ACCESSOIRES FORMANT COMPLÉMENT DE L'ENVELOPPE
163. — Portes de visite. Bouchons autoclaves. — Le corps de la chaudière proprement dit ne présente guère d'autre accessoire faisant partie de l'enveloppe que les portes de visite et leur garniture. Autrefois, sur les chaudières rectangulaires, les portes de visite pouvaient se distribuer à volonté sur toutes les faces; les trous d*homme pour descendre dans le coflfre à vapeur s'installaient alors commodément sur le ciel même. Avec les pressions actuelles, on ménage beaucoup le nombre et la grandeur des ouvertures, on évite de découper les enveloppes cylindriques, et Ton ne place de portes de visite que sur les façades des chaudières cylindriques et les deux fonds des collecteurs cylindriques des chaudières tubuleuses.
Les ouvertures dans les chaudières sont renforcées sur tout leur pourtour, par une collerette en tôle, ou mieux en cornière, qui compense plus ou moins l'effet de la découpure sur la solidité de Tenveloppe, et qui assure la raideur nécessaire au serrage du joint.
Fig.181 Fig.182
Le bouchon est toujours autoclave, c'est-à-dire appliqué sur le joint par la pression même de la chaudière ; il est en fer forgé, placé en dedans de la chaudière, et tenu en place par un boulon serré sur une grifife appliquée à l'extérieur de la chaudière. La figure 181 représente une lorme de portes et de bouchons autoclaves qui a été très longtemps adoptée; la figure 182 représente la forme actuelle. Le progrès réalisé est impor-
tant; les bords du trou ont aujourd'hui beaucoup plus de raideur, et les surfaces de portage du joint sont beaucoup plus faciles à bien dresser.
164. — Portes de foyers et de cendriers, — Les portes de foyers sont percées de trous pour le passage de l'air, et munies de contre-plaques les préservant de la chaleur. Depuis quelques années on abandonne
Coupe AB
Porte de foyer Martin
Fig. 188
Mouvement de porte de toyer de torpilleur Coupe AB Vue de fiiee
Fig. 184
Porte de cendrier de torpilleur
Tancien modèle, qui tournait sur des gonds verticaux et se fermait au loquet, pour la porte Martin, suspendue à une charnière horizontale et
se fermant automatiquement. Le but de ce changement est de réduire le plus possible la durée de l'ouverture des portes.
Les nouvelles portes s'ouvrent vers l'intérieur; leur fermeture est donc autoclave, en même temps qu'automatique, ce qui leur assure des avantages de sécurité en cas de fuite intérieure de vapeur. Elles doivent être tenues ouvertes à la main ; elles exigent donc la coopération de deux chauffeurs pour le chargement du charbon ; il n'y a pas à cela d'inconvénient sérieux, parce qu'on ne charge jamais tous les foyers à la fois, et que l'homme tenant la porte levée n*a aucune fatigue à Fig. 185 supporter.
Les portes de cendriers constituent un registre d'arrivée d'air; elles sont habituellement à deux vantaux, portant chacun une petite ouverture fermée par un papillon. Il est facile de construire les portes de cendriers, de manière à obtenir la fermeture automatique, pour éviter les projections en cas de fuite de vapeur; cette disposition est réglementaire en France pour les chaudières locomotives des torpilleurs, et elle tend à se généraliser. L'importance est moins grande que pour les portes de foyers, au point de vue de la sécurité, parce que les projections de flamme se produisent plus rarement par les portes de cendriers, à cause de la résistance de la grille et de la couche de charbon.
165. — Cheminées. Enveloppes. Capots de cheminées. — Sur les anciennes chaudières tubulaires, à enveloppes très robustes, auxquelles les coffres à fumée sont solidement boulonnés, les cheminées trouvent une base et un point d'appui à toute épreuve ; elles s'élèvent dans leur écoutille, et se dilatent librement, sans qu'il y ait d'autres précautions à prendre que de donner au besoin un peu de mou à leurs haubans, lors de l'allumage. Les enveloppes de cheminée sont fixées, les unes à la coque, les autres à la cheminée; entre la portion coque et la portion cheminée, il peut y avoir contact, mais il n'y a jamais assemblage ; le glissement doit toujours se faire sans être gêné ; on ne rencontre à cela aucune difficulté de construction ni de fonctionnement. Telle est la disposition très simple qui se rencontre encore le plus souvent aujourd'hui, en particulier sur les paquebots.
L'adoption du tirage forcé en vase clos, en obligeant à disposer des appareils de fermeture dans les enveloppes, a introduit une légère complication. Sur les torpilleurs, on ferme simplement le sommet de l'enveloppe par une cornière ou une tôle emboutie, sur le rebord de laquelle la cheminée glisse en se dilatant; mais, sur les navires où l'enveloppe doit servir, en temps ordinaire, au dégagement de l'air chaud, il faut établir des volets mobiles; si la charnière et le siège se déplacent l'un par rapport à l'autre, le portage est nécessairement imparfait; comme le joint n'a aucun besoin d'être étanche, le déplacement relatif des diverses parties ne présente pas d'ailleurs grand inconvénient.
Cheminée de torpilleur
Priant
Prcsse-éioupes de cheminée
Fig. 18G
Sfax
Enveloppe de cheminée avec fermeture à volets
Fig. 187
Fig. 188
L'introduction des chaudières tubuleuses, dont l'enveloppe en tôlerie très légère ne saurait supporter de grands efforts, a obligé de modifier
l'ancienne construction, et de reporter, sur la coque même, la charge de supporter la plus grande partie du poids de la cheminée et surtout la traction de ses haubans. Actuellement, on fait supporter par les chaudières la partie inférieure seulement de la cheminée, sur toute la hauteur où les grandes dilatations peuvent se produire. La partie supérieure de la cheminée, avec la totalité des enveloppes, et tous les accessoires de fermeture, forme une charpente unique de tôlerie rivée sur l'entourage des écoutilles qu'elle traverse. Les deux parties de la cheminée ainsi sectionnée sont emmanchées l'une dans l'autre, avec un joint ghssant très simple, garni d*amiante, de silicate-coton ou seulement de fraisil; la figure 188 représente la disposition de ce genre qui a été adoptée sur le Priant. Toute la partie haute de la cheminée, ainsi enracinée sur la coque, est devenue, en droit strict, un accessoire de coque, au lieu d'être un accessoire de chaudière.
Charles- Martel
Capot de cheminée
Pig. 189
L'orifice supérieur des cheminées doit, pendant les périodes de chômage, être fermé par un capot qui le préserve de la pluie ; en effet, la suie, qui à sec constitue un bon enduit préservateur, devient au contraire, quand elle est mouillée, un véritable agent de destruction de la tôle. Sur les bâtiments à mâture, on s'est contenté longtemps de capots en toile, que Ton mettait en place en les suspendant à un étai. Actuellement on dispose d'ordinaire un opercule en tôle, qui tourne autour d'une
charnière, et qui se manœuvre du pont, à l'aide de chaînes ou de liges, comme on le voit sur la figure 189. On a essayé aussi des volets flexibles en tôle très mince, s'enroulanl sur un cylindre, et se déroulant à la fermeture ; le poids beaucoup trop élevé de ces derniers appareils en a fait abandonner remploi.
sente les deux coupes, et qui s'est montrée peu efficace. On a essayé à la même époque un surchauffeur Lafond (fig.203), composé de grands tubes recourbés qui occupaient le pourtour intérieur de la cheminée ; cet appareil lourd, encombrant, d'un rendement à peu près nul, n'a pas tardé à être débarqué.
La mauvaise conductibilité de la vapeur, qui oblige à donner aux surchauffeurs de grandes surfaces et de grands volumes, et l'importance, à bord, des questions de poids et d'encombrement, ont conduit à abandonner actuellement les surchauffeurs de vapeur, malgré les avantages théoriques reconnus de la surchauffe.
Surchauiïcur Ludwig et Weber
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Fig. 204
A terre, où l'on est moins gêné par l'espace et le poids, les essais de surchauffe ne sont pas abandonnés. La figure 304 représente un dispositif essayé par WA. Ludwig et Weber à Logelbach en 1893, dans lequel la vapeur produite dans une chaudière est surchauffée dans une seconde chaudière privée d'eau.
L'adoption des surchauffeurs dans la marine appellerait la création d'un accessoire, qui n'existe pas encore, et qui serait nécessaire pour limiter réchauffement maximum de la vapeur pendant les stoppages.