SCENE PREMIERE
MASCARILLE, seul.
Dès que l’obscurité régnera dans la ville ,
»» Je me veux introduire au logis de Lucile i « Va vite, de ce pas , préparer pour tantôt ,
« fet la lanterne sourde et les armes qu’il faut. » Quand il m’a dit ces mots , il m’a semblé d’entendre ,
« Va vîtement chercher un licou pour te pendre, o Venez-çà, mon Patron ; car dans l’étonnement OÙ m’a jetté d’abord un tel commandement,
Je n'ai pas eu le rems de vous pouvoir répondre; Mais je vous veux ici parler , et vous confondre. Défendez-vous donc bien , et raisonnons , sans bruit. Vous voulez, dites-vous, aller voir cette nuit Lucile?.... «Oui , Mascarille ... » Et que pensez vous faire ?
« Une action d’amant qui veut se satisfaire ... »
Une action d’un homme à fort petit cerveau.
Que d’aller , sans besoin, risquer ainsi sa peau....
« Mais tu sais quel motif à ce dessein m’appelle ;
» Lucile est irritée,., Eh ! bien , tant pis pour elle...
Mais l’amour veut que j’aille appaiser son esprit... Mais l’amour est un soc , qui ne sait ce qu’il dit. Nous garantira-t-il , cct amour , je vous prie ,
D’un rival , ou d'un pcre, ou d’un frere en furie f <c Penscs-tu qu’aucun d’eux songe à nous faire mal ?... Oui . vraiment , je le pense ; et , sur tout , ce rival. c( Mascarille , en tour cas, l’espoir où je me fonde , Nous irons bien armés i et si quelqu’un nous gronde» « Nous nous chamaillerons... «Oui ?... Voilà justement Ce que votre valet ne prétend nullement!
Moi’! chamailler? bon Dieu ! Suis-je un Roland» mon maître ,
Ou quelque Ferragus? C’est fort mal meconnoîtrci Quand je viens à songer , moi . qui me suis si cher , Qu’il ne faut que deux doigts d’un misérable fer Dans Le corps , pour vous mettre un humain dans la bierre ,
Je suis scandalisé d’une étrange maniéré!.... et Mais tu seras armé de pied en cap .. •« Tant pis !
J’en serai moins léger à gagner le taillis;
Et, de plus, il n’est point d’armure si bien jointe Où ne puisse glisser une vilaine pointe. ..
tt Oh ! tu seras ain.si tenu pour un poltron ! •»
Soit; pourvu quetouiours ie branle le menton.
A table comptez-moi. si vous voulez, pour quatre { M ais comptez-moi pour rien , s’il s’agit de se battre. Enfin, si l’aime monde a des charmes pour vous. Pour moi , ic trouve l’air de celui-ci fott doux.
Je n’ai pas grande faim de mort , ni de blessure,
Et vous ferez, le soc tout seul , je vous assure !