EUPHROSINE
Monsieur...,
Ésope.
Un petit freluquet ,
De qui tout le mérite est un peu de caquet!
Euphrosine.
Je vais , pour repousser l’affront que vous lui faîte* , Le peindre tel qu’il est , et vous tel que vous êtes. Vous me direz après qui do't plaire à mes yeux.
Ésope.
Non, naturellement je suis peu curieux.
Ne bougez. Sans orgueil on ne se fait point peindre. Euphrosine.
Ce n’est pas un malheur que vous aviez à craindre.
Si l'on vous avoir peint, vous veniez, d’un coup-d’ail, Que vous auriez grand tort d’en avoir de l’orgueil. Ésope, bas.
la petite friponne a des raisons piquantes,
Qui pourtant dans le fond ne sont pas ttop méchantes* Voyor,s si de son sexe on aime constamment.
COMÉDIE. Si
( Haut . ) *
Vous me préférez donc votre insipide amant?
Votre colifichet, plein de fard et de gomme ?
Qui pour toutes vertus est un beau petit homme.
Et qui bornant ses soins à s’orner le dehors ,
A l’esprit mal bâti , plus que je n’ai le corps ? Euphrosine.
Pour la derniere fois , épargnez ce que j’aime î Ce que vous offensez m’est plus cher que moi-même.
Si vous continuez ces mots injurieux ,
ï’en sais de plus piquans qui vous conviendront mieux:
Un si juste courroux n’aura point de limites.
Ésope.
Parlons net. L’aimez -vous autant que vous le dites ?
Si je l’aime !
Euphrosine.
Ésope.
Écoutez > l’hymen dure long-tems :
Quand il fait un heureux il fait vingt mécontens. Vous êtes dans un âge où le cœur foiblc et tendre , Par un obict qui plaît est facile à surprendre ;
Mais quand c’est pour toujours qu’on se doit engage* L’exemple que voici doit y faire songer.