‹ Chefd'œuvres de BoursaultChapitre 23 sur 108 · CLAIHE,ORONTE, CÉCILE, LIS! TT E · texte numérisé non relu

CLAIHE,ORONTE, CÉCILE, LIS! TT E

C’ïït vous, ma charmante cousine î A. quand la nôce ?

Claire.

A quand ? Tout est rompu.

Comment ?

Claire.

Peut-on se marier quand on n’a plus d’amant î

Parlez-moi sans énigme ; êtes-vous mariée)

Répondez.

Non , vous dis-je , on m’a répudiée.

J e viens en avertir mon cousin Licidas,

jo LE MERCURE GALANT,

Vous aurcx le chagrin de ne le trouver pas.

II est à Saint-Germain, pour quelques jours , peut Être, Et de tout son logis il m’a laissé le maître.

Voycx, en son absence , à quoi je vous suis bon : J’aurai le meme xçle , ayant le meme nom ;

( Lui montrant. Cécile. )

Et cette Dame enfin , que j’estime et respecte ,

Ne doit ni vous gêner , ni vous être suspecte :

Elle entre comme moi dans tous vos intérêts.

J’en suis sûr.

Claire.

Mon cousin, je n’ai point de secrets.

Onm’avoit accordée à Monsieur de Lamottc :

Il en est de moins fous que je crois qu’on garrote. aï Dénué de cervelle , il fait l’esprit profond , a* Ne s’habille jamais comme les autres font;

» Et , pour tout dire enfin , il semble qu’il sc pique n D’être dans son espece un animal unique.

Mais comme il est fort tiche , et que j’ai peu de bien , On lui promit ma foi sans que j’en susse rien, la semaine passée , avec une compagne ,

Je fus voir au Plessis sa maison de Campagne :

Je fis pour l’obliger cette dcbauche-là ,

Et ce fut de son mieux qü’il nous y régala.

Comme jeudi dernier j’étois un peu malade.

Seul mon bourru d’amant fut à la promenade:

Je ne sais si c’est là qu'on m’a volé son cœur ï M ais quand il en revint , je le trouvai rêveur.

Le soir, en confidence , il me dit que son âge

COMEDIE

N’étoit plus gucrcs propre au joug du mariage,

Qu’il avoir cinquante ans , et qu’avec un vieillard L’hymen de scs plaisirs me feroit peu de part.

Le lendemain maün , sans garder de mesure ,

Il revint brusquement ine parler de rupture ;

Moi, pour le mépriser comme il me méprisoit , J’acceptai sur le champ ce qu’il me proposoit :

Voilà ce que fc sais , sans en savoir la cause.

Cécile.

Peidre un pareil amant , c’est perdre peu de chose. Lisette.

Belle , bien faite , jeune , et sans aucun défaut ,

Ün homme à cinquante ans n’est pas ce qu’il vous faut. Qu’en feriez vous? A vingt la ressource est plus grande. Claire.

Il m’a fait un présent , qu’il faut que je lui rende.

Puisqu’il rompt sans sujet , je n’en suis pas d’avis.

Et de combien est-il ?

Claire.

De deux mille louis.

11 vous les a donnés ?

Claire.

A moi-meme en personne.

Le bien le mieux acquis est celui que l’on donne.

Ils sont à vous.

Lisette.

Pour moi , je ne les rendrois pas.

fi LE MERCURE GALANT,

Il va, je crois monter, je l’ai laissé là-bas,...

( Après avoir é coûté . ) ïe l’entends.

Croyez-vous qu’il en aime quelqu’autre Claire.

Je ne sais.

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