HERODE L’EUNUQUE , LE GRAND PREVOT
Herode, à l ’ Eunuque .
H orreur de la nature , et le mépris des deux i Monstre sans jugement , dragon pernideux , le t’avois confié le trésor le plus rare ,
Dont avecque raison je pouvois être avare.
Tu donnas cependant assistance au voleur ,
Tu servis de ministre à mon dernier malheur.
Tu fus le confident de ce bel adultéré ,
Tu connus cette intrigue , et me la sus bien taire. Quand Soestne en mon lit contentoit son amour ,
Tu fermois les rideaux , et veillois à l’entour :
Ainsi , tu ménageois le tems de mon absence ? L’Eunuque.
Sire , un Dieu tout- puissant, qui connoît l’innocence,* Pourra faire connoîrre à votre majesté ,
Comme je l’ai servie avec fidélité.
Herode.
Avec fidélité ? méchant !... Que l’on l’entraîne ,
Et que jusqu’à la mort , on l’applique à la gêne :
Il découvrira tout au plus fort du tourment ;
S’il n’est fortifié par quelque enchantement.
Fin du troificme A 8c,
M ARIAMNE
ARGUMENT