SCENE PREMIERE
H E R O D E , s'éveillant en sursaut.
F antôme injurieux , qui troubles mon repo* ,
Ne renouvelle plus tes insolcns propos ;
Va dans l’ombre éternelle, ombre pleine d’envie ,
Et ne te mêle pas de censurer ma vie :
Je suis assez savant en l’art de bien régner ,
Sans que ton vain courroux me le vienne enseigner i Et j’ai trop sûrement affermi mon Empire ,
Pour craindre les malheurs que tu me viens prédire; Je donnerai bon ordre à tous les accidens ,
Qui , n’étant point prévus , perdent les imprudens.... Mais , quoi ! le front me sue , et je suis hors d'haleine. Mon ame en ce repos a trouvé tant de peine A se désabuser d’une fâcheuse erreur,
Que j’en suis tout ému décoléré et d’horreur !
Holà !. . .
( P b if or e paroît avec le Capitaine des Gardes. )
A iij