CECILE
Ce refus obligeant que fait Mademoiselle,
Xîarque, pour un volage une bonté nouvelle.
Retenir vos présens , c’est vous aimer encor.
M. De Lamotte.
Je renonce à l’amour qu’on vend au poids de l'or. Quand je fis ce présent elle m’etoit acquise Je n’ai fait avec elle aucune autre sottise.
Dcmandcz-lui plutôt si jamais....
Ecoutez ,
( Aussi-bien suis-je sûr que vous vous en doutez)
C’est par mon ordre exprès qu’on n’a t ien à vous rendre, Et, si vous l’ignorez , je veux bien vous l’apprendre i Epousez ma cousine , ou ne prétendez pas. . . .
M. De Lamotte.
Quand je serai cocu qu’il sera bien plus gras!
Sachez , petit cousin , qui , par votre menace , Prétendez m’ajouter aux cocus de ma race ,
Que malgré mon étoile et malgré vos leçons,
go LE MERCURE GALANT,
Je veux faire mentir cerf , coucou , limaçons ,
Et fuir le mariage un peu plus que la peste.
Licidas à l’instant va décider du reste
Nos communs intérêts sont remis en sa main ;
N’est-il pas ici ?
Non , il est à Saint-Germain.
M. De L a m o T t E.
Pour long-tems ?
On ne sait.
M. De Lamotte.
Attendons qu’il revienne; Il entendra plaider votre cause et la mienne.
De mes prétentions quel que soit le succès ,
Ne me pas marier c’est gagner mon procès.
Combien devant nos yeux en voyons-nous paraître. Qui pour bien plus d’argent voudroient ne le pas être , Tant ils sont assurés de trouver au logis ,
Ou leur femme qui gronde , ou quelquefois bien pis ! Serviteur.
[ Il sort. )