‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 119 sur 127 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

VALEKE, MASCARILLE,

E n’ai jamais trouvé de jour plus ennuyeux l Le soleil semble s’être oublié dans les Cieux ;

Et, jusqu’au lit qui doit recevoir sa lumicre.

Je vois rester encore une telle carrière , '

Que je crois que jamais il ne l’achevera ,

Et que de sa lenteur mon ame enragera 1

Mascarille.

Et cet empressement pour s’en aller dans l’ombre Pêcher vite, à tâtons, quelque sinistre encombre î... Vous voyez que Lucile » entière en scs rebuts.,..

V A L E R E , l'interrompant.

Ne me fais point ici de contes superflus.

Quand j’y devrois trouver cent embûches mortelles.

Je sens de son courroux des gênes trop cruelles.

Et je veux l’adoucir , ou terminer mon sort.

C’est un point résolu !

Mascarille.

J’approuve ce transport ;

Mais le mal est, Monsieur, qu’il faudra s’introduire Eo cachette.

Fort bien !

Mascarillb.

Et j’ai peur de vous nuire.

Et comment ?

Mascarille.

Une toux me tourmente à mourir , Dont le bruit importun vous fera découvrir;

( Il tousse. )

De moment en moment vous voyez le supplice.

Ce mal te passera ; prends du >us de réglisse.

Mascarille.

7e ne crois pas, Monsieur, qu’il se veuille passer. Je scrois ravi , moi, de ne vous point laisser;

Mais j’aurois un regret mortel , si j’étois cause Qu’il fût à mon cher maître arrivé quelque chose !

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