CÉCILE
A-t-ellc quelque amant dont vous soyiez jaloux 3
Claire.
A vos yeux détrompés ne parois-je plus belle ?
M. de Lamotte.
Ce n’est point tout cela , ma chcre Demoiselle.
Vous a-t-elle engagé par d’indignes moyens ?
Cécile.
Vous a-t-on déguisé sa naissance et scs biens i Claire.
Ai-je trahi la foi que je vous ai donnée M. de Lamotte.
Non , vous êtes en tout bien conditionnée ,
Belle , sage , fidclle * et , malgré tout cela ,
11 plaît à mon destin que je vous plantc-li.
Laisscz-moi, pour raison, m’excuser sur mon £ge,
Et ne me forcez pas d’en dire davantage.
Claire.
Non , Monsieur , dites tout , ne soyez point contraint : Vous laissez des soupçons dont ma vertu se plaint.
Elle a raison : parlez, que voulez- vous qu’on pense?
M. de Lamotte.
Mais je vais l’offenser, si je romps le silence.
Pour n’en pas venir-là je fais ce que je puis t Bendez-moi seulement mes deux mille louis.
Et bon jour.
Claire.
Pour cela , c’cst un autre chapitre* «
COMÉDIE. j f
Je les prétends à mot par un assez bon titre î En m’en faisant un don , vous en fîtes mon bien. Mais vuidons l’autre affaire , et ne confondons rien. Dussiez-vous m’offenser , expliquez-vous.
Sans doute.
Je saurai de Monsieur quel affront il redoute :
Il ne sortira point qu’il ne m’ait convaincu.
M. de Lamottb.
puisqu’il faut m’expliquer, je crains d’être cocu.
Claire.
Impudent 1
Supprimez ces discours téméraires.
M. deLamotte.
Mon prétendu cousin , chacun sait ses affaires. Pouvez-vous m’empêcher d’avoir peur ?
Cécile.
C’est à tort.
Mademoiselle est sage, a de l’honneur.
M. DE LAMOTTI.
« D’accord.
Ses maniérés , son air, sa pudeur naturelle ,
Ce sont des cautions qui vous répondent d’elle.