SCENE VII
VAIERE, MASCARILLE, FOLIDORE.
MasCARXLLX, à Valere.
JLes disgrâces souvent sont du Ciel révélées!
]*ai songd cette nuit de perles défilées,
Et d’oeufs cassés. Monsieur , un tel songe m’abat i
Chien de poltron !
POLIDORB.
Valere , il s’appr6te un combat Où toute ta valeur te sera nécessaire.
Tu vas avoir en t8te un puissant adversaire!
Mascarille.
Et personne , Monsieur , qui se veuille bouger Pour retenir des gens qui sc vont égorger ?
Pour moi , je le veux bien i mais , au moins , s’il arrive Qu’un funeste accident de votre fils vous prive,
Me m’en accusez point!
Non , non , en cet endroit ,
Je le pousse moi^même i faire ce qu’il doit.
Mascarille.
Pere dénaturé !, *
Valere, â PoUdore^
Ce sentiment, mon pere.
Est d’un homme de cœur , et je vous en révère !
J’ai dû vous ofl^i-nser, et je suis criminel D’avoir fait tout ceci sans l’aveu paternel ?
Mais, à quelque dépit que ma faute vous porte,
La nature toujours sc montre la plus forte.
Et votre honneur fait bien , quand il ne veut pas voir Que le transport d’Eraste ait de quoi m’émouvoir.
On me faisoit tantôt redouter sa menace ;
Mais les choses depuis ont bien changé de face !
Et, sans le pouvoir fuir > d’un ennemi plus fort,
Tu vas 6tre attaqué.
Mascarilli.
Point de moyen d’accord ?
( A Polidore. )
Moi , le fuir ? Dieu m’en garde i . . . Et qui donc pour^ roit-ce être i
POLIDORB.
Ascagne.
Ascagne ?
Polidore.
Oui. Tu le vas voir paroître.
Lui, qui de me servir m’avoit donné sa foiî POLIDaRB.
Oui, c’est lui qui prétend avoir affaire à toi:
Et qui veut , dans le champ où l’honneur vous appelle. Qu’un combat, seul à seul, vuide votre querelle.
COMÉDIE
Mascarillb.
Cî'est un brave homme! 11 sait que les coeurs génJrcux Ne mettent point les gens en compromis pour eux 1
POLIDORE, à Falere.
Infin j d’une imposture ils te rendent coupable.
Dont le ressentiment m’a paru raisonnable;
Si bien qu’Albert et moi sommes tombés d’accotd Que tu satisferois Ascagne sur ce tort;
Mais aux yeux d’un chacun , et sans nulles remises. Dans les formalités en pareil cas requises.
Êt Lucile , mon pere , a d’un coeur endurci..,.
POLIDOFi, l’interrompant.
Lucile épouse Eraste , et te condamne aussi ;
Et pour convaincre mieux tes discours d’injustice, Veut qu’à tes propres yeux cet hymen s’accomplisse,
Ah ! c’est une impudence à me mettre en fureur!... Elle a donc perdu sens , foi, conscience, honneur!
icS LE DEPIT AMOUREUX,