‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 27 sur 127 · MASCARILLE, LÉLIE · texte numérisé non relu

MASCARILLE, LÉLIE

Mascarilli.

! vous étiez sorti? Je vous cherchoîs partout..... Hé bien , en sommes-nous enfin venus à bout ?

Je le donne en six epups au fourbe le plus brave !...

Çk , donnez-moi que j’aille acheter notre esclave. Votre rival après sera bien étonné !

Ah J mon pauvre garçon , la chance a bien tourné! Pourrois-tu de mon sort deviner l’injustice?

Quoi ! que scroit-cc?

Anselme , instruit de l’arthSce»

M’a repris maintenant tout ce qu’il nous prêtoit.

Sous couleur de changer de l’or que l’on doutoit.

COMÉDIE. 4f

Mascakilli.

Vous vous moquez , peut-être ?

• LÉ Lit.

II est trop véritable!

Mascarille.

Tout de bon !

Tout de bon. .. J’en suis inconsolable.

Tu te vas emporter d’un courroux sans égal?

Mascarille.

Moi , Monsieur ?... Quelque sot ! la colcre fait mal» It je veux me choyer , quoi qu’enfin il arrive.

Que Célie, après tout > soit ou libre ou captive.

Que Léandre l’achette ou qu’elle reste là, ....

( Il fait un signe de de’dain. )

Four moi , je m’en soucie autant que de cela.

n*aye point pour moi si grande indifférence •

£t sois plus indulgent à ce peu d’imprudence!

Sans ce dernier malheur ne m’avoûras-tu pas Que j’avois fait merveille , et qu’en ce feint trépas Î’éludoîs un chacun d'un deuil si vraisemblable Que les plus clairvoyans l’auroient cru véritable ? Mascarille.

Vous avez , en effet , sujet de vous louer !

Eh! bien, je suis coupable, et je veux l’avoucrj Mais, si jamais mon bien te fut considérable,

Héparc ce malheut et me sois secourable !

4 ^ L*ÉTOURPI;

Je VOUS baise les mains; je n’ai pas le loisir*

Matcarille > mon fils !

Mascarilli»

Point.

Faii-moi ce plaisiri Mascarille.

Kon, je n’en ferai rien.

Si tu m’es inflexible»

Je m’en vais me tuer.

Mascarille.

Soit ; il vous esc loisible*

Je ne puis te flt^chir?

Mascarillx.

Kon.

L i L I B , tirant son

Vois-tu le fer prët^

Mascarille.

Oui.

Je vais le pousser.

Mascarilee.

Faites ce qu’il vous plaît.,

*u n’auras pas regret de m’arracher 1a vie?

Non.

COMEDIE

Mascarille.

L li L I E.

Adieu, Mascarille.

Mascarille.

Adieu, Monsieur Ldlie*

Quoi !...

Mascarille,

Tuei-vous donc vite. Ah ! que de longs devis! L É L I £, remettant son ép^e dans le fourreau.

Tu voudrois bien , ma foi 1 pour avoir mes habits.

Que je fisse le sot et que je me tuasse?

Mascarille.

Savois-jc pas qu*enfin ce n’dtoitquc grimace;

Et, quoi que CCS esprits jurent d’effectuer.

Qu’on n’est point aujourd’hui si prompt à se tuer.

Page 1