MARIAMNE, ALEXANDRA, LE CAPITAINE DES GARDES, DINA
MARIAMNEi
o u s verrez ce discours en trois mots achevé. . . Madame , on me contraint de changer de demeure ; Mais j’en vais habiter une beaucoup meilleure ,
Où les vents ni l’envie, avccque leurs ligueurs , N’excitent point d’orage en l’air ni dans les cœurs i Où, sans aveuglement , on connoît l’innocence ;
Où la main des Tyrans n’étehd point sa puissance ;
Où l’ame , pour le prix de sa fidélité ,
Goûte en repos la gloire et l’immortalité.
Toute cette disgrâce est à mon avantage ;
Je me résous sans peine à franchir, ce passage : Consolcz-vous-cn donc , «veuillez m’embrasser. Adieu j Madame , adieu , je m’en vais vous laisser.
Alexandra.
Achève tes destins , méchante et malheureuse.
Cette mort pour ton crime est trop peu rigoureuse ; II falloit que la flamme expiât ton péchc ,
Ou que sur une croix ton corps fût attaché.
Va , monstre plus cruel que tous ceux de l’Afrriquc , Va recevoir le prix de ta noire pratique !
Vouloir empoisonner ainsi cruellement ,
Un mari qui toujours t’aima si chèrement ?
ïemtne sans piété , nouvelle Danaïde ,
Inhumaine , traîtresse , assassine et perfide.
Qui voulus lâchement attenter sur ton Roi !
Je ne te connois point , tu ne viens pas de moi i Car , de ces trahisons je ne suis pas capable.
Vous vivrez innocente , et je mourrai coupable.
Le Capitaine des Gardes.
Allons , Madame , allons . . .
Par où ?
Li Capitaine des Gardes.
De ce côté.
Dîna.
O.Cieux ! quelle constance ! et quelle cruauté l
Alexandra, seule.
O lâche stratagème ! ô cruel artifice !
Je devois bien plutôt passer pour sa complice.
TRAGÉDIE. 7 j
Pour éviter la mort falloit-il recourir A ce fâcheux secret qui me fera mourir ?
Mon cœur triste et glacé , qu’une horreur environne , Est tout meurtri des coups que la douleur lui donne : Mon ame se va rendre à l’exccs de ce deuil i t 3e vais me mettre au lit , ou plutôt au cercueil.
Fin du quatrième A Ut»
MARIAMNE
ARGUMENT