VALERE, ÉRASTE, GROS-RENÉ
É R A S T E , à Valert.
H É bien, Seigneur Valcreî
Hé bien , Seigneur liraste? 't'
' En quel état l’amour i
En quel état vos feux i
COMÉDIE
Plus forts , de jour en jour!
Et mon amour plus fort.
. Tour Laicilc?
Pour cite.
Certes , je l’avoûrai , vous êtes le modèle D’une rare constance!.
Et voire fermeté
Doit être un rare exemple à la postérité !
Pour moi , je suis peu fait à cet amour austere Qui dans les seuls regards trouve à se satisfaire,
Et Je ne forme point d’asset beaux sentimens Pour souffrir constamment les mauvais traitemens; Enfin , quand j'aime bien , j’aime fort que l’on m’aime.
ll*cst très naturel , et j’en suis bien de même.
Le plus parfait objet , dont je scro's charmé, lî’auroit pas mes tributs, n’en étant point aimé.
Lucile cependant..-.
V A L E R E , l’interrompant.
Lucilc , dans son ame ,
Rend tout ce que je veux qu’elle rende à ma flamme.
B ij
,e LE DÉPIT AMOUREUX,
Vous 8tes donc facile à concenter ?
Pas tant
Que TOUS pourriez penser.
Je puis croire pourtant Sans trop de vanité , que je suis en sa grâce.
Mol , je sais que j’y tiens une assez bonne place.
Ne vous abusez point , croyez-moi.
Croyez-moi ,
Ne laissez point duper vos yeux à trop de foi.
Si j’osois vous montrer une preuve assurée Que son cccur... Non , votre amc en scroit altérée.
Si je vous osois , moi, découvrir, en secret.... Mais je vous fâcherois, et veux être discret.
Vraiment , vous me poussez , et , contre mon envie. Votre présomption veut que je rhumilic....
( Il lui donne une lettre. )
Lisez.
V A L E R £ , aprir avoir lu ias»
Ces mots sont doux !
Vous connoissez la main î
COMÉDIE. 17
Oui , de Lucile. •
Hé bien ! cct espoir si certain...,
V A L E R E , riant et s'en allant.
Adieu , Seigneur Éraste.
ÉKASTE, GROS-RENÉ.
Gro s-René.
Il est fou , le bon Sire.
Où vient-il donc pour lui de voir le mot pouï rire ?' >