V — B88AI DB CONSOMMATION
Pression aux chandières
Pression aux dëtendenrs
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Pression aox chandières
Pression aux détendeurs
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Friaiit
La comparaison des résultats obtenus avec les chaudières Niclausse du Priant, les chaudières Belleville du Bugeaud^ et les chaudières D*A1lest du Chasseloup'Laubat sera donnée au numéro 157.
Le tableau ci-dessous renferme les résultats d'expériences faites par MM* Humphrys et Tonnant sur une chaudière d'atelier du système Niclausse» chaufFée avec du CardifF ordinaire :
Surface de grilles 1"»*,78
Surface de chauffe 58"%ô3
Durée de l'essai
Consommation de charbon par m* de grilles et par heure . ,
I réellement . , de 100*» à 100° par correction ,
8 heures
8 heures
ir,06
8 heures
8 heures
4 heures
Nous avons vu, au n® 37, comment, par l'emploi d'un système de tirage en cendrier clos, MM. Niclausse cherchent à rivaliser de puissance avec les chaudières à circulation accélérée; ils ont, dans une expérience, poussé la combustion jusqu'à 200 kilogrammes en obtenant encore un
rendement satisfaisant, qui correspond à une vaporisation de 50 kilogrammes d'eau environ par mètre carré de surface de chauffe. Dans leur atelier, MM. Niclausse sont arrivés à brûler la cheminée, mais non les tubes de la chaudière, en faisant subir à celle-ci une intensité de combustion, dans laquelle, à ce qu'ils assurent, la vaporisation d'eau atteignait 350 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe; ils continuent leurs expériences, moins pour chercher à obtenir une utilisation satisfaisante à ces hautes combustions, que pour prouver la solidité de leur appareil et pour dissiper les craintes qu'aurait pu faire naître l'ouverture d'un tube non soudé, sur le Friant. Il importerait surtout de bien connaître, pour la chaudière Niclausse, comme pour d'autres chaudières tubuleuses, les conséquences, très variables d'un modèle à l'autre, d'un abaissement de niveau dans le collecteur supérieur qui entraîne ou supprime la circulation normale.
La chaudière Niclausse n'a probablement pas dit son dernier mot ; dès à présent, sa supériorité est incontestable, au point de vue des facilités de nettoyage, de ramonage, de remplacement de pièces avariées. Elle présente, de plus, très peu d'encombrement horizontal.
La disposition du collecteur supérieur parallèle à la laçade permet d'assembler les chaudières Niclausse en corps à plusieurs foyers, avec une seule alimentation et une seule prise de vapeur. Cette propriété, importante pour la simplicité du tuyautage et la facilité de la conduite se rencontre aussi sur les chaudières BellevlUe et les chaudières Oriolle, du modèle Lansqtienet; elle fait défaut sur les chaudières D'Allest et sur toutes les chaudières à circulation accélérée.
lié. — Chaudière Dûrr. — La chaudière allemande modèle Dùrr, est un autre dérivé de la chaudière Field, analogue au modèle Collet-Niclausse, mais avec un seul faisceau de tubes et une lame têtière double non segmentée (fig. 143). On trouve pour cette chaudière, la mention d'essais où la combustion a été poussée jusqu'à 340 kilogrammes par mètre carré de grilles ; il est à supposer que le rendement calorifique était alors très faible, d'après ce que l'on sait des chaudières BeUeville, Oriolle, Collet, et autres, chauffées avec cette intensité.
La chaudière Dûrr va être installée en Allemagne sur VErsaiz-Freya croiseur de 5.600 tonneaux ; on installera en même temps, sur deux autres croiseurs identiques, des chaudières Belleville et des chaudières Niclausse ; cet essai rappelle celui qui a été fait récemment en France sur trois croiseurs de 3.750 tonneaux, avec les chaudières Niclausse, Belleville et D'AUest.
Chaudière Dûrr
Coupe longitudinale
Demi-eoupe AB
r:^ '.1^ jî) ® (3) © @
Pig. 143 Ms
Emmanchement des tubes latéraux
Fig. 143 1er
120. — Chaudière De Dion- Bouion-Trépar doux. — Le modèle De Dion-Boulon-Trépardoux est actuellement en service sur le torpilleur 18 et les torpilleurs de 1.000 chevaux 167, 168 et 169.
Cette chaudière a la forme d'un cylindre vertical; elle se compose principalement d'une lame d'eau extérieure et d'un réservoir central, avec des tubes rayonnants allant du réservoir à la lame (fig. 144).
Les tubes supérieurs, qui ne contiennent que de la vapeur, s'usent très vite, et tous les joints de tubes, même ceux des tubes à eau, sur le réservoir central, donnent fréquemment des fuites. De plus le volume d*eau est grand pour une chaudière tubuleuse, et par suite le poids de
l'appareil est élevé : 3bt,890 par mètre carré de grilles, le poids de Teau entrant, dans ce total, dans la proportion de 13 %.
Fig. 144
Les essais en 1893 ont été satisfaisants, le torpilleur 167 a développé 1.133 chevaux avec une surface de grilles de 4"% 034, en brûlant i^,i6Ji par cheval : on a consommé 0^,533 seulement, à la marche économique de 143 chevaux. L'épreuve du service courant étant défavorable, le modèle De Dion et Trépardoux parait devoir être abandonné pour les torpilleurs.
121. — Chaudière Ward. — Les applications les plus importantes du système de chaudière à circulation libre sont, de beaucoup, celles faites dans la marine française, qui a même été taxée parfois à ce sujet, d'une certaine témérité. Tout en agissant avec plus de prudencô, la marine des Etats-Unis a fait, à bord du Monterey, une application intéressante de la chaudière Ward combinée avec des chaudières cylindriques.
La chaudière Ward présente une disposition spéciale se rapprochant par certains côtés de celle de la chaudière Trépardoux. Ses tubes d'eau forment des anneaux concentriques dans lesquels Teau est distribuée, et d'où la vapeur est extraite par deux files rayonnantes de tubes verticaux tenant lieu des deux lames têtières du système Joessel. La forme générale de la chaudière est cylindrique. La grille est cir-
Chaudière Word
Fig. 145 AA Anneaax (coils) seetionnés entre les réserroire Terticaux BB, sur lesquels ils sont fixés par
des bagues à double filetage aa.
BB Collecteurs Terticaux, terminés à la partie inférieure par des tubes de diamètre moindre B'B\
entre lesquels peut circuler la flamme.
CM (fig. 145 bU). Bagues de jonction des anneaux A et des collecteurs B. ce Collecteurs horizontaux inférieurs, sur lesquels les tubes BB sont tenus par des joints .fixes. DD Collecteur horizontal supérieur, sur lequel les collecteurs verticaux sont assemblés à presse-
étoupes.
dd (fiff. 145 ter). Presse-étoupes en amiante à la jonction du collecteur D et des collecteurs BB.
Les boulons de serrage^ à tète aplatie en forme de T, se logent dans l'épaisseur des oreilles
de la boite.
EE Enveloppe en tôle de 2**,5, recouverte de briques creuses de 43**. FF Enveloppe en tôle de 3"*, recouverte de briques creuses de 120"". GG Déjecteur • > • »
Nota. — Les cbandièrea du Monterey sont de ce système, mais d'un modèle pins grand, à 18 anneaux eoncentriques au lieu de 12.
culaire^ et composée de segments distribués sur le pourtour du réservoir d'eau central qui la traverse (fig. 145).
Le réservoir central divisé en deux parties par une cloison diamétrale, amène d'un côté Teau d'alimentation à la partie inférieure, en lui faisant traverser un déjecteur, et reçoit de l'autre côté la vapeur formée dans les tubes de chauffe.
Tous les joints sont très simples, l'appareil dans son ensemble doit présenter une grande élasticité, en raison de la courbure des tubes de chauffe. Le principal inconvénient est dans la forme de la grille, qui rend le chargement incommode sur les côtés, et impossible derrière le réservoir central, si la chaudière n'a qu'une porte.
Le modèle Ward est parmi les plus légers qui existent ; les deux chaudières du Monterey^ de &^^^9& de surface de grilles totale, pèsent 15tx,33 sans eau, et 17tx,77 avec l'eau, ce qui fait 3tx,6 seulement par mètre carré de grilles.
Dans les essais du Montereyy la chaudière Ward, constamment tenue dans les mêmes conditions de tirage qu'une chaudière cylindrique à retoiu* de flamme, a constamment fonctionné de la manière la plus satisfaisante. Au tirage forcé, son rendement en vapeur était limité, non par les dangers de fatigue des joints, mais simplement par les soins à prendre pour ne pas fondre la grille, qui était en fonte de fer.
A la suite de l'expérience de Monterey, le commodore Melville s'est déclaré prêt à poursuivre l'application, au moins partielle, des chaudières tubuleuses dans la marine américaine.
122. — ChaucUère Charles et Babillot — Le modèle Charles et Babillot, représenté figure 146 a pour caractère distinctif que les tubes sont traversés par des tubes de retour de flamme ; il dérive ainsi d'une ancienne invention abandonnée de M. JoesseL
La grande surface de chauffe obtenue sur ce modèle, et sa grande légèreté avaient été remarquées à l'Exposition de 1889 ; l'installation en fut décidée sur les torpilleurs Sarrazin et Tourbillon^ ainsi que sur les torpilleurs de 1.000 chevaux, numéros 155, 156, 157, 158, 159, 160.
Les difficultés de circulation, qui favorisaient la formation des chambres de vapeur dans des espaces annulaires étranglés, rendaient cette chaudière extrêmement dangereuse, aux allures de chauffe actives des torpilleurs. Après des accidents répétés dans les rangées de tubes inférieurs, qui rougissaient fréquemment, la catastrophe du Sarrazin^ en janvier 1894, fit absolument condamner la chaudière Charles et Babillot.
Chaudière Charles et Babillât
Fig. 146
123. — Modèles divers. — 11 existe un très grand nombre d'autres modèles de chaudières, plus ou moins analogues aux précédentes, que je me bornerai à mentionner sommairement parce qu'elles n'ont eu que peu ou pas d'applications dans la marine.
Le système Joessel-D'Allest, a inspiré, en Angleterre, quelques modèles, parmi lesquels celui de M. Watt est le plus souvent cité.
La chaudière Kelly est une sorte de chaudière Niclausse à têtière unique ; les tubes sont divisés en deux parties par une tôle diamétrale, disposition qui parait très inférieure à remploi des deux tubes concentriques.
Dans le modèle Bourgeois-Lencauchez, il y a aussi une seule lame têtière divisée en deux parties ; les éléments lubulaires sont des V très aigus dont la branche inférieure reçoit Teau tandis que la vapeur est dégagée par la branche supérieure. Cette disposition a été adoptée sur d'autres modèles, parmi lesquels le modèle Terme-Deharme, qui présente la particularité d'avoir des V à trois branches ; la chaudière Terme-Deharme est en service sur les bateaux parisiens.
Les modèles Menay, Lane, Hérisson sont d'autres dérivés de la cliaudière Field fonctionnant dans les conditions de la chaudière Niclausse ; le dernier présente la forme et la disposition générale de la chaudière De Dion et Trépardoux.
Enfin, il faut mentionner quelques modèles à serpentins fonctionnant à peu près comme les chaudières Belleville, dont nous n'avons pas parlé à la fin du chapitre précédent, et dont Tun, le modèle Isoard, breveté en 1849, présente un intérêt historique.
M. Herreshoff a longtemps employé une chaudière composée d'un double serpentin à spires presque jointives entourant le foyer; nous avons vu, au n* 104, qu'il avait donné, à la circulation de l'eau, une direction particulière.
M. Thornycroft a essayé, en 1883, une chaudière à serpentins, à bord d'un petit bâtiment.
La chaudière Root; qui présente des analogies avec la chaudière Belleville, a des tubes spéciaux de dégagement de vapeur qui la distinguent des chaudières à serpentins proprement dites.
Les différentes chaudières que nous venons d'étudier au d'énumérer sont très loin de constituer la liste complète des appareils à circulation d'eau horizontale ou à peu près horizontale . Les dernières expositions universelles, celle de Chicago en particulier, ont fait connaître un grand nombre d'autres types, dont plusieurs sont applicables à la marine.
Les chaudières à circulation libre, de même que celles à circulation limitée, continuent d'ailleurs à se perfectionner. Elles n'ont été appliquées jusqu'ici qu'avec des tirages forcés modérés, mais plusieurs des principaux constructeurs ne renoncent point à l'espérance de leur faire subir les plus grandes intensités de chauffe, et acceptent, comme nous avons vu, la lutte avec les chaudières à circulation accélérée.