CÉLIE, ANDRÉ S
O VS le savet, Célie, il n’est rien que mon cœur N’ait fait pour vous prouver l’excès de son ardeur. Chez les Vénitiens, des un assez jeune âge,
Le guerre en quelque estime avoit mis mon courage^ It j’y pouvois un jour , sans trop croire de moi. Prétendre , en les sen'ant, un honorable emploi lorsqu’on me vit pour vous oublier toute chose. Et que le prompt effet d’une métamorphose.
Qui suivit de mon coeur le soudain changement». Parmi vos compagnons suc ranger votre amant»
Sans que mille accidens, ni votre indifférence:
Aient pu me détacher de ma persévérance.
Depuis , par un hasard , d’avec vous séparé Pour beaucoup plus de tems que je n’eusse auguré» Je n’ai pour vous rejoindre épargné tems , ni peine» Enfin, ayant trouvé la vieille Egyptienne, it plein d'impatience , apprenant votre sort.
Que, pour certain argent qui leuc importoit (os^%^
Kü
ïiz L’ÉTOURDI,
Et qui de tous vos gens détourna le naufrage »
Vous avict en ces lieux été mise en otage ,
J’accours vite y briser ces chaînes d’intérêt.
Et recevoir de vous les ordres qu’il vous plaît. Cependant , on vous voit une morne tristesse.
Alors que dans vos yeux doit briller l’alégressc.
Si pour vous la retraite avoit quelques appas >
Venise, du butin fait parmi les combats,
Wc garde pour tous deux de quoi pouvoir y vivre;
Que si , comme devant , il vous faut encor suivre ,
J’y consens, et mon coeur n’ainbicionncra
Que d’être auprès de vous tout ce qu’il vous plaira.
Votre icle pour moi visiblement éclate :
Pour en paroître triste , il faudroit être ingrate;
Et mon visage aussi, par son émotion,
K’explique point mon coeur en cette occasion.
Une douleur de tête y peint sa violence ;
Et si j’avois sur vous quelque peu de puissance ,
Notre voyage , au moins , pour trois ou quatre jours,^ Attendroit que ce mal eût pris un autre cours.
Autant que vous voudrez faites qu’il se difFcrc.
Toutes mes volontés ne buttent qu’a vous plaire. Cherchons une maison à vous mettre en repos ...
( ^ppiretvant la maison où est entr^ Mascarille , et frap» pant à la porte. )
L’écriteau que voici s’offre tout à propos.
COMÉDIE