‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 20 sur 92 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

Et , sachant à quel point ses charmes lui sont doux.

Je V avois averti de sc rendre chez vous.

Pour vous solliciter , vers l’objet qu’il adore.

D’un secours , que je sais que Ladislas implore. Vous connoisscz le Prince, et vous pouvez juger. Si , sous d’honnêtes loix , amour le peut ranger.

Ses mauvais procédés ont trop dit ses pensées.

On peut voir l’avenir dans les choses passées ;

Et ingcr aisément , qu’il tend à son honneur ,

Sous ces appas d’hymen , un appas suborneur.

Mais , parlant pour le Duc , si je vous sollicite

De

TRAGÉDIE

De la protection d’une ardeur illicite ,

N’en accusez que moi ; demandez-moi raison ,

Ou de son insolence , ou de sa trahison.

C’est moi , ma chcre sœur, qui réponds à Cassandre D’un brasier dont jamais on ne verra la cendre ,

Et du plus pur amour , de qui jamais mortel ,

Dans le temple d’hymen , ait encensé l’autel.

Servez, contre un impur, une ardeur si parfaite.

Théodore, se retirant , appuyée sur Léonor.

Mon mal s’accroît , mon frere : agréez ma retraite.

( Elles s'en vont. ) Alexandre, seul .

O sensible contrainte 1 ô rigoureux ennui 1 D’être obligé d’aimer dessous le nom d’autrui. Outre que je pratique une ame prévenue,

Quels fruits peut tiret d’elle une flamme inconnue ? Et que puis- je espérer , sous ce respect fatal ,

Qui cache le malade , en découvrante mal?

Mais.quoiquesur mes voeux, mon frere ose entreprendre. J’ai tort de craindre rien sur la foi de Cassandre ,

Et certain du secours et d’un coeur et d’un bras ,

Qui , pour la conserver , ne l’épargneroient pas.

Fin du fécond Aclc*

VENCESL AS,

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