récent, qui a été établi sur des cargos.
La circulation de Teau est à peu près celle des chaudières D'Allest, mais les lames têtières sont remplacées par une série de canaux rectangulaires en acier forgé, dont le profil vertical est sinueux, pour placer les tubes en quinconce et les faire contourner tous par les flammes; les deux rangées latérales de tubes, seules, sont disposées verticalement afin de protéger l'enveloppe.
Les flammes s'élèvent verticalement à travers le faisceau tubulaire. Les tubes des rangées inférieures, gros et espacés, laissent la combus-
lion s'achever; les tubes des rangées supérieures, petits et resserrés, dépouillent les gaz de leur chaleur. Un réchauffeur d'alimentation est placé à la base de la cheminée.
Chaudière Babcoek et Wilcox
Fig.: 183
Fig.|138 6is
La chaudière Babcoek et Wilcox a été installée sur les navires Nero et Hero de la ligne Wilson, sur trois bâtiments construits par MM. Doxford de Sunderland, enfin sur le navire français ï Algérie de 1.282 tonneaux. Elle n'a jamais été essayée qu'au tirage naturel à bord de ces bâtiments. En 1898, on a fait à terre un essai au tirage forcé en vase clos, sur un appareil du même type que celui de V Algérie^ dont les données sont les suivantes :
Surface de grilles G
Surface de chauffe S
Bapport ^
L'essai a duré 34 heures ; on brûlait du charbon de Pacahontas; les résultats ont été :
Pression d'air dans le cendrier 25°'°*,4
Tirage dans la cheminée 12°^,7
Tirage total 88""»,1
Vaporisation par mètre carré de surface de chauffe. 4t6^jS8 Vaporisation par kilogramme de charbon. ... 7 kîlog.
ce qui fait une évaporation de 8if,75, pour de l'eau prise chaude à 400**, et vaporisée à 100*.
Les applications à la marine de guerre de la chaudière BabcocketWilcox ont été limitées aux Torpedo-catcherSy Swordfish et Spitfire^ construits par la maison Mitchell et G^ d*Elswick.
114.— Chaudière Anderson et LyalL— La chaudière Andersen et Lyall, figure 134, est mi-partie tubuleuse et mi-partie tubulaire. Elle se compose en effet de deux parties distinctes. La partie inférieure est une sorte de chaudière Joessel, à tubes très largement espacés, que les flammes traversent sans se refroidir beaucoup, de manière à arriver à une combustion parfaite. La partie supérieure est une chaudière cylindrique complète, du modèle assez longtemps employé sur nos canots
Fig. 184
à vapeur, sous le nom de chaudière Bigot, dans laquelle les gaz achèvent de se dépouiller de leur vapeur. Des lames d'eau verticales réunissent les deux parties. Le modèle représenté figure 134 est à double façade.
M. Stromeyer, qui a expérimenté cet appareil, Ta trouvé supérieur à toutes les autres chaudières tubuleuses, sous le rapport du rendement calorifique. Il a calculé que le nombre de calories utilisées s'élève à 7.672, avec un combustible qui en donne 9.532, ce qui correspond à un rendement de 0,805. L'inconvénient de la chaudière Andersen et Lyall est dans son poids qui est de 6tz,36, eau comprise, par mètre carré de grilles. C'est à peu près le poids des chaudières type locomotive.
La hauteur totale est très grande, plus grande encore que celle de la chaudière Seaton.
114. — Chaudière Towne. — La chaudière Towne, qui est appliquée en Amérique sur les embarcations à vapeur et les canonnières, a deux lames têtières placées sur les côtés, et infléchies suivant un angle assez prononcé. Les tubes s'entrecroisent en allant de la partie inférieure d'une têtière à la partie supérieure de l'autre (fig. 435).
Cette disposition originale permet de donner aux tubes une inclinaison favorable à la circulation, et augmente la hauteur du fourneau audessus de la grille, d'une manière favorable à la combustion.
La chaudière Towne présente des tubes de retour d'eau, qui la font
participer aux avantages des modèles à circulation accélérée, bien que ses dispositions générales soient plutôt celles des chaudières è circulation libre.
116. — Chaudière Petit et Godard. — La chaudière Petit et Godard est assez spéciale, et peut à peine se classer parmi les chaudières tubuleuses à circulation horizontale; l'eau y circule en effet dans des tubes courbés en zigzag dont les replis sont inclinés sur Thorizon. Il y a deux lames d'eau latérales et deux faisceaux de tubes, un pour chaque lame. Chaque lame sert de distributeur d'eau dans sa partie inférieure et de réceptacle de vapeur à sa partie supérieure (âg. 136).