LISETTE, CÉCILE, O HONTE
Lisette, à Croate, en entrouvrant la porte.
ÏMIonsieur de Boisluisant est-il dehors ?
Lisette.
( A Cécile. )
Il est sorti , Madame , avancez.
Oui.
Bon !
Ah! Madame,
Je puis donc à la fin vous parler de ma flamme;
Je puis, dans les transports dont je suis animé , M’expliquer , sans contrainte , aux yeux qui m’ont charmé.
Mon aimable Cécile]
Cécile.
Eh ! bien , mon cher Oronte !
M’aimez-vous toujours ? v
Cécile.
Oui , j’en fais l’aveu , sans honte.
Si j’ai quelque chagrin dans cet heureux instant ,
C’est d’abuser mon pcrc , et de lui devoir tant.
Prévenu, comme il est , pour l’Auteur du Mercure, Nous pardonncra-t-il cette douce imposture ?
7e crains.
llSITTÏ.
A cela près , hâtez le conjungo.
Tous deux jeunes, bienfaits, vous vivrez à gogo. Qu’est-ce que votre pere, après tout, pourra dire? N’êtcs-vous pas soumise à tout ce qu’il desire ?
*> C’est lui qui dans ce lieu vient de vous amener ;
» A Monsieur , qu’il y trouve , il prétend vous donner: y> Loin de blâmer son choix, vous en êtes contente, v> It vous topez à tout, en hile obéissante.
Etes-vous obligée à savoir si Monsieur Est Auteur véritable , ou bien façon d’Auteut ï Vous soupçonnera-t-il d’ctrc d’intelligence* Cécile.
Oronte là-dessus ne dit point ce qu’il pense ?
O r o N TE.
Je pensois être aimé plus que je ne le suis ,
Madame.
Cécile.
Je vous aime autant que je le puis:
Vous n’en pouvez douter, sans me faire un outrages Et comment feroit-on pour aimer davantage ?
Oronte.
Eh ! bien si vous m’aimez , n’appréhendez plus rien : Le reste me regarde , et j’en sortirai bien.
Qui n’eût pas accepté, comme je viens de faire, L’inestimable bien que m'offre votre perc i Falloit-il renoncer à vos divins appas ,
Parce
COMÉDIE. 4
Parce qu’il me croyoit ce que je ne suis pas ?
Et lorsqu’il sera tems que je le désabuse ,
N’ctes vous pas. Madame, une assez belle excuse) Reposez-vous sur moi de tout l’événement.
Lisette.
J’entends monter quelqu’un: parlez plus doucement. Cécile.
Une Dame paroît , dont j’admire la mine :
Elle a grand air !