‹ Chefd'œuvre de RotrouChapitre 79 sur 92 · HERODE L’EUNUQUE , LE GRAND PREVOT · texte numérisé non relu

HERODE L’EUNUQUE , LE GRAND PREVOT

Herode, à l ’ Eunuque .

H orreur de la nature , et le mépris des deux i Monstre sans jugement , dragon pernideux , le t’avois confié le trésor le plus rare ,

Dont avecque raison je pouvois être avare.

Tu donnas cependant assistance au voleur ,

Tu servis de ministre à mon dernier malheur.

Tu fus le confident de ce bel adultéré ,

Tu connus cette intrigue , et me la sus bien taire. Quand Soestne en mon lit contentoit son amour ,

Tu fermois les rideaux , et veillois à l’entour :

Ainsi , tu ménageois le tems de mon absence ? L’Eunuque.

Sire , un Dieu tout- puissant, qui connoît l’innocence,* Pourra faire connoîrre à votre majesté ,

Comme je l’ai servie avec fidélité.

Herode.

Avec fidélité ? méchant !... Que l’on l’entraîne ,

Et que jusqu’à la mort , on l’applique à la gêne :

Il découvrira tout au plus fort du tourment ;

S’il n’est fortifié par quelque enchantement.

Fin du troificme A 8c,

M ARIAMNE

ARGUMENT

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