‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 11 sur 127 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

TRUFALDIN, CÉLÏE , MASCARILLE.

Trufaldin, à Ce ' lie .

faites-vous dehors ? et quel soin vous talonne, Vous , â qui je défends de parler à personne?

Autrefois j’ai connu cet honnête garçon.

Et vous n’avez pas lieu d’en prendre aucun soupçon.

Mascarille.

Est-ce U le Seigneur Trufaldin i

Oui , lui-même.

Mascarille.

Jîonsieur , je suis tout vôtre, et ma joie est extrême De pouvoir saluer , en toute humilité.

Un homme dont le nom est par-tout si vanté.

Trufaldin,

Très-humble serviteur.

Mascarille.

J’incommode peut-être ;

Mail je l’ai vue ailleurs, où m’ayant fait connoître Les grands talens qu’elle a pour savoir l’avenir ,

Je voulois sur ce point un peu l’entretenir.

Trufaldin, d Cilié .

Quoi! te mêlerois-tu d’un peu de diablerie?

Kon , tout ce que je sais n’csc que blanche magie.

Mascarille.

Voici donc ce que c'est. l e maître que je sers languit pour m> objet qui le rient dans scs fers.

Il auioit b en voulu . du feu qui le dévore.

Pouvoir crurcfcnir ’a beau‘é qu’il adore;

Mais un dragon, viliant sur ce rare trésor.

N’a pu , quoi qu’il ait fait , le lui permettre encor{

Et , ce qui plus le gêne et le rend misérable,

Il vient de découvrir un rival rcdoutab’e:

Si bien que , pour savoir si scs soins amoureux Ont sujet ^espérer quelque succès heureux ,

Je viens vous consulter , sûr que de votre bouche*

Je puis apprendre au vrai le secret qui nous touche.

Sous quel astre ton maître a-t-il reçu le jour?

Mascarille

Sous un astre à jamais ne changer son amour.

Sans me nommer l’obiet pour qui son c'eut' soupire* la science que j’ai m’en peut assez instruire.

Cette fille a du coeur, et dans l’adversité Elle sait conse'vcr une noble fierté •,

Elle n’est pas d’hu-neur à trop faire connoîrre les secrets sentimehs qu’en son ocur on fait naître. Mats je les sais comme elle , ce , d’un esprit plus dou.E* Je vais, en peu de mots, te les découvrir tous.

Mascarille.

O merveilleux pouvoir de la vertu magique!

Si ton maître en ce point de constance se pique *

COMÉDIE. IJ

Ht que la vertu seule anime son dessein.

Qu’il n’apprdhendc plus de soupirer en vain ;

Il a lieu d’cspcrer , et le Fort qu’il veut prendre ü’cst pas sourd aux traitds, et voudra bien se rendre» Mascakille.

C’est beaucoup; mais ce Fort dépend d’un Gouvcrncuc DifHcilc à gagner i

C’c$t-là tout le malheur !

Mascarille, «i part , voyant approcher Lélie^ Au diable le fâcheux qui toujours nous éclaire 1

• Je vais vous enseigner ce que vous devez faire.

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