SCENE lïl
ALBERT, seul,
*0 JUSTE Ciel 1 je tremble î Car enfin nous avons peu de commerce ensemble. Quelque tempête va renverser mes desseins;
£c ce secret, sans doute, est celui que je crains. L’espoir de l’intérêt m’a fait quelque infidèle ,
Et voilà sur ma vie une tache éternelle.
Ma fouibe est découverte. Oh i que la vérité Se peut cacher long-tems avec difficulté !
Et qu’il eût mieux valu , pour moi , pour mon estime > Suivre les mouvemens d’une peur légitime ,
Par qui je me suis vu tenté , plus de vingt fois ,
De rendre à Pplidore un bien que je lui dois i
5<f LE DÉPIT AMOUREUX,
De pr<£vcnir l’dclat où ce coup-ci m’expose ,
Et f;iire qu’en douceur passâr touce la chose.
Mais , hdlas ! c’en est fait , il n’est plus de saison ;
Et ce bien . par la fraude , entré dans ma maison , N’en sera point tiré , que dans cette sortie Il n’entraîne du mien la meilleure partie.