‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 39 sur 92 · C, THEO · texte numérisé non relu

C, THEO

Le Duc.

u la nt de vous servir , adorable Princesse ,

Je me rends , par votreordre , aux pieds de votre Altesse.

Theod ork

Ne me flattez-vous point , et m’en puis-je vanter ?

Le Duc.

Cette épreuve , Madame, est facile à tenter.

J’ai du sang à répandre , et je porte une épée ,

Et ma main, pour vos loix, brûle d’être occupée.

THEODORE

Je n’exige pas tant de votre affection ,

Et je ne veux de vous qu’une confession.

L* Duc.

Quelle ? ordonncz-la moi.

The odore.

Savoir de votre bouche ,

De quel heureux objet le mérite vous touche ,

TRAGÉDIE. - 7î

Et doit être le prix de ces fameux exploits ,

Qui , jusqu’en Moscovie , ont étendu nos loix. J’imputois votre prise aux charmes de Cassandre ;

Mais l’Infant l’adorant , vous n’y pouviez prétendre.

Le Duc.

Mes voeux ont pris , Madame , un vol plus élevé ; Aussi par ma raison n’cst-il pas approuvé.

THEODORE

"Ne cherchez point d’excuse en votre modestie. Nommez-la , je le veux.

Je suis sans répartie.

Mais ma voix cédera cet office à vos yeux.

Vous-même , nommez-vous cet objet glorieux ?

( Lui présentant sa lettre ouverte . )

Vos doigts ont mis son nom au bas de cette lettre.

The odore, ayant lu son nom.

Votre mérite, Duc , vous peut beaucoup permettre i Mais. . .

Le Duc.

Osant vous aimer, j’ai condamné mes voeux j Je me suis voulu mal du bien que je vous veux > Mais, Madame , accusez une étoile fatale ,

D’élever un espoir , que la raison ravale ;

De faire à vos Sujets encenser vos autels ,

Et de vous procurer des hommages mortels.

THEODORE

Si j’ai pouvoir sur vous, puis-je de votre zele ,

Mc promettre à l’instant une épreuve fidèle ?

Gij

VENCESLAS

lie beau feu , dont pour vous ce cœur est embrasé r Trouvera tout possible , et l’impossible aisé.

THEODORE

L’effort vous en sera pénible , mais illustre.

Le Duc.

D’une si noble ardeur il accroîtra le lustre.

THEODORE

Tant s’en faut : cette épreuve est de tenir caché Un espoir dont l’orgueil vous scroit reproché ;

De vous taire , et n’admettre en votre confidence ,

Que votre seul respect avec votre prudence ;

Ht , pour le prix enfin , du scrviçe important ,

Qui rend , sur tant de noms , vorre nom éclatant ,

Aller , en ma faveur , demander à mon pere.

Au lieu de notre hymen , la grâce de mon frcrc ; Prévenir son arrêt , et par votre secours ,

Faire tomber l’acier , prct à trancher scs jours.

De cette épreuve , Duc , vos vœux sont-ils capables ! Le Duc.

Oui, Madame; et de plus (puisqu’ilssontsi coupables ) Ils vous sauront encor venger de leur orgueil ,

Et tomber avec moi dans la nuit du cercueil.

THEODORE

Non , je vous le défends ; laissez-moi mes vengeances « Et , Vt j’ai droit sur vous, observez mes défenses.

( EUt s’tn va. )

Adieu , Duc.

Le Duc, stuf.

Quel orage agirc mon espoir î

TRAGÉDIE

Et quelle loi , mon cœur, viens-tu de ^feevoir? Si j’ose l’adorer , je prends trop de licence ;

Si je m’en veux punir, j’en reçois la défense.

Mc défendre la mort , sans me vouloir guérir , N’est-ce pas m’ordonner de vivre et de mourir ? Mais. . .

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