LE DUC , LE ROI , LE PRINCE , OCTAVE , GARDES
ILm Duchesse, Seigneur, vous demande audience.
Que vois-je ! quel fantôme ! et quelle illusion De mes sens égarés croît la confusion?
Le Roi.
Que m’avez-vous dit. Prince ? et par quelle merveille Mon oeil peut-il sitôt démentir mon oreille ?
Fij
*4 VENCESLAS
Le Prince.
Ne vous ai-je pas dit , qu’interdit et confus ,
Je ne pouvois rien dire , et ne raisonnots plus ?
Le Roi.
Ah , Duc ! il étoit tems de tirer ma pensée D’une erreur qui l’avoit mortellement blessée.
Différant d’un instant le soin de l’en guérir ,
Le bruit de votre mort m’alloit faire mourir.
Jamais cœur ne conçut une douleur si forte.
Mais que me dites-vous ?
ê LeDuc.
Que Cassandre , à la porte ,
Demandoit à vous voir.
Le Roi.
Qu'elle entre.
( Le Duc sort. )
Le Prince, bas.
O justes cieux î
M’as-tu trompé , ma main ? Me trompez-vous , mes yeux î * Si le Duc est vivant > quelle vie ai-je éteinte ?
Et de quel bras le mien a-t-il reçu l’atteinte ?
TRAGÉDIE