C, THEO
Le Duc.
u la nt de vous servir , adorable Princesse ,
Je me rends , par votreordre , aux pieds de votre Altesse.
Theod ork
Ne me flattez-vous point , et m’en puis-je vanter ?
Le Duc.
Cette épreuve , Madame, est facile à tenter.
J’ai du sang à répandre , et je porte une épée ,
Et ma main, pour vos loix, brûle d’être occupée.
THEODORE
Je n’exige pas tant de votre affection ,
Et je ne veux de vous qu’une confession.
L* Duc.
Quelle ? ordonncz-la moi.
The odore.
Savoir de votre bouche ,
De quel heureux objet le mérite vous touche ,
TRAGÉDIE. - 7î
Et doit être le prix de ces fameux exploits ,
Qui , jusqu’en Moscovie , ont étendu nos loix. J’imputois votre prise aux charmes de Cassandre ;
Mais l’Infant l’adorant , vous n’y pouviez prétendre.
Le Duc.
Mes voeux ont pris , Madame , un vol plus élevé ; Aussi par ma raison n’cst-il pas approuvé.
THEODORE
"Ne cherchez point d’excuse en votre modestie. Nommez-la , je le veux.
Je suis sans répartie.
Mais ma voix cédera cet office à vos yeux.
Vous-même , nommez-vous cet objet glorieux ?
( Lui présentant sa lettre ouverte . )
Vos doigts ont mis son nom au bas de cette lettre.
The odore, ayant lu son nom.
Votre mérite, Duc , vous peut beaucoup permettre i Mais. . .
Le Duc.
Osant vous aimer, j’ai condamné mes voeux j Je me suis voulu mal du bien que je vous veux > Mais, Madame , accusez une étoile fatale ,
D’élever un espoir , que la raison ravale ;
De faire à vos Sujets encenser vos autels ,
Et de vous procurer des hommages mortels.
THEODORE
Si j’ai pouvoir sur vous, puis-je de votre zele ,
Mc promettre à l’instant une épreuve fidèle ?
Gij
VENCESLAS
lie beau feu , dont pour vous ce cœur est embrasé r Trouvera tout possible , et l’impossible aisé.
THEODORE
L’effort vous en sera pénible , mais illustre.
Le Duc.
D’une si noble ardeur il accroîtra le lustre.
THEODORE
Tant s’en faut : cette épreuve est de tenir caché Un espoir dont l’orgueil vous scroit reproché ;
De vous taire , et n’admettre en votre confidence ,
Que votre seul respect avec votre prudence ;
Ht , pour le prix enfin , du scrviçe important ,
Qui rend , sur tant de noms , vorre nom éclatant ,
Aller , en ma faveur , demander à mon pere.
Au lieu de notre hymen , la grâce de mon frcrc ; Prévenir son arrêt , et par votre secours ,
Faire tomber l’acier , prct à trancher scs jours.
De cette épreuve , Duc , vos vœux sont-ils capables ! Le Duc.
Oui, Madame; et de plus (puisqu’ilssontsi coupables ) Ils vous sauront encor venger de leur orgueil ,
Et tomber avec moi dans la nuit du cercueil.
THEODORE
Non , je vous le défends ; laissez-moi mes vengeances « Et , Vt j’ai droit sur vous, observez mes défenses.
( EUt s’tn va. )
Adieu , Duc.
Le Duc, stuf.
Quel orage agirc mon espoir î
TRAGÉDIE
Et quelle loi , mon cœur, viens-tu de ^feevoir? Si j’ose l’adorer , je prends trop de licence ;
Si je m’en veux punir, j’en reçois la défense.
Mc défendre la mort , sans me vouloir guérir , N’est-ce pas m’ordonner de vivre et de mourir ? Mais. . .