‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 13 sur 92 · JUGEMENS ET ANECDOTE · texte numérisé non relu

JUGEMENS ET ANECDOTE

pas €iiçoi« : U faUu( enfin que Chapelain cçpck tout ce qui avoit été fait ^ unt pai lui que pai left autres » de quoi il con^sa TOuvrage tel qu'il est aujourd'hui. » Paxfaiet, Histoire du Théâtre f rànçois, tome cinquième^ p. x 3 et suiv. et Anec. dramatiques, tome premier, pag. j>j à xo^.

^ Après la mort du Catdinal de Riçfaelieu , Cor^ sieiile fit ee$ quatjre ver$ :

|c Qu'on parie mai ou bien du fiunauz Caidinal « » Ma prose , ni mes vers n*en diront jamais rien.

a> II m'a trop fait de bien pour en dire du mal i » Il m'a trop fait de mal pour en dire, du bien« sa

Depuis quelques années les Comédiens repr^« sentent cette Pièce sans queTInfanre^ son Page et Léonor paroissent. J. £• Rousseau en donna ^ ^ Bruxelles > en 17 iS^ une édition, oîi, en reuanchant ces personnages » il fut obligé d'ôtcs trente-six vers du rôle de Chiiuenc » dans les scènes troisième et quatrième du secpnd acte ; un dans la première du quatrïeme 1 vingt*huit dans la seconde « et un , du rôle d'Elvire , dans la prc^ mipre de ce même acte. Il ajouta , pout lier la seconde scène du second acte k la sixième » cet

deux vers » dans le rôle du Rot :

«c Quoi 1 me braver encore , apri&ce qu*il a fait 2 ti Par la ribcUion couronner son forfait ? î>

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£t , pour lier la septième seene à la huitième du (Cinquième acte 9 dans le même tôle , Rousseau fit encore ces deux vers ;

cK Approche-toi Kodrigue.... £ttoi, reçois, ma fiile^

9» l>e la main de ton Roi l'appui de la Castiiie. ^>

« Michel Boyron , ou Baron ( plus connu sous ce dernier nom » dont Louis XIV i'avoit appelle deux ou trois fois en badinant , et qui lui resta )

^toit assez bon Acteur » et mourut jeune , par un accident très-singulier. Il reprësentoit dans le

Cid le rôle de Don Diegue : en poussant \ avec le pied ^ son épée que le Comte de Gormas lut ÎBiit tomber > il en rencontra malheureusement la (ointe qui le blessa. Il négligea cette petite blessure 9 et 9 au bout de quelques jours, la 'gangrené s^y mit : on lui fit entendre qu'il falloir lui cou* per la jambe i mais il répondir qu'il aimoit mieux mourir , que de souffrir cette opération i ajoutant qu'un Roi de Théâtre se feroit huer avec miei jambe de bois.3>

« Le célèbre Baron , fils du précédent , re-» tùnçu au Théâtre en i<Jv i , comblé des bienfaits de Louis XIV , mais y par une inconstance natu» telle à rhomme , après vingt-neuf années d'une

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profonde retraite , il y remonta , âge de près de quatre-vingts ans , et reparut dans le rôle de Rodrigue. Lorsqu'il fat à ces deux veis :

et Je suis jeune , il est vrai ; mais aux ames bien ndcs , a» La valeur n'attend pas le nombre des années. »

Le peu de convenance qu'il y avoir entre sa phy- * sionomie et ces vers , et le ton nazillatd avec Ie« quel il les déclama » excitèrent un éclat de rixe général. II s'interrompit un instant , et recom-» mença lorsque ce mouvement eût "cessé; mats l'on se reprit à rire sur nouveaux frais. Alors n'y pouvant plus tenir , il s'avança sur le bord de la scène , et , s'adressant au Parterre , il dit : ci Mes- I» sieurs , je m'en vais recommencer pour la troi* sieme fois i mais je vous avertis que si Ton rit ^encore, je quitte le Théâtre et je n'y remonte » de ma vie. )> Il continua son rôle , et le silence fut exactement gardé. On dit que ce Rodrigue suranné se jcttoit encore assez lestement aux gc<* noux de Cbimene ; mais qu'il iàlloit que deux garçons de Théâtre le ramassassent. Chimene avoit beau lui dire de se lever i la durée de son xcspec( étoit forcée , et il ne dcpeudoit pas de

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lui d'obéir à sa maîtresse. )> Anecdotes drama* tiques, ibidem»

Il parut trois Pièces » ayant trait à celle dé Corneille.

La Suite et le Mariage du Cid » Tragi-Coraédie , dédiée à la Duchesse de Lorraine , avec on Argument 9 par Urbain Chevreau ^ représentée en '^34 , et imprimée in- 4. et i/t-11 > à Paris » en K38 , chez Toussaint Quinet.

« Le prodigieux succès du Cid produisît Pcnvie et rémulation chez la plupart des Poètes du tcms. Che« vreau crut devoir signaler son début au Théâtre « en travaillant sur un sujet qui avoit fait tant d'honneur i Corneilles maisf ce coup d'essai ne fut pas heureux pour le nouveau Poète. Autant la Pieté de Corneille est admirable , autant celle de Chevreau est détestable. Dans eelle-ci , Chimene et Rodrigue ne parlent que de pué-^ rilit(5s. L'Infante continue d'aimer le Cid , et, par un sentiment de basse jalousie » elle vient dire k Clûmene que son amant est mort, a*

ce Le Roi fait arrêter Rodrigue , qu'il soupçonne d'aimer l'Infante. Les Mores reviennent encore , et RodrigUQ sort de sa prison , pour obtenir une nouvelle victoire sur eux s ce qui engage le Ko! â lui offrir sa couronne. Nouveau combat de Don Sanche contre Ro-»* drîgue> qui lui accorde encore la vie. Enfin > le ma-* tîagc 4e Chimene et de Rodrigue » suivi de celui du

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Boi et de l'Infante ( qui apparenunent n*est ^as sa fille termine la Pièce. Par£aicc, Histoire du Théâtre François > tome cinquième » pages ^64 et 16%.

La mie suite du Cid » Tragi*Comédie » dé*

diée à Messixe François de Roscaing » Comte de Burry , par Desfontaines ; xeprésentée par la Troupe Royale , en 1^37 , et imprimée In-Af et . ^ à Paris ^ en » ciiez Antoine de Som-

mavillc.

ce Le malheureux succl» de la Pièce qu! avoit ^td composée sur ce sujet , n^ëtonna point Desfontaines : il se flatta de remplir mieux cette idée v et de donner au Public un ouvrage qui pût aller de pair avec celui de Corntilie. Il semble cependant qu*U n'a visé qu*à égaler , par une route difFdrente , la Pièce de Chevreau. Dans celle-ci , Chimenc refuse constamment les vœux de Don Fernande Roi de Séville. Les soins que Don Sanche prend pour son maître, n'ont pas plus de succcs. Fendant ce tems-là » Kodrigue revient triomphant des Mores* L'amour de Chariste , Infante de Cordque , lui a procuré cette dernière victoire. Quoique Kodrigue n'y réponde point , Chimene en est fort alarmée , et apprend encore que le Roi projette de marier son amant avec l'Infante de Séville. Tous les Acteurs de cette Pièce sont peu raisonnables, Rodrigue aime Chimene, et la cède au Roi par un respect qui tient beaucoup de la lâcheté t le Roi, épris des charmes de cette belle, s'avise

d'Stre généreux » et consent enfin qu'elle épouse Rodor

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gue. Ce dernier a bien de la peine à se débarrasser des

ciiaillerics de ses deux autres amantes. Chariste , après bien des emporcemens , se trouve fort contente que D* Sanche veuille accepter sa main ; et i*Infinte , soeur du Bol, déçue dans son espoir , donne la sienne k Sphérante , Prince de Tolède , qui ne parott à la Cour que sous un nom inconnu. Enfin , de toutes ces personnes , Chimene est la seule qui montre un peu plus ' de cœur ; elle aime Rodrigue avec une constance , dont il s'est rendu indigne par sa foiblesse. Par* faict, ibidenim

L'Ombre du Comte de Germas et k Mort da Cid » Tragi-Comédie » dédiée au Cardinal de Kichelieu » par Thimotce de Ctiillac ^ Juge des Gabelles du Roi » en la ville de Bancaire , et imprimée » à Paris » en 16$ f , in^ix , chez Cax* « din Besogne*

ce Cette Pièce ne fut peint représentée. Il est difficile de décider si la conduite et le plan ne sont pas encore ta-dessous de la versification, qui esc tout- à -fait pi« toyable. L'ombre du Comte de Germas apparoir à sa fille , et la menace de Tarrivde d'un fils qu'on avoit cru mort. Ce brave frère de Clûmene vient, tue Kodrigue, combat les Mores , ou le$ Perses > car il n'importe pas » dit l'Auteur , et épouse l'Infante : voici un échantillon de sa Poésie. Chimene, au commencement de la Pièce 9 se plaint d'ôtre tourmentée par V9n;il?re de son pere ,

q[ui

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qui parofc offensée de son mariage avec le Cid i et

toutes les nuits , ajoute-t-elle ,

9» Me parle en son silence , et triste me rcprocht Un sentiment de ladie , et une amc de roche. »

MM. Gaillard et Sacchini viennent de faire un Opéra du Cid de Corneille , en changeant la marche » ainsi qu'exige un Poëme Lyrique. U a en un très-brillant succès s on le revoit souvent et toujours avec le même plaisir. Il parut , pour k première fois , sous le titre de Chi'mene » Tragédie en uois actes » le p Février lyi^.

DE P. CORNEILLE,- Représentée en i6}6.

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