O C X A VE
O Dieux ! ne sauriez-vous cacher mieux votre haine ? Le Prince.
Veux-tu , que la cachant , mon attente soit vaine ? Qu’il vole à mon espoir , ce trésor amoureux ,
Et qu’il fasse son prix de l’objet de mes vœux i Quoi 1 Cassandrc sera le prix d’une victoire , Qu’usurpant mes emplois , il dérobe à ma gloire;
Et l’Etat qu’il gouverne à ma confusion ,
L’épargne qu’il manie avec profusion ;
Les siens qu’il agrandit , les charges qu’il dispense ,
Ne lui tiennent pas lieu d’assez de récompense.
S’il ne me prive encor du fruit de mon amour.
Et , si m’ôtant Cassandrc , il ne m’ôte le jour i N’est-ce pas de tes soins et de ta diligence ,
Que je tiens le secret de leur intelligence i
zo VENCESLAS,
Oui , Seigneur. Mais l’hymen qu’on lui va proposer, Au succès de vos vœux , la pourra disposer.
L’infante l’a mandée . et, par son entremise ,
J’espere à vos souhaits , la voir bientôt soumise. Cependant , feignez mieux; et d'un pere irrité ,
Et d’un Roi méprise , craignez l’autorité.
Reposez sur nos soins l’ardeur qui vous, transporte.
Le Prince.
C*cst-mon Roi , c’est mon pere ; il est vrai, je m’emporte ; Mais ;c trouve en deux yeux , deux rois plus absolus, Et n’étant plus à moi , ne me possède plus.
Fin du premier Attc,
TRAGÉDIE