THEODORE, LE O NO R
Théo dore.
air , Lconor , a-t-il reçu ma lettre ?
D’un air et d’un visage à vous en tout promettre.
En vain sa modcftic a voulu déguiser ;
Venant à votre nom , il l’a fallu baiser.
Comme , à force * imprimant sur ce cher caractère ,
Une marque d’un feu qu’il sent, mais qu’il veut taiie.
THEODORE
Que tu prends mal ton teins pour éprouver un coeur , Que la douleur éprouve avec tant de rigueur !
J’ai plaint la mort du Duc , comme d’une personne Necessaire à mon pere , et qui sert sa couronne $
Et quand on me guérit de ce fâcheux rapport ,
Ec que j’apprends qu’il vit , j’apprends qu’un frere est mort !
Encor , quoique nos cœurs eussent d’intelligence,
Je ne puis de sa mort souhaiter la vengeance.
J’aimois également le mort et l’assassin ;
VENCESLAS
Je plains également l’un et l’autre destin.
Pour un frere meurtri ma douleur a des larmes ;
Pour un frere meurtrier ma fureur n’a point d’armes ; Et si le sang de l’un excite mon courroux ,
Celui. . . Mais le Duc vient. Leonor . laissez-nous.
( Leonor s'en va- )