D. JUAN
Cela ne se peut pas. Dieu ne saurott laisser mourir de faim ceux qui le prient du soit au matin....
. Tiens , voila un Louis d’or -, mais je te le donne pour l’amour* de l’humanité.
t« Quoique cette scène , dont les seules âmes fotbles et mal instruites pouvoient se scandaliser , fnC «upprimée à la seconde représenution du Ftstin i*
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Pierre y racharnement du parti qui aroit crié à l’anathême sc soucie.nc avec toute son animosité » parce qu’il restoic dans la scene sixième du cinquie* me acte un portrait admirable de l’hypocrisie . qui redoubloit les crainti;s qu’on avoic de Tartuffe , dit encore M. Brer. i»
ce C’est Tartuffe annoncé , et dont les trois premior» actes aroient déjà été joués, dans la sixième journée des Plaisus de Vljle enchantée , que redoutoisnt les faux dévots. C’est ce chef-d’œuvre de la Scene Françoise , dont l’approche les faisoit frémir ; et le médiocre ouvrage du Festin de Pierre y contre lequel on lança la plus indécente satyre , -fut le prétexte que la frayeur d’être bientôt démasqué t saisir avec précipitation , et plus de mal adresse encore La cabale hypocrire fit paroître » sous le nom de Rochemont , des Observations sur le Festin de Pierre.... 11 est peu d’exemple d’une satyre aussi envenimée et aussi plate.... On y fit deux réponses anonymes.... Dans la seconde des deux , on apprend que Louis XIV , loin de sc laisser entraîner par ces criaillcries , ajouta une nouvelle pension à celle qu’il avoir déjà donnée à .Molière. Cette nouvelle faveur redoubla la haine des faux dévots; et ce Koi, protecteur déclaré de notre Auteur, ce Prince à qui rien ne resistoit alors, éprouva que leur cabale étoiK de ses ennemis les plus difficiles à vaincre.
cc C’est encore le Festin de Pierre de Molière , qui paroît quelquefois sur le Théâtre François -, mais avec
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■des changemens ce mis en vers par Thomas Cof-* reillc , que les hypocrites ne presdeuterent point , parce qu’il n'avoit aucune part à Tartuffe.... « ce l’empressement d'enlever des Spectateurs i rHôtcl de Bourgogne fit que Molière se contenta de donner en prose sa Comédie du Festin de Pierre. C’dtoic une nouveauté inouïe alors qii'unc Piece de cinq actes en prose , observe Voltaire. On voit par-là combien l’habitude a de puissance sur les hommes, et comme elle forme les d'fFJrens goûrs des nations»
Il y a des pays où l’on n’a pas l’idce qu’une Comédie puisse réussir en vers, l.es François, au contraire , ne croyoient pas qu’on duc supporter une longue Comédie qui ne fût pas rimée. Ce préjugé fit donner la )5rcfércnce au Festin de Pierre de Villiers ( joué i l'ilôrcl de Bourgogne , en 1659 ) sut celui de vtolicrc ; et ce préjugé a duré si long-tems , que .Thomas Corneille, en 1 67 j , immédiatement après la mort de Molière , mit son Festin de Pierre en vers. (11 ne fut loué' avec ces changemens, qu’en 1677.)
Il eut alors un grand succès , sur le Théâtre de U rue Guénégaud ; et c’est de cette seule maniéré qu’on le représente aujourd’hui.... &c. »
C’est aussi de cette manière que nous l’avons donné , dans le septième volume des Comédies du Théâtre François de notre Collection.
* Vuimour Médecin y Comédie - Ballet, ciî ' trois actes, en prose, avec un Prologue en vers «
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des Intermedes mêlés de chants et de danses , représentée , pour la première fois , devant Iç Roi, à Versailles, le 15 Septembre , et à Paris, sur le Théâtre du Palais-Royal, le 2 a du même mois j imprimée à Paris , Tannée suivante , avec un Avis au Lecteur, chez Pierre Traboiiillet , /«-I X.
* Lt Misantrope , Comédie , en cinq actes f en vers , représentée , pour la première fois , à Paris , sur le Théâtre du Palais-Royal ,.le 4 Juin J66Ü i imprimée à Paris , la même année , chez Jean Ribou , in-ii,
. * Lç Médecin malgré lui , Comédie » en trois actes , en prose , représentée , poutx la première fois , sur le Théâtre du Palais-Roydl , le 9 Août 1666 i imprimée , après la mort de TAuteur , à Paris, en lôSz , chez Denis Thierry , in-ii.
Mélicerte , Pastorale-héroïque , en deux actes , en vers , représentée , devant le Roi , à Saint- Germain-en-Laye , le a Décembre \CGr> j imprimée , après la mort de TAuteur, à Paris, en s6dz , chez Denis Thierry , *«-12.
Cette Pastorale-héroïque , dont Molicte avoit pris
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le sujet dans rnistoUe'dc Timarere et de Sdsostrîs du Roman de Cyrus , fit une partie de U fetc du Ballet des Muset , de Benserade , exécuté et dansé par le Roi , à Saint - Germain , dit M. Bret, dans l’Aveitisscment qu’il a mis au-devant de Mdlicerte.
<t Malgré les recherches qu’ont faites les infatiguablcs Auteurs de VHistoire du Th/atre Fronçait , ( lc3 frères Parfaict ) il est encore indécis quelle place occupa dans ce Ballet la nouvelle production de Molière, Gn sait seulement que Louis XIV ne donna point à l’Auteur le teins de la finir , et qu’on n’en représenta que les deux actes qu’il n’avoit, au plus, qu’esquissés. Molietc n’étoit point ici conduit par son génie; eu quelque délicatesse qu’on, trouve dans la scène troisième du second acte , ( entre Mélicerte et Mirtil^ son amant ) le Public doit peu regretter qu’il n’aie pas éii le dessein de finir un Ouvrage de ce genre, pour lequel il falloit un talent bien au-dessous du sicn.)> « 11 murmura , sans doute , plus d’une fois , de la nécessite où les amusemens de la Cour le mettoient trop souvent de descendre si fort au - dessous de lui-même; mais Louis XIV n’étoit pas un Monarque à qui l’on pût refusée quelque chose , et les beaux-Arts lui dévoient trop pour qu’ils ne se prêtassent pas à se sacrifier eux-mêmes à scs plaisirs... » Mélicerteest une jeune personne delà Cour de Thessalie , que les malheurs survenus à sa famille en ont faib retirer, avec sa merf'. Rélise, qui l’a élevée obscurément , parmi les Bctgcis de la vallée de Tempé.
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Tîcerte est Rîmée d’un Berger , nommé Mirtil , qu’elle aime , lequel est l’objet de la rivalité de deux autre* lîergcrcs , qui dédaignent pour lui deux Bergers , leurs amans. Le Roi de Thessaîie , instiuit de la retraite ëe Mélicerte , vient l’y chercher, dit-on , pour la rétablie dans les honneurs dûs à sa naissance et la marier à un grand Seigneur de sa Cour. C’est -U où Moliere est resté de ce sujet.
Guérin , fils du Comédien de ce nom , qui avoife dpousé la veuve de Moliere ,* acheva cette Pastoralehéroïque , en y faisant un troisième acte y en vers libres. 11 osa aussi mettre en vers libres les deux actes de Moliere et y faire quelques changemens , c# il fit jouer cette Pièce, sous le titre de Mirtil licene , avec un Prologue, en vers libres, et des In* termedes, dont la musique fut faite par de Lalande , Waîirc de la Musique du Roi, le lo Janvicnépp. Elle eut neuf représentations , et fut imprimée , la même année, à Paris, chez Pierre Trabouillet, in- 12 , avec «ne Préface , une Épître dédicatoire adressée à la Princesse de Conti , et deux pièces de vers adressées à la mêfric Princesse, en remerciement de ce qu’elle avoir fait jouer cette Pastorale-héroïque à Fontainebleau.
et Tout cela ne fit point pardonner à Guérin le fils ie faire autant de tort à la gloire de Moliere, ea osant toucher à un de ses Ouvrages qu’en avoit fait son pere à la veuve de Moliere , en devenant soi^ fécond époux , » dit encore M. Eret»
La Pastorale comique , en lui acte * mêlée de-
scenes récitées et de scenes chantées , avec des divertissemens , musique de Lully , faisant la troisième entrée du Ballet des Muses , de Benscrade, représentée , dans ce Ballet, devant le Roi , à Saint-vGcrmain-en-Laye , le a Décembre ; non imprimée en entier, mais seulement les vers de chant , dans la partition de Lully , la jnêinc année , chez Robert Ballard , fn-4®. , et dans les (Ëuvres de Moliere , depuis sa mort.
, cc Moliere supprima toutes les scenes parlées de cette Pastorale comique , dit M. Brec , dans l’A.vcrt'vsscmçnt qu’il a placé au-devant , et nous n’aurions pas plus de connoissance des vers qu’il ht pour Lully,^ si la partition de ce grand Musicien ne les avole conservés. »
U y a apparence que le sujet de çette Pastorale comique consistoit en la rivalité de trois Bergers, amans d'une Bergere , ec que des trois il y en avoit deux beaucoup plus riches que l’autre , qui , cepen-: danc, éto.ic préféré par elle*
^ Le Sicilien , ou L*^dmour Peintre , Comédie- Ballet , en un acte , en prose , mêlée de chants et de danses , représentée , pour la première fois , devant le Roi , à Saint-Germain-cn-Laye , à la repiise du BalUt des Muses , dc Bcnscradc , au.-
quel elle fut jointe , le 5 Janvier 16^7, et, à Paris , sur le Théâtre du Palais-Royal , le lo Juin suivant 3 imprimée, à Paris , en 1^68 , chez Jean Ribou , in- 1 2,
* V Avare , Comédie , en cinq actes , en prose, représentée, pour la première fois, au Théâtre du Palais-Royal , en 1 , retirée après la première représentation , et remise le *> Septembre 17685 imprimée , à Paris , après la mort de l’Auteur , en 167^ , chez Claude Barbin , in-12.
Almphhrion , Comédie , en trois actes , en vers libres , avec un Prologue , aus^ en vers libres , représentée , pour la première fois , au Théâtre du Palais-Royal , le Janvier 16685 imprimée , à Paris , après la mort de l’Auteur , avec une Epître dédicatoire qu’il avoit adressée au grand Condé , en 1674 , chez Claude Barbin , in-12.
George Dandln , ou Le Marî confondu Comédie , en trois actes , en ptose , représentée , pour la première fois, avec des Intermèdes, mêlés de cirants et de danses , musique de Lully ^
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devant le Roi , à Versailles , le iS Juillet jéôS ,* à Saint-Germain-en-Laye , le 3 , le 4 , le y et « Novembre suivant , et , à Paris , sans intermedes, sur le Théâtre du Palais-Royal , le ^ du même mois i imprimée , à Paris , avec les Intermèdes , la même année , chez Robert Ballard , m-4®. , et sans les Intermèdes , en 1 , chez Jean Ri-,
bou f in- 12.
^ Monsieur de Poureeaugnac , Comédie-Ballet,' en trois actes , en prose , avec des Intermèdes , mêlés de chants et de danses, musique de Lully, représentée , pour la première fois, devant le Roi, à Chambord , le Octobre 166^, à Versailles, | le >4 Novembre suivant, et à Paris , au Théâtre j du Palais-Royal , le 1 5 du même mois'i imprimée à Blois, en i66v , chez Jules Hotot, , à
Paris, en icyo , chez Robert Ballard , même format, et en , dans les CEEuvres de l’Auteur , chez Denis Thierry , in-ii.
* Le Bourgeois Gentilhomme , Comédie-Ballet,
«n cinq actes , en prose , avec des Intermèdes mêlés de chants et de danses , musique de Lully , pptésentée , pour la ptemiexe fois , dçyam le
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^oî , à Chambord, le 14 Octobre 1670 , en Novembre suivant , à Saint-Gcrmain-en-Laye , et, ensuite, à Paris, sur le Théâtre du Palais- Royal , le 19 du njême mois j imprimée, à Paris , la même année , chez Robert Ballard , în-4°. , et , après la mort de l’Auteur , dans ses Œuvres , en léKi , chez Denis Thierry , in-ra.
Ps^cAe, Tragi-Comédie-Ballet , en cinq actes, en vers libres , avec un Prologue et des Intermèdes , mêlés de chants et de danses, musique de Luily , représentée , pour la première fois , devant le Roi , à Paris , sur le Théâtre des Machines , construit exprès , au Palais des Tuileries, en Janvier 1^71 , et au Théâtre du Palais-Royal , le II Novembre suivant J impriméç, à Paris, la même année , avec un Avertissement , contenant la description de la Salle , chez Robert Ballard, et, après la mort de l’Auteur, en
3^73 , chez Claude Barbih , in-ia»
ce Le Spectacle de l’Opera , connu en France sous le Ministère du Cardinal Maiarin, éroir tombi par sa snorc , observe Voltaire dans scs jugement sur les Pièces de Molicre. Il commcnçoit'à sc relever. Per-y 2în, introducteur des Ambassadeurs chei MoNsuua,
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frété de Louis XIV, Lambert, Intendant de. la Musique de la Reine-Mcrc , et le Marquis de Sourdeac , homme de goût , qui avoit du génie pour les machines , avoient obtenu , en 1669 , le Privilège dc ropera ; mais ils ne donnèrent rien au Public qu’en «671. On ne croyoit pas alors que les François pussent Jamais soutenir trois heures de musique , et qu’une Tragédie toute chantée pût réussir. On pensoit que le comble de la perfection est une Tragédie déeUmée, avec des chants et des danses dans les Intermèdes. On ne songeoit pas que si une Tragédie est belle et intéressante les cntr’actes de musique doivent en devenir froids , et que si les Intermèdes sont brillans, l’orcillca peine à revenir tout d’un coup du charme de la musique à la simple déclamation, üa Ballet peut délasser dans les cntr’actes d’une Pièce cnnnyeuse : mais une bonne Piece n’en a pas besoin, ce l’on >oue Aihalie sans les choeurs et sans la musique. Ce ne fut que quelques années après que Lully et Quinaulc'nous apprirent qu’on pouvoir chanter toute une Tragédie, comme on faisoic en Italie, et ^u’on la pouvoit même rendre intéressante ; perfection que l’Italie ne connoissoic pas.
cc Depuis la mort du Cardinal Maaarin on n’avoit donc donné que des Pièces à machines , avec des slivercissemens en musique , telles c^' Andromède et Xa Toison d'or. On voulut donner au Roi et à la Cour , pour l’hiver de 1670, un divertissement dans C« £oût , et y ajouter des danses. MoUecc fut chargé
du
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sujet de la Fable » le plus ingénieux et le plus galant» etquiétoit alors en vogue par le Roman, beaucoup trop alongé , que La Fontaine venoit de donner , en 1669. i>
c« Il ne put faire que le premier acte, la première scène du second et la première du troisième. Le tems pressoir. Ficrre Corneille se chargea du reste de la Pièce. Il voulut bien s’assujettir au plan d’un autre; et ce génie mâle, que l’âge rendoit sec et sévere , s’axnolit pour plaire à Louis XIV. L’Auteur de Cinna fie à l’âge de soixante-quatre ans cette déclaration de Psyché à l’Amour» (scene troisième du troisième acte) qui passe encore pour un des morceaux les plus tendres et les plus naturels qui soient au Théâtre. » cc Toutes les paroles qui se chantent sont de Quinault. Lully composa les airs. Il ne manquoit i cette société de grands Hommes que le seul Racine , afin que tout ce qu’il y eût jamais de plus cxcellenc au Théarrc se fût réuni pour servir un Roi qui raéritoic d’être servi par de tels hommes.
« Psyché n’est pas une excellente Piece , et les derniers actes en sont très-languissans ; mais la beauté du sujet , les ornemens dont elle fut embellie et la dépense royale qu’on fit pour ce Spectacle firent pardonner ses défauts. » |
c( Cette Piece fit les plaisirs de la Cour pendant le carnaval de 1670 » dit M. Bret » dans l’Avertissement qu’il a placé au-devant , et ne parut au Théâtre du Palais-Royal que vers la fin de i <$71 , ou elle eu^
trente-deux représentations de suite. Le célébré La lontaine venoic de faire paroître son ingénieux Roman de Psyché, en vers et en prose. Sans doute, lorsque Loûis-le-Grand demanda à Molière un nouvel Ouvrage qui pût donner lieu à des Fêtes dignes âe son goût , ce fut au Pvoman de son ami qu’il dut ridée de traiter ce sujet si propre à produire ce Spectacle magnifique , où la terre , les Cieux et les enfers pouvoient offrir ce qu’ils avoient de plus varié , et dont Houdart de La Motte dit qu’'il eût pu lui seul fairg^inventer l'Opera, sî
« Molière ne pouvoit asservir son génie à celui de personne ; et quelque cas qu’il fît de celui de La Tontaine, il s’écarta de la route que le Fabuliste inimitable et le conteur naïf avoit suivie. De tous les 'incidens du Roman de Psyché , il ne paroîc avoir imité que l’objet de sa descente aux enfers , où cette Princesse va chercher , de la part de Vénus irritée , une boîte que devoit lui remettre Proserpine. »
«< Il traça donc , de cette Fable, déjà connue par les Romans anciens d’Apulée et de Fulgencc, un plan beaucoup plus noble quç celui de U Fonmine , et plus convenable à la Fête pour laquelle elle étoit destinée , mais comme il se vit extrêmement pressé par le tems , il recourut au plus grand homme qui vécût alors , et qui , dans ce moment , par scs deux dernières Tragédies d'Agésilas et d'Attila , •scmbloit avoir aiguisé les armes de ceux qui cherchoient il l’iœfnolçt entièrement à ion jeunç rival,’ j>
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SI choix que Moliere £t eu grand Corneille a de ia noblesse . le procédé de ce dernier fut magnarlinc , pubqu’il consentit à s’asservir au plan d’un autre , et qu’il termina en quinze jours un Ouvrage en cinq actes , dont Molière n’avoit fait que les vers ^ui se récitoient dans le Prologue, le premier acte, la première scene du second et la première du troisième. »
ce Quinault fut chargé des Intermèdes , à l’exception de celui du premier acte , qui consiste en deux dialogues Italiens, de la composition de Lully, Auteur de toute la musique Je ce Poeme....
« Nous ne le dissimulerons point , le principal honneur de cette Tragédie l'allcc dut appartenir à Corneille , et Moliere droit assez grand pour n’en être pas jaloux.... Une action héroïque , et tournée entièrement vers l’amour , ne pouvoir donner qu’im foible exercice au vrai talent de Moliere. L’amusement de son Maître droit ici son objet, beaucoup plus que sa propre gloire. « ce Pour QuiiiauU , »*il n’eût été connu que par les Intermèdes de Psyché, il' eût été peu digne de la place de l’ Académie Françoise qu’il venoit d’obtc-, nir ; mais il étoit l’Auteur de La Mtre coqiutu , et il avoir eu , dans le genre tragique , plus d’un de ces succès du moment qui sont toujours comptés par la génération qui en a été témoin.... «
La Salle des Machines où cette Tragédie-Ballet fut exécutée J avoit été construite et décorée, pat ordre
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du Roi , sur les dessins et sous la conduite des sieurs Ratabon et Vigarini , avec une magnificence qu’on a peine à imaginer aujourd’hui; mais dont on trouve la description dans l’ Avertissement placé au - devant de la Pièce, dans la première édition in-4®., de Robert liallard , et dans un Ouvrage de l’Abbé de Pure , intitule , Id/e des Spectacles anciens et nouveaux.
Tout le monde connoît le sujet de cette Tragédtç- Ballct , dont le Prologue en est une sorte d’argument , en action , dans le commencement duquel se trouvent quelques louanges pour louis XIV. Les sujets des Intermèdes sont aussi liés au sujet principal , c: concourent à son développement et à sa fin. Cette pièce fut remise au Théâtre ic premier Tuin 170^ , et eut vingt-neuf représentations en deux mois. « Ce qui contribua beaucoup au succès de cette reprise * disent les freres Parfaict , dans leur Histoire du Théâtre François, tome quatortieme , page , c’est qu’in- ^épendammenc des dépenses que les Comédiens avoient faites pour la donner avec éclat , en y joignant de brillantes décorations , des machines dont l’exécution droit parfaite , et des Ballets de goût et bien rendus , l’Acttrcc < Mademoiselle Desmarcs ) qui représentoic le personnage de Psyché, et l'Acteur { Baron, fils ) qui Jouoic celui de l’Amour, quoiqu’excellens tous deux, SC surpassèrent encore dans ces deux rôles. On dit qu’ils ressentoient l’un pour l’autre la plus vive tendresse, et que leurs ta>ens supérieurs ne furent employés que pour marquer avec plus de précision 1« tentimens de leurs cœurs. »
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Lts Amans magnifiques ^ Comédie-Ballet, en cinq actes , en prose , avec des Intermèdes , mêles de chants et de danses , musique de Lully leprésentée ,pour la première fois , devant le Ro .à Saint-Germain-en-Laye , sous le titre de Divt^ iissement Royal y le 7 Septembre isyo j à Paris apres la mort de l’Auteur , le 15 Octobre i 6%2 , et en 1704 , avec un Prologue et des Intermèdes nouveaux , de Dancourt j imprimée , à Paris , en 1 ^70 , avec un Avant-propos , chez Robert Ballard , in 4®. , et en 1682, dans les (Euvres de l’Auteur, chez Denis Thierry , in- 12.
cs^Louis XIV , lui- même , donna le sujet de cette Viece à Molicre , dit Voiraire , dans ses jugemens siif les Pièces de cet Auteur. Il voulut qu’on représentât deux Princes qui se disputeroient une maîtresse , en lui donnant des fêtes magnifiques et galantes. Molière servit le Koi avec précipitation. Il mit dans cet Ouvrage deux personnages qu’il n’avôit point cr.cortt fait patoître sur son Théâtre , un Astrologue et un fou de Cour. Le monde n’étoit point alors désabusé de l’astrologie judiciaire. On y croyoit d’autant plus ^u’on connoissoit moins la véritable astronomie. I est rapporté dans Vittorio Siri ( Historiographe de- France ) qu’on n’avoit pas manqué â la naiisance de 1.0UÎS XIV de faire tenir un Astrologue dans un ca»-
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binct voisin de celui où la Reine accouchoit. C’est dans les Cours que cette superstition règne davantage , parce que c’est- là qu’on a plus d’inquiétude suc l’avenir. Les fous y étoienc aussi à la mode» Chaque Prince et chaque grand Seigneur môme avoit son fou ; et les hommes n’ont quitté ce reste de barbarie qu’à mesure qu’ils ont plus connu les plaisirs de la société et ceux que donnent les bcaux-Arts. ï,c fou qui est représenté dans cette Pièce n’est point un fou ridicule.... mais un homme adroit , et qui ayant la liberté de tout dire s’en sert avec habileté et avec finesse.... Cette Pièce ne fut jouée qu’à la Cour , du vivant de l’Aiiteur , et ne pouvoit gueres ïéussir que par le mérite du Divertissement, et pac celui de l’à-propos.... »
M. Bret observe, dans l’avertissement qu’il a mis au-devant de cette Picce, que c< M. Gaillard , dans son éloge du grand Corneille , die que Moliere semble avoir copié , à quelques égards , dans ses Amant J^îagnijiques , la Comédie héroïque de D. Sanehe. d’Arragon, et il se trouve , en effet , quelques rapports d’une Piece à l’autre, n
ce Sostrare ( Général d’Arméc , et amant de la Princesse Ériphile , fille de la Reine de Thessalle ) est . comme D. Sanebe , un Héros amoureux , malgré la bassesse apparente de sa fortune , d’une Princesse qui rougit également et de l’amour qu’elle inspire , er de celui qu’elle éprouve pour un inconnu. Comme D- Sanchc , U a deux Princes poui
rivaux ( Iphicrate ek Timoclis, ) et c’est à lui de nommer , comme D. Sanche , celui de scs rivaux qu’il croit le plus digne de la Princesse. C’est i ces seuls traits que se borne la légère ressemblance de ces deux ouvrages , aussi difFérçns entr’eux , dans leur totalité , que le génie de ces deux grands hommes. »
ce Le plan de cette Comédie avoit presque été dicté par Louis XIV , qui , voulant donner à la Cour un divertissement composé de tous ceux que l'Art théâtral peut fournir , conçut l'idée de deux Princes rivaux ^ qui , dans la Vallée de Tempé ^ ou Von doit célébrer les jeux PyikienSy régalent Jt Vtnvi une jeune Princesse et sa mere , de toutes les galanteries dont ils peuvent s'aviser, dit l’avant-propos , qui se trouve à la tête de cette Piece. Obligé de se conformer à cette idée donnée par son Maître , Moliere ne se douta point qu’il s’avoisinoit un peu de l’intrigue de D, Sanche d'Arragon. Si Corneille l’entrevit , il ne s’en plaignit point , et il put s’en croire honoré.... »
cc On sait que { le prétendu Sorcier Simon ) Morin avoir prédit hautement que Gassendi mourroit sur la fin du mois d’Août i6yoî ce qui n’arriva pas. Cette charlatanerie des sciences humaines auroit été la seule fourberie qui eût échappé à l’esprit philosophique de Moliere, éleve de Gassendi; et, en habile homme, ibne pouvoir en faire meilleure justice qu’en la poursuivant dans un cercle de Princes «t de Princesses chez lesquels cçtte Science ildlculf
a toujours trouvé plus de dupes , parce qu’ils se persuadent aisément que la nature est occupée de leur destin. )>
c( Clitidas ( Bouffon de cette Piece ) n’est pas un fou comme Moron ( Bouffon de La Princesse d'Eîide), Moliere n’a jamais tracé deux portraits égaux. Clitidas est une espece de confident adroit et intrigant ^ qui s’est acquis la liberté de tout dire > et qui so joue de ses maîtres , en servant leurs foiblesses ; moyen sûr dans les Cours de faire dépendre le maître même de l’esclave. L’Angcly , que le Prince de Condé avoit amené de Flandres , et qu’il avoie donné à Louis XIV, étoit un fou spirituel et malint à qui Clitidas devoit ressembler beaucoup.... vt
cc Quelque plaisir que prit la Cour à cette Comédie-Ballet , Molière ne la jugea pas propre aux amusemens de la ville. Les Comédiens François la représentèrent en i68S , avec peu de succès ; et lorsqu’en 1704 , Dancourt , avec un Prologue et des Intermedes de sa façon, voulut la faire reparoître i Paris , il éprouva que Moliere avoit pour scs propres ouvrages un coup - d’oeil assuré « et qu’il avoit fait sagement de ne point risquer une dépense considérable, dont les dédommagement étoient très-incertains. Dancourt auroit dû réfléchir que l’entëtcment de l’astrologie judiciaire avoit disparu des Cours , et que le régné de la Philosophie , invoqué par les Descartes cc par les Bayles , s’annonçoit déjà dai^ nos climats. En sorte que U ptincipai»
XTlâchine de Tintriguc des Amans Magnifiques ne ponvoic plus produire aucun eflFct. II droit même tard , en 1670, pour attaquer cette folie de l’esprit humain , qui paroissoit avoir ddja fait place à d’autres. Cependant, la confiance qu’avoit témoignée Morin, en 1650 , à l’occasion de Gassendi , droit une preuve qu’il est des erreurs qui ne disparoissent jamais entièrement , et Molière crut devoir lui opposer toute la force de la raison supérieure.... »
cc Malgré le peu de succès qu’eut cet ouvrage à Paris , on y trouve , en général , de la conduite , de la noblesse , de l’invention et des grâces. Il scroit encore un des plus propres à servir à des fêtes publiques et qui demandent de la dignité , sans le personnage d’Anaxarque ' l’Astro'oguc ) , qui n’est plus rien dans un siècle où les lumières de la Philosophie ont , au moins , dissipé des ténèbres aussi épaises que celle de l’astrologie judiciaire.. .
On sait de quelle maniéré MoIiere a traité le sujet de cette Picce, qui, d’ailleurs, est assez sufHsamenc détaillé dans tout ce que nous venons de rapporter, les Intermèdes en sont formés par des Divinités célestes , terrestres et marines qui chantent et dansent, selon leurs difFérens caractères , et relativement au fonds du sujet de la Piece. On y exécute une petite Pastorale , en chant , représentant des amours champêtres de la vallée de Tempé , et ensuite la fête dos jeux l'ythiens. Le Roi, le Duc de Villeroi , le Marquis de Rassent , et d’autres Seigneurs de la Cour y,
dansèrent , avec les Danseurs et Danseuses ordinaires des KaitwtSc
^^ül:cr^ a placé dans la scene septième de !a petite Pastorale, trcisicmc Intermède entre >e second et k troisième actes de la Pièce, la Traduction de l’O.* r d’Horace Donec gratus eram , 5cc. , dont J. J. Rouiser.u paroit avoir depuis adopté la lournurc dans son ùt'vin de Village,
* Les Fourberies de S:apin , Corne die , en trois acres , en prose, représentée , peur la première fois , à Paris , au Théâtre du Pr/icis Rryei , le 14 Mai 1671 j imprimée, à Paris, aptes la mort de l’Auteur, et dans ses CEuvres , en lôSit chez Denis Thierry , in- 12.
* La Comtesse d'Escarlagnas , Cerné die , en prose , avec une Pastorale , mêlée d’intcnncdcs , de chants et de danses , formant sept petits actes, sous le titre du Ballet'des Ballets, .Tuisiaue de Lully 5 représentée , pour la première foir , devant le P.oi , à Saint-Gcrmain-en-Layc , en Décembre 1^71 , et à Paris , au Théâtre du Palr.is- Royaî, le 8 Juillet 1^725 imprimée, à Paris, en 1671, chez Robert Pallard , r«-4°. , et, après la mort de l’Autetir , dans scs GEuvres , €H i68i , chez Denis Thierry , in-is.
Les Femmes savantes , Comédie , en cinq actes, en vers , représentée, à Paris, sur le Théâtre du Palais- Roy al , le ii Mars 1671 j imprimée , à Paris , après la mort de l'Auteur , eu 1^76, chez Pierre Ttabouillet, in-ii.
^ Le Malade imaginaire , Comédie-Ballet , en' cinq actes , en prose, avec deux Prologues et des Intermèdes , en vers libres , mêlés de chants et de danses , musique de Lully , représentée , pour la première fois , à Paris , au Théâtre du Palais- Royal , le 10 Février 1073 j imprimée, à Paris, la même année , chez Christophe Ballard.', , et , après la mort de l’Auteur , l’année suivante , à Cologne , chez Jean Sambix , in-ia.
Outre ces Pièces , on sait que Molière en 1 encore compose d’autres dans sa jeunesse. Ces Pièces ctoient autant de petites Farces , chacune d’un acte. Elles pnt été représentées en Province, par lui et pat la Troupe ambulante dont il fut d’abord Directeur -, mais elles n’ont jamais 'été imprimées , et il en a , depuis , transporté quelque chose dans quelques-unes de ses Pièces connues. Voici les titres de douze de ses petites Pièces a tels qu’ils nous sont parvenus.
j?4 CATALOGUE DES PIECES ,
Le Docteur amoureux , Le Docteur pédant , Les trois Docteurs rivaux , Le Maître d'Ecole , Le Médecin volant^ La jalousie de Barbouillé ^ La jalousie de Gros René , G or gibus dans le sac , Le Fagoteux , Le grand Benêt de fils , et Gros-René , petit enfant.
On croit encore que Molière a laissé plusieurs plans*, plusieurs canevas , et même quelques ftagmens de Comédies , que sa veuve remit au Comédien La Grange j mais dont tout a été perdU; jusques aux titres,