MASCARILLE, ÉRASTÉ, GROS-RENÉ
Mascar^ille, à part.
ON , je ne trouve point d’état plus malheureux \
Que d’avoir un patron jeune et fort amoureux !
Gros-René.
Bon jour.
Mascarille.
Bon jour.
Oros-René.
OÙ tend Mascarille à cette heure ?
Que fait-il ? Revient-il î va-t-il ? ou s’il demeure î
Mascarille.
Non , je ne reviens pas , car je n’ai pas été ;
Je ne vais pas aussi , car je suis arreté ,
Et ne demeure point , car , tout de ce pas même ,
Je prétends m’en aller.
La rigueur est extrême i
Doucement, Mascarille.
Mascarille.
Ah 1 Monsieur , serviteur.
Vous nous fuyez bien vite, Ehî quoi! vous fais-jc peur ?
Digilized by GoogI
COMÉDIE
' Mascarille.
Je ne crois pas cela de votre courtoisie.
Touche. Nous n’avons plus sujet de jalousie; Nous devenons amis , et mes feux que j’éteins « LaiMent la place libre à vos heureux desseins.
Plût à Dieu !
Mascarille.
Gros-René sait qu’ailleurs je me jette.
Gr o^-Rîné.
Sans doute; et je te cède aussi la Marinette.
Mascarille.
Passons sur ce point-là ; notre rivalité N’est pas pour en venir à grande extrémité.,.,
( A Eraste. )
Mais est-ce un coup bien sûr que votre Seigneurie Soit désenamourée, ou si c’est raillerie ?
J’ai su qu’en ses amours ton maître étoit trop bien, it je serois un fou de prétendre plus rien Aux étroites faveurs qu’il a He cette belle.
Mascarille.
Certes , vous me plaisez avec cette nouvelle.
Outre qu’eh nos projets je vous craignois un peu , Vous tirez sagement votre épingle du jeu.
Oui , vous avez bien fait de quitter une place Oîi l’on vous caressoit pour la seule grimace ;
Et , mille fois sachant tout ce qui se passait ,
J’ai plaint le faux espoir dont on vous repaissoit.
zo
On offense un brave homme alors que l’on l’abuse,.. Mais d’où diantre , après tout , avci-vout su la ruse i Car cet engagement mutuel de leur foi K’eut pour témoins , la nuit , que deux autres et moi , Et l’on croit jusqu’ici la chaîne fort secrcte ,
Qui rend de nos amans la flamme satisfaite.
Hé ! que dis tu ?
Mascarilae.
Je dis que je suis interdit,
Et ne sais pas , Monsieur, qui peut vous avoir dit Que sous ce faux semblant qui trompe tout le monde Ln vous trompant aussi , leur ardeur sans seconde D’un secret mariage a setre le lien.
Vous en avei menti !
Mascarillb.
Monsieur, je le veux bien.
Vous êtes un coquin 1
D’accord.
Et cette audace
Mériteroit cent coups de bâton sur la place.
Vous avei tout pouvoir.
É R A s T E , fl Grof-Riné.
Ah.1 Gros-Kencl
COMÉDIE. ai
Gros-Rsné.
Monsieur?
7e déments un discours dont je n’ai que trop peur i f A Mascarille. ) i
Tu penses fuir ?
Mascarille.
Ncnni.
Quoi ! Lucile est la femme?..*
Mascarille, l'interrompant.
Non, Monsieur, je raiilois.