ACCESSOIRES RELATIFS AU SERVICE DES ESCARBILLES
187. — Mouvement du charbon et des escarbilles. — 11 n'y a pas d'accessoires relatifs au service du charbon, méritant d*être mentionnés. Un matériel de chariots de transport et d'outils spéciaux a été autrefois créé pour la chauffe méthodique ; il a été de bonne heure abandonné et n'a pas été repris. L'emploi des briquettes a du reste facilité beaucoup les mouvements de charbon, soit à l'intérieur des soutes, soit même dans les chambres de chauffe.
L'enlèvement des escarbilles est au contraire une manœuvre importante, pour laquelle on ne se contente plus de l'ancien treuil à bras ou à vapeur, incommode et bruyant.
188.— Escarbilleur de Maupeou. — Cet appareil a été spécialement inventé à l'occasion du tirage forcé en vase clos, qui rend plus difficile l'enlèvement des seaux d'escarbilles, en obligeant à placer des clapets de retenue d'air sur leur parcours.
Le principe consiste à broyer les escarbilles, à les mélanger ensuite avec de l'eau et à rejeter à la mer la bouillie ainsi fermée, à l'aide d'une pompe foulante.
Modifié à diverses reprises, l'escarbilleur se compose, dans sa forme actuelle, de deux mâchoires, l'une fixe, l'autre oscillante, entre lesquelles passent les escarbilles à écraser. La mâchoire fixe appuyée sur un fort ressort, cède légèrement quand un morceau de fer vient à passer, mêlé aux escarbilles. Les avaries sont ainsi évitées, et le fonctionnement régulier de l'appareil est assuré.
D'après une expérience faite à Cherbourg en 1887, l'escarbilleur De
Maupeou, refoulant à S'^ySO de hauteur, expulse par seconde, un poids d'escarbilles de 0^,338. Le travail moteur sur les pistons, tant pour le broyage que pour le pompage» est de 299 kilogrammètres. Le rendement mécanique est donc égal à 0,0067. Ce chiffre peut sembler faible, mais, en pareille matière, la question de bon fonctionnement prime celle de rendement.
Pompe à escarbilles
Corps de pompe.
Piston à escarbilles.
Cylindre à Tapeur.
Tayaa d'arriTée d'ean* MAehoire mobile.
Màcboire fixe soutenue par les ressorts G.
Tablier oscillant reeeyant les escarbilles.
Peijpae pour retenir les étonpes.
Clapets en caontcftouc.
Tnyan de refoulement des escarbilles.
189. — Ejecteur d^ escarbilles à eau. \ — On peut rejeter à la mer toutes les escarbilles avec le mâchefer, sans aucun broyage, à Taide d*éjecteurs à eau, dont il existe plusieurs modèles.
Dans un ejecteur en service sur les ferry-boats américains, on fait
UD mélange préalable d'eau et d'escarbilles dans un longue caisse, alimentée par un robinet d'eau de mer. Le tuyau éjecteur, qui puise le mélange dans le bas de la caisse, reçoit, suivant son axe, un jet d'eau comprimée, lancé par une des pompes du bord.
Dans réjecteur See ouTrewent (flg.233), essayé en 1896 à Cherbourg, les escarbilles sèches sont versées directement dans le tuyau éjecteur par une trémie. Le jetd*eau comprimée à la pression de 12 à 18 kilogrammes est lancé par un ajutage ; de petits clapets permettent l'entrée de Tair atmosphérique dans le tuyau éjecteur au-dessus de l'ajutage.
Avec un refoulement de 5°,50 de hauteur, l'appareil essayé a débité 2k,909 d'escarbilles par seconde, en dépensant 505,23 kilogrammètres sur les pistons.
Le rendement mécanique est donc égal à 0,0311.
Le débit moyen par heure, pour des hauteurs de refoulement de 5",50, de 6^95 et de 8"*,40 a été trouvé de 10 tonnes, de 8t,5 et de 5 tonnes à l'heure, les pressions d'eau nécessaires r^r^ étant respectivement 12 kilogrammes, 14k,5 et 17 kilogrammes. Les seuls incidents ont été quelques désamorçages, qui paraissent faciles à éviter.
L'éjecteur See a, sur l'escarbilleur-broyeur, outre l'avantage d'un rendement quatre fois supérieur, ceux d'une plus grande simplicité de construction et de fonctionnement. Son débit est considérable et permet d'opérer très rapidement. Il rend de bons services sur les paquebots de la Compagnie transatlantique, et il va être essayé sur le Bouvet et le Duchayla.
Un éjecteur d'escarbilles à vapeur a fonctionné quelques temps, en 1867, à bord du Corse ; il marchait bien, mais son rendement était extrêmement faible. La nécessité d'économiser l'eau douce ne permet plus aujourd'hui de songer aux éjecteurs à vapeur.