‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 125 sur 127 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

VAIERE, MASCARILLE, FOLIDORE.

MasCARXLLX, à Valere.

JLes disgrâces souvent sont du Ciel révélées!

]*ai songd cette nuit de perles défilées,

Et d’oeufs cassés. Monsieur , un tel songe m’abat i

Chien de poltron !

POLIDORB.

Valere , il s’appr6te un combat Où toute ta valeur te sera nécessaire.

Tu vas avoir en t8te un puissant adversaire!

Mascarille.

Et personne , Monsieur , qui se veuille bouger Pour retenir des gens qui sc vont égorger ?

Pour moi , je le veux bien i mais , au moins , s’il arrive Qu’un funeste accident de votre fils vous prive,

Me m’en accusez point!

Non , non , en cet endroit ,

Je le pousse moi^même i faire ce qu’il doit.

Mascarille.

Pere dénaturé !, *

Valere, â PoUdore^

Ce sentiment, mon pere.

Est d’un homme de cœur , et je vous en révère !

J’ai dû vous ofl^i-nser, et je suis criminel D’avoir fait tout ceci sans l’aveu paternel ?

Mais, à quelque dépit que ma faute vous porte,

La nature toujours sc montre la plus forte.

Et votre honneur fait bien , quand il ne veut pas voir Que le transport d’Eraste ait de quoi m’émouvoir.

On me faisoit tantôt redouter sa menace ;

Mais les choses depuis ont bien changé de face !

Et, sans le pouvoir fuir > d’un ennemi plus fort,

Tu vas 6tre attaqué.

Mascarilli.

Point de moyen d’accord ?

( A Polidore. )

Moi , le fuir ? Dieu m’en garde i . . . Et qui donc pour^ roit-ce être i

POLIDORB.

Ascagne.

Ascagne ?

Polidore.

Oui. Tu le vas voir paroître.

Lui, qui de me servir m’avoit donné sa foiî POLIDaRB.

Oui, c’est lui qui prétend avoir affaire à toi:

Et qui veut , dans le champ où l’honneur vous appelle. Qu’un combat, seul à seul, vuide votre querelle.

COMÉDIE

Mascarillb.

Cî'est un brave homme! 11 sait que les coeurs génJrcux Ne mettent point les gens en compromis pour eux 1

POLIDORE, à Falere.

Infin j d’une imposture ils te rendent coupable.

Dont le ressentiment m’a paru raisonnable;

Si bien qu’Albert et moi sommes tombés d’accotd Que tu satisferois Ascagne sur ce tort;

Mais aux yeux d’un chacun , et sans nulles remises. Dans les formalités en pareil cas requises.

Êt Lucile , mon pere , a d’un coeur endurci..,.

POLIDOFi, l’interrompant.

Lucile épouse Eraste , et te condamne aussi ;

Et pour convaincre mieux tes discours d’injustice, Veut qu’à tes propres yeux cet hymen s’accomplisse,

Ah ! c’est une impudence à me mettre en fureur!... Elle a donc perdu sens , foi, conscience, honneur!

icS LE DEPIT AMOUREUX,

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