‹ Chef-d'œuvres de MolièreChapitre 44 sur 127 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

LÉLIE, MASCARILLE

OovRAGB y mon garçon 1 tout heur nous accorapa* gne! i

Mettons flamberge au vent, et bravoure en campagncî Faisons l’Oiibrius , i’occiscur d’innocens !

Il t’avoit accusé de discours médisans Contre....

Mascarille , l'interrompant.

Et vous ne pouviez souffrir mon artifice y Lui laisser son erreur, qui vous rendoit service.

Et par qui son amour s’en étoit presque allé^...

( A pan. )

Kon , il a l’esprit franc et point dissimulé !

Enfin chez son rival je m’ancre , avec adresse:

Cette fourbe en mes mains va mettre sa maîtresse y Il me la fait manquer avec de faux rapports]

Je veux de son rival ralentir les transports;

Mon brave incontinent vient qui le désabuse :

J’ai beau lui faire signe et montrer que c’est ruse;

Point d’aifaire ! il poursuit sa pointe jusqu’au bout.

Et n’est point satisfait qu’il n’ait découvert touti Grand et sublime effort d’une imaginative.

Qui ne le cede point à personne qui vive !

C’est une rare piece et digne , sur ma foi i Qu’on en fasse présent au cabinet d’un Rot !

Je ne m’étonne pas si je romps tes attentes ;

A moins d’âtre informé des choses que tu tentes. J’en ferois encor cent de la sorte.

Mascarille.

Tant pis !

Au moins , pour t’emporter à de justes dépits , Tais-moi dans tes desseins entrer de quelque choseï Mais que de leurs ressorts la porte me soit dose : C’est ce qui fait toujours que je suis pris sans verd. Mascarille.

Ah! voilà tout le mal: c’est cela qui nous perd. Ma foi ! mon cher patron , je vous le dis encore. Vous ne serez jamais qu’une pauvre picore.

Puisque la chose est faite, il n’y faut plus penser. Mon rival , en tout cas , ne peut me traverser î £t , pourvu que tes soins , en qui je me repose.,.. Mascarille.

Laissons-là ce-dîscours et parlons d’autre chose.

Je ne m’appaise pas, non , si facilement.

Je suis trop en colere. II faut premièrement Me rendre un bon office, et nous verrons , ensuite. Si je dois de vos feux embrasser la conduite,

S’il ne tient qu’à cela, je n’y résiste pas.

As-tu besoin, dis-moi, de mon sang, de mon bras f

Diqiti.’' '-i :■ ,

COMÉDIE

Mascarilli, il fart.

De quelle vision sa cervelle esc frappée ( A 1 ilie. )

Vous êtes de l’humeur de ces amis d’épée.

Que l'on trouve toujours plus prompts à dégainer Qu’à tirer un teston, s’il falloit le donner.

Que puis- je donc pour toi?

Mascarille.

C’est que de votre pere Il faut absolument appaiset la colere,

Kous avons fait la paix.

MASCARILtl.

Oui; mais non pas pour nom.

Je l’ai fait, ce matin , mort , pour l’amour de vouss La vision le choque , et de pareilles feintes,

A ux vieillards comme lui , sont de dures atteintes. Qui , sur l’état prochain de leur condition , leur font faire , à regret , triste réflexion, le bon homme , tout vieux , chérit fort la lumkre,

Lt ne veut point de jeu dessus cette matière :

Il craint le pronostic ; et, contre moi f5ché ,

On m'a dit qu’en justice il m’avoit recherché.

J’ai peur si le logis du Roi fajt ma demeure.

De m’y trouver si bkn, dès le premier quart-d*heurO>. Que j'aye peine aussi d’en sortir par après.

Contre moi , dès long-tems , on a force décrets Car enfin la vertu n’est jamais sans envie,

’oi}

£t dans ce maudit siccle est toujours poursuivie*

Allex donc le fléchir.

Oui , nous le fléchirons....

Mais aussi tu promets....

Mascakillb.

Ah î mon Dieu , nous verrons!

( Lélie s’en va. )

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