‹ Chef-d'œuvres de T. CorneilleChapitre 65 sur 66 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

TILNEY, ELISABETH, LA DUCHESSE

Elisabeth, à Tilney,

uoi ! déjà de rerour ? As-tu tout arrêté ï A-t-on reçu mon ordre ? est-il exécuté l Tilney, h/sitant.

Madame. . . .

Elisabeth.

Tes regards augmentent mes alarmes!

Qu’cst-ce donc ? qu’a-t-on fait ?

Tilney.

Jugez-en par mes larmes.

Elisabeth.

Par tes larmes !... Je crains le plus grand des malheurs! Ma flamme t’est connue , et tu verses des pleurs !

Auro ; r on , quand l’amourveutquele Comtcobticnne.. Ne m’apprends point sa mort, si tu ne veux la mienne... Mais d’une amc égarée inutile transport i C’en sera fait sans doute ?

Tilney.

Oui , Madame.

Elisabeth. .

Et tu l’as pu souffrir !

Il est mort !.,;

Tilney.

Le coeur saisi d’alarmes »

TRAGÉDIE

J*aï couru ; mais par-tout je n’ai vu que des larmes.

Ses ennemis , Madame , ont tout précipité :

Déjà ce triste arrêt étoit éxécuté ;

Et sa perte , si dure à votre ame affligée ,

Permise , malgré vous , ne peut qu’être vengée, Elisabeth.

Enfin ma batbarie en est venue à bout. . . .

( A la Duchesse. )

Duchesse , à vos douleurs je dois permettre tout. Plaignez-vous , éc'atez. Ce que vous pourrez dire Peut-être avancera la mort que je désire.

La Duchesse.

Je cede à la douleur , je ne puis le céler ;

Mais mon cruel devoir me défend de parier.

Et comme il m’est honteux de moncret par mes larmes Qu’envain de mon amour il combattoit les charmes , Je vais pleurer ailleurs , après ces rudes coups ,

Ce que je n’ai perdu que par vous et pour vous.

( Elle sort. )

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